Vie privée : des agents de l'Etat pourront exiger l'identité des internautes
Guillaume Champeau -
publié le Jeudi 21 Février 2008 à 20h26 -
posté dans Société 2.0
![]() Numerama a eu connaissance de l'avant-projet de loi Olivennes, qui doit mettre en place les nouvelles mesures anti-piratage souhaitées par le gouvernement. Parmi les dispositions de l'avant-projet figure la compétence données à des agents de l'Etat d'obtenir sans passer par le juge des informations d'identification des internautes. Le projet de loi Olivennes (du nom du président de la FNAC et de son rapport sur la lutte contre le téléchargement illégal) est dans les tuyaux du gouvernement. Il devrait être présenté au début de l'été au Parlement, pour une adoption discrète pendant que les Français baignent au soleil. Tactique connue et éprouvée. La loi doit instaurer la "Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet", qui remplacera l'Autorité de régulation des mesures techniques créée par la loi DADVSI, et qui sera dotée de nouveaux pouvoirs. Elle sera composée d'un collège et d'une commission de protection des droits. Chargée de missions de protection des oeuvres, d'observation de l'offre légale et de l'utilisation illicite des oeuvres, et d'une mission générale de régulation et de veille dans le domaine des mesures techniques (DRM), la Haute Autorité doit notamment mettre en oeuvre la riposte graduée nouvelle formule (voir encadré en fin d'article). Pour les DRM, il ne faudra pas s'attendre à grand chose. L'avant projet de loi dont Numerama a eu connaissance n'ajoute rien au dispositif en place, et confirme au contraire qu'il sera impossible en pratique de faire respecter l'interopérabilité, ou de faire respecter la libre concurrence entre le logiciel libre et les logiciels propriétaires. Le bénéfice des exceptions (telles que la copie privée) est écarté en matière de services de musique ou de vidéo à la demande, c'est-à-dire pour l'essentiel des accès aux oeuvres en ligne, et pour tous les accès qui porteraient atteinte aux intérêts légitimes des ayant droits. Autant dire que sauf à être expert en analyse économique, personne ne pourra se prévaloir avec certitude d'un droit à la copie privée. De plus, pour les professionnels qui souhaiteraient voir la Haute Autorité agir pour faciliter l'interopérabilité de leurs solutions avec celles des géants du secteur, la tâche sera rude. La Haute Autorité ne pourra pas aller contre "le respect des droits des parties", donc contre les brevets et droits d'auteurs des fabricants de DRM. Rien de neuf sur ce point, on ne s'attendait pas à une révolution. L'interopérabilité viendra de l'abandon volontaire des DRM, qui a commencé avec la musique en ligne, ou ne viendra pas.
Par ailleurs, le déséquilibre semble criant dans la procédure de la riposte graduée, puisque si les internautes peuvent présenter leurs observations et demander une audition pour se défendre, "la commission n'est pas tenue de satisfaire les demandes d'audition abusives, notamment par leur nombre, leur caractère répétitif ou systématique". C'est une traduction de la présomption de culpabilité. Tout le monde est coupable par défaut, et si tout le monde se dit innocent, on refusera d'entendre. Et qui jugera du caractère ou non abusif des demandes ? Heureusement, l'internaute qui se sent lésé pourra toutefois introduire un recours suspensif devant la juridiction administrative, qui disposera de deux mois pour rendre sa décision, mais sans grande chance de succès. Il devra en effet parvenir à prouver l'improuvable, en démontrant par exemple que son accès à Internet a été piraté (ce qui n'est pas compliqué par le Wifi), ou qu'il avait bien installé les outils de protection fournis par son FAI lorsque l'infraction constatée a eu lieu. En pratique, ce sera impossible. Enfin, la question largement posée du paiement de l'accès à Internet ou des frais de résiliation en cas de suspension de l'abonnement a été tranchée. L'avant-projet de loi dispose explicitement que "la suspension de l'accès à Internet ne donne pas lieu à la suspension du versement de son prix au fournisseur du service", et que "les frais de résiliation sont supportés par le titulaire de l'accès". Donc pour le bon père de famille ignorant des nouvelles technologies, non seulement son accès sera rompu, non seulement il ne saura ou ne pourra pas se défendre, mais en plus il devra payer. Et avec le sourire, s'il vous plait, pour le tableau de chasse de l'industrie culturelle.
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Commentaires à propos de «Vie privée : des agents de l'Etat pourront exiger l'identité des internautes»
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Tarl
le 21/02/2008 à 20:28
Preums !!!
Sans vouloir utiliser de grands mots, vis à vis de la constitution ou même de l'Europe, c'est légal ça de ne pas pouvoir se justifier??
A l'époque de Deezer et Youtube, çà paraît à la fois paradoxal et crétin. L'internaute moyen ne va rien comprendre et je le comprends.
Comme l'écrit Tarl, ils prennent le problème par le mauvais bout... A croire qu'ils en ont fait une spécialité ! Bon bout ou mauvais bout, toujours est-il que nos libertés sont bien mises à mal avec une telle loi.
En fait, on peut se faire moucher sans trop savoir pourquoi et le droit de se défendre est quasi inexistant ! Bel exemple de démocratie et de justice ! Et merci qui ? Merci Sarko ! ptain c gravissime et les bons ploucs ne se rendent compte de rien...
le pire c'est que je fais circuler ce genre d'infos dans mes contacts et que les gens soit ne comprennent pas, soit s'en tapent complètement. franchement je ne sais plus trop quoi faire... Ca va faire plaisir à Leto 2 que l'on ne puisse se prévaloir de l'exception pour copie privée pour les distribution par streaming ou la VOD, reste à savoir si la commission albis va un jour comprendre qu'il n'y a plus de préjudice à compenser.
Vla ce que c'est de vivre dans une republique bananiére, rien à dire de +, c'est trop, c'est trop...
![]() Passera jamais le Conseil Constitutionnel.
Je vois mal comment il pourrait accepté qu'on court-circuite les rôles de la police, des juges et des avocats de la défense. Est-ce qu'ils ont déjà annoncé le 49.3? on vous a pourtant prévenu de leurs projets, et vous les avez tout de même elus ! ! ! !
et il y en aura d'autres de ce genre de joyeusetés, croyez-moi ! Résiliations massives en perspectives et/ou retour au bon vieux échanges physiques.
Sinon faites comme moi, utilisez BackTrack 2 est connectez vous d'où vous voulez. le, le 01/01/1970 - 01:00 si ca c'est pas du fouttage de poire! j'aurais pas utiliser cette expression... mais plutôt celle qui fait mal au c** c'est pas grave !! comme il est dit depuis un moment. il y aura soit résiliation massive (mais j'y crois pas trop) mais plutôt utilisation de logiciel cryptés. Ce sont encore les innocents qui vont trinquer... Les autres auront du cryptage et sauront rester anonymes...
Enfin, pour faire peur ça devrait faire peur! Merci le nain dedefr, le 01/01/1970 - 01:00 on vous a pourtant prévenu de leurs projets, et vous les avez tout de même elus ! ! ! ! et il y en aura d'autres de ce genre de joyeusetés, croyez-moi ! et voilà !! vous regrettez d'avoir choisis le nain comme président maintenant j'espère...
zicmama, le 01/01/1970 - 01:00 Ce sont encore les innocents qui vont trinquer... Les autres auront du cryptage et sauront rester anonymes... Enfin, pour faire peur ça devrait faire peur! Merci le nain Exact. Va falloir communiquer massivement autour de nous et faire connaître ses solutions.
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