L'Équateur est d'accord pour qu'un interrogatoire de Julian Assange se déroule dans son ambassade à Londres. Mais le pays compte ne pas rester spectateur lors de l'audition de fondateur de Wikileaks.

Sauf coup de théâtre, l’épilogue de « l’affaire Assange » sera bientôt connu. Tout juste un mois après la conclusion d’un accord d’entraide judiciaire entre la Suède et l’Équateur, l’interrogatoire du fondateur de Wikileaks sur les accusations de viol dont il fait l’objet va pouvoir se dérouler dans l’ambassade équatorienne à Londres.

C’est Ricardo Patino, le ministre des affaires étrangères de l’Équateur, qui a annoncé la nouvelle. Il en a profité pour préciser dans quelles conditions l’enquête réclamée par la justice suédoise se déroulera, dans la mesure où celle-ci prendra place dans l’enceinte diplomatique d’un autre pays.

L'ambassade d'Équateur à Londres.
L’ambassade d’Équateur à Londres.

Selon ses informations, c’est un procureur équatorien qui devrait recueillir les déclarations de Julian Assange, a priori en présence de magistrats suédois. Il apparaît très étonnant que Stockholm accepte que l’Équateur ait un rôle aussi important dans l’interrogatoire, dans la mesure où « l’affaire Assange » ne concerne en rien Quito.

Mais Ricardo Patino a expliqué que Julian Assange se trouve dans l’ambassade de son pays et qu’en conséquence il « dépend de la juridiction » de l’Équateur. Dès lors, c’est forcément un procureur équatorien qui est requis. Auparavant, la Suède avait jugé que le face-à-face avec Julian Assange devait être conduit par sa procureure générale.

L’Équateur compte être très actif dans l’interrogatoire de Julian Assange.

Cette différence d’appréciation est-elle de nature à faire capoter l’interrogatoire de Julian Assange ? C’est un risque que le principal intéressé ne doit certainement pas ignorer, lui qui est réfugié depuis plus de trois ans derrière les murs de la représentation diplomatique sans avoir la possibilité d’en sortir librement.

Sur les quatre griefs visant Julian Assange, trois sont d’ores et déjà prescrits. Le dernier qui reste est toutefois le plus grave, puisqu’il porte sur une accusation de viol. Sa prescription est de 10 ans. Les faits remontants à 2010, il faudrait attendre 2020 pour que les charges ne pèsent plus contre lui, si aucune procédure officielle n’est lancée.

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