Napster vend les MP3 sans DRM des 4 majors
Guillaume Champeau - publié le Mardi 20 Mai 2008 à 10h40 - posté dans Musique Numérique
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Presque huit ans après l'avoir envoyé dans la tombe, les quatre majors de l'industrie du disque offrent un joli cadeau à Napster. L'ancien logiciel de P2P reconverti en boutique de musique en ligne est aujourd'hui la première plateforme au monde à proposer l'ensemble des catalogues d'Universal, Warner, EMI et Sony BMG au format MP3, sans mesure de protection. Reste à voir si les anciens adeptes du partage de fichiers accepteront de payer pour ce qu'ils avaient autrefois gratuitement...

Napster a créé une véritable révolution sur Internet à la fin des années 1990. Le logiciel de Shawn Fanning a été le premier qui a permis à des millions d'internautes dans le monde de s'échanger gratuitement les fichiers MP3 qu'ils mettaient en partage sur leur disque dur. Pour l'industrie du disque, il y a eu un avant et un après Napster. Depuis la création du logiciel, les revenus des producteurs de disque s'effondrent. Le P2P n'est pas la cause profonde de cet écroulement, qui est à rechercher dans l'internet dans son ensemble, mais il a été le catalyseur d'une crise qui s'accentue chaque année.

Affolées et énervées, les maisons de disques ont porté plainte très tôt contre Napster et ont réussi à le faire fermer en 2001, ce qui a eu pour seul effet tangible de provoquer une migration massive vers les réseaux qui ont pris sa succession : Kazaa, Gnutella, eDonkey/eMule, BitTorrent. Alors que Napster était une société commerciale qui pouvait encore progressivement convertir ses millions utilisateurs vers la musique payante, les majors ont précipité sa mort et l'avènement de réseaux open-source sans intérêt lucratif. En dix ans, l'échange de fichiers MP3 gratuits n'a pas faibli, bien au contraire. Et les majors payent encore leur faute et leurs hésitations.

Alors qu'elles ont voulu reconvertir Napster et toute la musique en ligne du monde vers le tout DRM et le contrôle du consommateur-pirate, les quatre majors réalisent enfin après des années d'échec que les clients n'en veulent tout simplement pas. La formule par abonnement de Napster contrôlée par des DRM Windows Media n'a pas séduit. Même s'il est devenu le numéro un de la musique par abonnement, nous avons vu encore récemment que l'abonnement dans son ensemble est une formule qui ne séduit pas, et de moins en moins.

Cette semaine, c'est donc un grand retour en arrière qu'opèrent Napster et les quatre majors de l'industrie musicale. Le chat électronique lance aux Etats-Unis sa boutique de MP3 sans DRM avec plus de six millions de titres issus notamment du catalogue de l'ensemble des quatre géants. C'est une première. Universal et Warner Music, qui étaient les plus réticentes à abandonner les DRM, ont finalement craqué. C'est tout un symbole que ce soit Napster qui en profite le premier. Ce qu'il n'a pas pu faire il y a dix ans sous la pression des majors, ce sont les majors qui le supplient de le faire aujourd'hui.

Mais en dix ans, l'habitude de la musique gratuite s'est installée. Napster n'a plus son aura d'avant pour convertir les utilisateurs vers la musique payante. A 99 centimes le morceau et 9,95 $ l'album, Napster aura du mal à convaincre les P2Pistes de se laisser convaincre, même si les morceaux sont presque tous encodés en 256 kbps.

"Les amateurs de musique ont parlé et il est clair qu'ils ont besoin de la facilité d'utilisation et la grande interopérabilité du format MP3 sans DRM, et ils veulent avoir la possibilité de trouver à la fois des artistes des majors et de la musique indépendante à un seul endroit", reconnaît Chris Gorog, le PDG de Napster. 10 ans pour reconnaître ce que nous avons été nombreux à crier depuis le départ.

Mais aujourd'hui nous semble trop tard. Les accords passés avec Deezer ou SpiralFrog vont achever de faire entrer dans les têtes l'idée que la musique, même légale, doit être gratuite. Et si le modèle publicitaire ne suffit pas (ce que nous pensons), et si l'abandon tardif des DRM ne suffit plus, alors il ne restera que deux possibilités pour l'industrie du disque : mourir, ou accepter la licence globale.

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Napster, DRM
 
 
12 commentaire(s)
 
kkali
Le 20 Mai 2008 à 11h09
 
sinon, je vois que les morceaux sont toujours beaucoup trop cher....
1 euro le morceau, je trouve ça abusé....surtut pour de la musique dematerialisée...c'est presque aussi cher qu'un album au format cd.
Il y a plein de sites où vous pourrez acheter vos morceaux pour plutôt 15 centimes d'euros, le tous sans drm bien entendu,
allez voire par ici:
http://www.rutunes.com/
NeoMusi...
Le 20 Mai 2008 à 12h00
 
Décidément la licence globale est la réponse à tout (dans un monde utopique où la répartition des droits serait juste)

Sinon payer 15 cents pour télécharger de la musique pirate, je ne vois pas l'intérêt.
Kad Redal
Le 20 Mai 2008 à 12h19


C'est surtout que ça risque, bon gré mal gré, d'être la seule et unique réponse... Wait and see.
Le Vend...
Le 20 Mai 2008 à 12h25
 
Tiens visiblement les majors après le semi-échec d'Amazon, essayent une nouvelle piste pour affaiblir iTunes... sauf que les gens s'en foutent que ça s'appelle Napster ou Tartampion c'est pas ça le problème...
TotoRhino
Le 20 Mai 2008 à 13h54
Pourquoi, il est juste actuellement et pour qui ?
Nier l'évidence, c'est tout ce que sait faire cette industrie. Tout comme elle vient de le faire avec Napster, elle adoptera la LGO bientôt si elle ne veut pas disparaître. Le problème alors sera de savoir si avec le temps, elle sera devenue raisonnable...
Ashareth
Le 21 Mai 2008 à 12h32
Tain, mais comment des gens aussi attardés (technologiquement parlant hein), avec aussi peu de connaissance de leur(s) marché(s) et lient(s) peuvent ne pas couler ???

1¤ le morceau ??? Ils ont fumé quoi ?
C'est limite le prix des cds en magasin (qui est déjà prohibitif), qui leur permet déjà des marges honteuses, mais en ayant les coûts de reproduction, d'impression des jaquettes, de distribution et 5/6 intermédiaires au bas mot au lieu d'un (la plateforme de vente).

Comment veulent-ils que quiconque achète ?
Sans parler du fait qu'ils fournissent TOUJOURS un format et une qualité moisies, pas foutus de taper dans le lossless ou le bon lossy.
C'est si dur que ça quand ils encodent de le faire en batch dans 3 formats : mp3 pourri, ogg de bonne qualité et un truc genre FLAC ?

Bob-la-...
Le 21 Mai 2008 à 14h27
 
Un truc qui les fait fait flipper aussi à mon avis c'est de vendre les morceaux à la pièce. Avant, t'achetait souvent tout un CD, même si tu flashait que sur un morceau. Y arrivaient à te refiler tout le tonneau. Aujourd'hui, on sélectionne à la pièce, commercialement, le détail à toujours été plus cher que le gros...
Sinon, cette licence globale, c'est quoi déja? Et en quoi ça pourrait les sauver, nos pôv 'tites majors?
Ashareth
Le 21 Mai 2008 à 21h39
La licence globale est un concept de rémunération forfaitaire prélevée sur les abonnements internet, et reversés, au pro-rata des téléchargements sur les réseaux P2P (les stats sont faciles à faire, elles existent, les majors ont même racheté la plupart des boîtes qui le faisaient pour s'en servir comme support marketing....) aux différents artistes/ayants-droits.

La difficulté vient essentiellement que pour le moment, on en parle que pour la musique (et du bout des lèvres pour les films), et qu'ils faudrait l'appliquer à presque tout en dehors du software dans son ensemble qui ne subit pas la même réglementation.


L'autre difficulté est le montant de la dite redevance en fait (à 5/10¤ par mois, ça peut passer, au-delà ça devient n'importe quoi), et au fait qu'on final on se dirige plus ou moins vers ça mais à la sauce major, donc sans la liberté d'accès et de redistribution derrière en gros.
muscardin
Le 22 Mai 2008 à 09h54
C'est là qu'on voit qu'avec le taux de change actuel, on se fait vraiment sodomiser par le tarif Itunes...


Par contre, moi je salue quand même une sacrée avancée. Un site de vente de musique sans DRM encodé en 256 (limite de qualité pour moi) ; et qui utilise la techno P2P; c'est ce qu'on souhaite depuis longtemps.

Alors oui, on peut dire "c'est trop tard".... ou alors on peut dire "enfin"...
Seri
Le 23 Mai 2008 à 02h39
 

C'est un (j'ai envie de dire le principal) argument avancé par Pascal Negre (encore) pour justifier le prix de la musique en ligne à l'époque où elle coûtait plus du double du tarif actuel : quand on achète de la viande au détail, ça coûte plus cher que de l'acheter en gros...
bourgpat
Le 23 Mai 2008 à 07h07
 



Rappelle toi de michel jones qui sur le site du gouvernement Les téléchargements.com disait que la musique en Mp3 ça ne valais pas plus de 20 centimes d'euros.
Après si le site me garantis pendant 25 ans quelque soit le format dont j'ai besoin un accès au morceaux que je souhaite, la possibilité de revendre le morceau pour le temps restant de garantis et pour moi de garder une copie privée du dernier format que j'ai demandé; ça ca peut valoir 1 euro le morceau.
Hybrid ...
Le 23 Mai 2008 à 16h07

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