L’Association américaine des producteurs de cinéma, la MPAA, semble avoir obtenu la fermeture d’un site francophone de liens eDonkey/eMule. Le site eMule-Box.com affiche depuis mercredi le traditionnel message « You can click but you can’t hide » de la MPAA (« vous pouvez cliquer mais vous ne pouvez pas vous cacher »), qu’elle diffuse à chaque fois qu’elle met la main sur un site qui permet de télécharger illégalement des films ou des séries TV. Relativement bien référencé et fréquenté, le site dont le Whois mène au Canada mettait notamment à disposition des internautes des liens eDonkey vers des copies de films haute-définition réalisées à partir des Blu-Ray ou HD DVD. Sans les héberger lui-même, il proposait aussi des séries TV, mangas, documentaires, spectacles, albums MP3, jeux vidéo et logiciels disponibles sur eMule. Le tout grassement entouré par des publicités à profusion qui ont certainement mis son propriétaire à l’abri de la crise du pouvoir d’achat. Son succès, comme le montre ce graphique d’Alexa, était exponentiel :

Sur sa page d’accueil, eMule-Box diffusait un disclaimer qui précisait notamment que « EMule-Box ne contient aucun fichier téléchargeable, il répertorie et classe seulement les fichiers se trouvant sur le réseau eDonkey« . Il prenait également la peine de préciser, en grosses lettres, que « vous ne pouvez télécharger un fichier que si vous détenez l’original« , ce qui est un point par ailleurs très contesté par la doctrine juridique.

Ces disclaimers, rappelons-le, n’ont aucune valeur juridique et ne peuvent dégager le webmaster de ses responsabilités. Au delà du débat juridique essentiel sur la qualification des liens eDonkey, qui ne sont peut-être pas en eux-mêmes constitutifs de contrefaçon, c’est aussi un débat moral qui doit s’ouvrir sur ces sites de liens.

Selon nos informations, un jeune propriétaire d’un gros site de liens eDonkey français fermé il y a de nombreux mois avait gagné tellement d’argent grâce aux publicités présentes en masse sur son site qu’il avait pu s’acheter, la veille de son arrestation, un Porsche Cayenne… en cash.

Il y a, selon nous, une différence fondamentale à faire entre défendre le P2P lorsqu’il s’agit de permettre aux hommes et aux femmes de partager leur culture librement à titre non commercial, et défendre les sites de liens P2P qui profitent et abusent des œuvres créées par des artistes pour leur propre bénéfice commercial. Numerama ne sera jamais dans cette deuxième catégorie.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés