Dans la lancée de l’annonce de la suppression de la publicité sur les chaînes de télévision publiques, la ministre de la Culture Christine Albanel a déclaré mercredi sur France Inter que Radio France avait également « toute vocation à être concernée » par la mesure. « Evidemment Radio France, qui est un des fleurons de notre service public, a toute vocation à être concernée par la suppression de la publicité« , a-t-elle déclaré ce matin.

L’idée, « c’est que l’ensemble de l’audiovisuel public et la radio évidemment, ne soit pas soumis à la dictature de l’audimat, même si l’impératif de l’audience demeure« , indique Christine Albanel, selon qui la loi actant la suppression de la publicité devra être votée « avant l’été« . Mais quel est l’avantage de supprimer la publicité si « l’impératif de l’audience » reste le même ? Supprimer la publicité c’est justement se donner la chance de diffuser des programmes de qualité qui ne nécessitent plus de réunir l’audience de TF1.

L’annonce de la suppression de la publicité sur la radio par Mme Albanel est doublement cocasse. D’abord parce qu’elle n’était pas au courant de l’annonce de Nicolas Sarkozy avant de l’apprendre en direct pendant sa conférence de presse, tout comme la direction de France Télévisions. Ensuite parce que, preuve de la totale improvision du projet, le matin même de la conférence de presse de Nicolas Sarkozy devait avoir lieu au ministère une réunion sur l’augmentation de la publicité sur Radio France, comme le raconte Le Monde :

« L’annonce de M. Sarkozy a même semé le trouble à la direction du développement des médias (DDM), organisme dépendant de Matignon où, ce même matin, sa directrice Laurence Franceschini avait convoqué les dirigeants des radios privées (RTL, RMC, NRJ et les indépendants) pour leur expliquer le projet du gouvernement… d’ouvrir plus largement les antennes de Radio France à la publicité ! Alertée par une secrétaire des déclarations de M. Sarkozy, Mme Franceschini a dû annuler en plein milieu cette réunion en reconnaissant que les propos du président de la République « posaient un problème par rapport au projet pour Radio France« .

Pourquoi une telle improvisation ? Nul ne le sait. On susurre en revanche un lobbying croisé d’Alain Minc et de Laurent Solly, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy et parachuté chez TF1 à la propre demande du président…

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