En ayant déposé plus de 20.000 plaintes à l’encontre des P2Pistes américains, l’Association américaine des maisons de disques (RIAA) ne s’est pas attirée que de la sympathie de la part des justiciables de son pays. La rébellion s’active et les chassés deviennent chasseurs. Plusieurs plaintes pour extorsion ont été déposées depuis de longs mois contre la RIAA par des internautes suspectés de piratage par le lobby de l’industrie du disque. Entre elles, une plainte déposée par une femme de l’Oregon de 42 ans, Tanya Andersen, qui espère faire de son affaire le socle d’une class action lancée au nom de milliers d’Américains.

Mécontente, la RIAA a répondu à la plainte et accuse Andersen de faire preuve d’une argumentation « longue en allégations rhétoriques, hyperboliques et scandaleuses qui semblent être calculées non pas pour établir un intérêt à agir viable, mais plutôt pour glaner le maximum de couverture de presse, ce qu’elle a réussi« . Et en matière de plaintes destinée exclusivement à la presse, la RIAA s’y connaît. Comment expliquer autrement qu’elle continue à poursuivres des internautes en accompagnant chaque action de communiqués de presse, alors qu’avec plus de 20.000 plaintes, elle n’a visé qu’environ 0,02 % des P2Pistes aux Etats-Unis ?

Andersen avait été poursuivie par la RIAA pour avoir partagé illégalement des MP3 qui n’ont jamais été trouvés sur son disque dur. Le lobby avait alors dû abandonner ses poursuites. L’avocat de l’accusée avait alors contre-attaqué, et demande aujourd’hui 300.000 dollars de dédommagement au titre des frais juridiques. Il demande par ailleurs au tribunal d’étendre la plainte en class action, pour représenter « tous ceux qui ont été poursuivis ou ont été menacés d’une plainte par les défendeurs pour avoir partagé des fichiers, téléchargé ou eu d’autres activités similaires, et qui n’ont pas en fait été impliqués dans une violation effective du droit d’auteur« . Selon la plainte, cela concernerait plusieurs milliers de personnes poursuivies abusivement.

La plainte prétend notamment que la RIAA et MediaSentry, la société chargée de collecter les adresses IP des internautes, ont « comploté » pour mettre au point des « simulacres » de plaintes massives qui visent des personnes privées à travers tous les Etats-Unis.

En février, la juge Anna J. Brown avait refusé une première version de la plainte et demandé à Andersen de mieux démontrer l’existence d’un « simulacre » de plaintes. Une deuxième version de 108 pages et 353 paragraphes a été déposée le 14 mars dernier. La RIAA, qui estime qu’il s’agit essentiellement de « blabla » qui ne concerne pas la plaignante, demande qu’Andersen soit déboutée de ses demandes.

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