Derrière le plan social d'EMI, la mort d'une industrie du 20ème siècle

Guillaume Champeau - publié le Mardi 15 Janvier 2008 à 15h09 - posté dans Musique Numérique

EMI annonce aujourd'hui mardi un plan de réduction des coûts et confirme la suppression de 1500 à 2000 emplois dans le monde, soit environ un tiers de ses effectifs. Au delà du drame social qui accompagne chaque plan de licenciement, c'est avec EMI le symbole de la mort d'une industrie musicale telle qu'elle n'a pu exister qu'au 20ème siècle...

On aime à le rappeler parce qu'on l'oublie souvent : dans une société de labeur, vivre de la musique est un privilège et non un droit opposable. Vivre de son art est avant tout une chance matérialisée par une suite de concours de circonstances, et rarement le choix d'une carrière planifiée. C'est souvent un mélange des deux. Toutes les sociétés à tous les temps de l'Histoire ont eu besoin d'artistes et les ont fait vivre, ici par le mécénat, là par le commerce. Mais faire de l'art une industrie au point de faire de "l'industrie culturelle" une expression aussi banale que "l'industrie pétrolière" est une perversion toute récente, peut-être en voie de disparition, au moins en ce qui concerne la musique.

EMI, qui emploie environ 5.500 personnes dans le monde, a annoncé mardi qu'elle allait supprimer jusqu'à 2.000 emplois partout dans le monde, dans un plan qui prévoit d'économiser 200 millions de livres (265 millions d'euros) par an d'économies. C'est bien sûr l'effet mathématiquement froid de la vente d'EMI à un fonds d'investissement pour qui la seule œuvre d'art qui compte est l'oeil et la pyramide imprimés sur le billet vert. Parce qu'autant qu'elles soient détestées, les majors de l'industrie du disque étaient jusque là dirigées par des amoureux de la musique, parfois prostitués dans une vision uniquement commerciale de leur travail, mais toujours heureux de trouver la perle à produire. Avec Terra Firma, cette ère là est révolue. Le label doit d'abord faire de l'argent et toutes les décennies d'habitudes qui ont pourri financièrement les maisons de disques sont éliminées au Karsher du tableau Excel.

C'est à la fois la pire et la meilleure chose qui ait pu arriver à l'industrie du disque. Celle-ci a vécu près d'un siècle dans l'illusion qu'il était possible de vivre très confortablement de la vente de musique en travaillant le moins possible avec le maximum de notes de frais. Les meilleurs artistes (ou disons les plus chers), les meilleurs instruments, des sessions de studios qui coûtent des fortunes aux Etats-Unis ou (plus cool) dans une île des caraïbes... il y a une part de fantasme mais aussi une grosse part de réalité dans l'idée que l'on se fait de l'argent dépensé sans compter dans la production d'un album. Un album tous les deux ans, au mieux. "Impossible de faire plus", disent ceux de l'intérieur. Et quand les ventes baissent, on compense en augmentant les frais marketing qui, mécaniquement, doivent générer des ventes. Dans l'environnement d'extrême rareté médiatique qui a été celui du 20ème siècle, la recette fonctionnait bien. Même si un seul album sur dix s'avérait rentable (ce sont les chiffres généralement admis), tout allait bien dans le meilleur des mondes.

La fin d'une époque dominée par une poignée de médias

Jusqu'à ce que, patatras, la numérisation des médias et Internet viennent mettre fin à la rareté médiatique, à l'intermédiation obligatoire, aux situations d'oligopoles convenus. Le disco a fait place au blues.

Seul le 20ème siècle et ses médias concentrés ont pu fournir le terreau de la construction d'une industrie de la musique fertile. Lorsque tout un pays écoute les mêmes chansons diffusées sur les mêmes médias et que seules ces chansons sont disponibles dans les mêmes chaînes de magasins... l'industrie prospère faute de diversité de choix et, surtout, de conscience d'une possibilité du choix.

Jugez vous-même :

Il existe en France 959 radios différentes, la plupart locales et associatives, mais 20 stations seulement partagent 80 % de l'audience nationale. Chaque jour, la radio musicale la plus écoutée l'est par près de 6 millions d'auditeurs... trois fois le nombre d'habitants de la ville de Paris. Et sur cette station, les 40 chansons les plus diffusées représentent 70 % des diffusions. Sur toute une année, 12 mois, 365 jours, elle diffuse à peine plus de 2000 chansons différentes, dont certaines peuvent être diffusées jusqu'à 9 fois par jour. Et ça n'est pas un record. En 2006, la radio locale Vibration a diffusé jusqu'à 178 fois par semaine la même chanson... soit plus d'une fois par heure ! En mettant bout à bout l'ensemble des chansons diffusées sur l'ensemble des radios françaises, il n'a été diffusé en 2006 que 61.778 titres différents. C'est moins de 1 % de ce qui est disponible sur la boutique de musique en ligne iTunes.

Si vous êtes une maison de disques, faites entrer un seul disque dans la playlist de ces quelques radios nationales, et vous êtes sûrs de surcompenser toutes les productions qui ont été des flops. Depuis des décennies, l'industrie fait bon gré mal gré avec cette politique du star system et de la vache à lait, qu'elle critique mais dont elle s'accomode volontiers. L'industrie du disque est probablement l'une des seules industries qui pouvait jusqu'à récemment se permettre de voir 90 % de ses produits être déficitaires. Et de trouver cela totalement normal, et même de le revendiquer, au nom de la diversité culturelle.

Cet âge d'or-là est fini. Avec Internet, même si les choses se font lentement, la déconcentration de l'offre musicale est en marche, et les médias doivent affronter une concurrence au nombre illimité. Le paradigme économique est totalement chamboulé. Le piratage, pointé du doigt depuis les années 1990, n'est qu'un microphénomène pour expliquer la chute de l'industrie. Piratage ou non elle est inéluctable, car ses bases fondamentales reposaient sur un marché artificiellement raréfié. Le terreau est mort, il s'est épuisé et la mort de l'industrie (telle qu'elle fut) est inévitable.

Le plan social déclenché par Terra Firma met fin à cette période d'insouciance et ramène à la douloureuse réalité ; vivre de la musique est un privilège très difficile à entretenir. Renforcer encore le droit d'auteur pour maintenir ce fantasme, c'est poser des digues de bois contre un tsunami.

La vente de la musique enregistrée est morte. La musique, elle, restera toujours vivante. Mais au 21ème siècle, vivre de la création musicale devrait être aussi rare, difficile et privilégié que pendant tous les siècles qui ont précédé le 20ème. Et ceux qui en vivront gagneront probablement des fortunes bien moindres que ces méga-stars des années 1980.

Publié par Guillaume Champeau, le 15 Janvier 2008 à 15h09
 
 
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Commentaires à propos de «Derrière le plan social d'EMI, la mort d'une industrie du 20ème siècle»
 
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triste nouvelle pour les employes sur le carreau mais c'était previsible le virage numérique les a definitivement fait sortir de route.
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le pire pour ces industries, c'est que plus elles dégonfleront moins elles seront impressionantes, moins elles pourront faire pression sur l'opinion publique et la petite monarchie parlementaire.

la grenouille percée qui désenfle à vue d'oeil
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1 messages publiés
Je n'étais pas inscrit et je viens de le faire pour réagir à votre article. Je l'ai trouvé excellent !

Je suis entièrement d'accord avec votre vision du déclin de l'indutrie du disque. Vous montrez une bonne prise de recul sur ce problème complexe. Il est très rare de trouver une telle qualité de synthèse sur des problématiques comme celle-là dans les médias même dits spécialisés sur le net.

Merci pour cette bonne réflexion. Je fais tourner le lien.
Inscrit le 13/08/2002
22645 messages publiés
Je n'étais pas inscrit et je viens de le faire pour réagir à votre article. Je l'ai trouvé excellent !

Je suis entièrement d'accord avec votre vision du déclin de l'indutrie du disque. Vous montrez une bonne prise de recul sur ce problème complexe. Il est très rare de trouver une telle qualité de synthèse sur des problématiques comme celle-là dans les médias même dits spécialisés sur le net.

Merci pour cette bonne réflexion. Je fais tourner le lien.


Ah bah merci beaucoup Et surtout bienvenue
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106 messages publiés
EMI annonce aujourd'hui mardi un plan de réduction des coûts et confirme la suppression de 1500 à 2000 emplois dans le monde, soit environ un tiers de ses effectifs. Au delà du drame social qui accompagne chaque plan de licenciement, c'est avec EMI le symbole de la mort d'une industrie musicale telle qu'elle n'a pu exister qu'au 20ème siècle...

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Très bon pavé, bravo !
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152 messages publiés
Alors là, chapeau bas, à celui qui a écrit cette article....

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542 messages publiés
Chaque jour, la radio musicale la plus écoutée l'est par près de 6 millions d'auditeurs...


C'est laquelle ? NRJ ? Skyrock ? Nostalgie ? Europe 2 ?
Inscrit le 13/08/2002
22645 messages publiés
Chaque jour, la radio musicale la plus écoutée l'est par près de 6 millions d'auditeurs...


C'est laquelle ? NRJ ? Skyrock ? Nostalgie ? Europe 2 ?


NRJ
Inscrit le 12/10/2004
542 messages publiés
Chaque jour, la radio musicale la plus écoutée l'est par près de 6 millions d'auditeurs...


C'est laquelle ? NRJ ? Skyrock ? Nostalgie ? Europe 2 ?


NRJ


Merci pour la réponse.

Ton article mériterait un petit détours par agoravox, ça fait un petit moment que je n'ai pas vu un de tes articles là-bas.
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2935 messages publiés
sont éliminées au Karsher du tableau Excel.
Devinez ce que je n'aime pas dans cette métaphore :
·D ?
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... L'industrie du disque est probablement l'une des seules industries qui pouvait jusqu'à récemment se permettre de voir 90 % de ses produits être déficitaires. Et de trouver cela totalement normal, et même de le revendiquer, au nom de la diversité culturelle. ...


Je ne comprend pas bien. Est-ce une critique?
Si l'industrie du disque se contentait de vendre uniquement les artistes du Top 50 qui font gagner du blé, la variété culturelle serait bien tristes. Et il faudrais formater (à coup de marketting) l'ensemble des consommateur à aimer uniquement la musique qu'apprécie une petite partie de la population pourtant majoritaire.
Et inutile de lancer de nouveaux talents avant d'avoir fait de sérieuses études de marché afin d'être vraiment sûr qu'il va être rentable, qu'il va répondre aux goût stéréotypées de la population la plus encline à dépenser de l'argent pour un disque.
En gros c'est ce que j'ai l'impression de constater actuellement.

Bref si il y a une critique à faire je la ferait plutôt dans le sens opposé:
Quoi? Seulement 90% de leur catalogues sont déficitaires et répondent à une attente d'une petite partie des auditeurs ? Heureusement qu'il y a des petits labels pour lancer les nouveaux groupes et s'essayer à des styles plus expérimentale ou peu recherché.

Les goûts des audiophiles sont extrêmement hétéroclites et ce que j'attends de l'industrie du disque c'est qu'elle réponde aux goût de chacun, même si ça veux dire lancer des groupes qui ne vendront que 5000 albums. C'est 5000 personnes qui auront été heureux d'avoir pût entendre une musique qu'ils aiment.
Et si l'industrie du disque n'est pas capable de ça, c'est internet qui va prendre leur place (ce qui est en train d'arriver).


En tout cas le rachat de Tera Firma n'annonce rien de bon pour ces 90% de catalogue déficitaire.à‡a s'annonce assez morose pour la variété culturelle chez EMI ascool:
[message édité par wistiti68 le 15/01/2008 à 19:39 ]
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275 messages publiés
Hmm... Très ambigu comme article ....

On aime à le rappeler parce qu'on l'oublie souvent : dans une société de labeur, vivre de la musique est un privilège et non un droit opposable.


Alors peut-etre que je comprends mal tes propos, mais :

"ON aime à le rappeler".. ON ??? qui ça ON ?
TU considères que vivre de la musique devrait être un privilège, par opposition à d'autres métiers où c'est un droit opposable.

En soit, AUCUN travail n'est intrinsèquement méritoire d'être rémunéré. AUCUN.

Il n'y a aucune règle objective (objective dans le sens scientifique du terme, c'est à dire une loi physique qui serait vérifiable et applicable partout dans l'univers et à travers le temps) qui définirait que tel travail devrait etre rémunéré et tel autre ne devrait pas l'etre. Seul la société, ou plutot la majorité sociale décide plus ou moins conjointement ce qui devrait etre rémunéré, et à quel niveau de valeur, selon les valeurs morales de l'époque.
C'est la majorité sociale à un temps donné qui décide que le métier de boulanger devrait être rémunéré, mais moins que celui de pilote de ligne.
De plus des règles économiques (décidées là encore par la société, et non pas selon une loi objective scientifique) font que les boulangers étant plus nombreux que les pilotes d'avion, ceux-ci peuvent moins exiger un salaire aussi élevé.

La majorité sociale, ou du moins ceux qui detiennent les pouvoirs décisionnels, décide de l'echelle des valeurs dans ce qui peut être rémunéré ou pas. Elle décide que tel travail est plus méritoire que tel autre.

Pour ma part, je considère que le métier de médecin urgentiste (par exemple) est plus nécessaire à l'humanité que celui de.. disons d'annonceur de nouvelles au journal de TF1, ou vendeur de diamants sur la Place Vendome. Et pourtant au niveau de leur rémunération ça n'a rien à avoir.... Peut-etre que la société (ou les décideurs) considèrent l'apport de Jean-Pierre Pernault comme plus important. Ce n'est que mon avis.

Je considère aussi (apparement à tort), que le travail des (ou de certains) artistes apporte bien plus à l'humanité, et est bien plus nécéssaire à celle-ci que celui de fabriquant de missiles air-sol, de hamburgers à la chaine, ou de tabac.

J'ai le tort de croire que , les Beatles, Bach, Miles Davis ou Bjork (pour ne prendre que des exemples reconnus) contribuent bien plus à l'humanité que Dassault, MacDonald, ou Marlboro.
Par conséquent, selon MES critères , ils sont bien plus méritoires d'être rémunérés que les fabriquants sus-nommés d'armes de destruction réels, gastriques, ou pulmonaires.

Je reviens donc à ce "ON", que tu poses comme un axiome. Justement il ne l'est pas. C'est la majorité sociale qui semble décider donc que, non, le travail de créateur est bien moins digne de rémunération que celui d'un fabriquant de lance-missiles.

Elle décide que la rémunération du premier devrait être un privilège, et celle du second un droit opposable. Ca en dit long sur les valeurs d'une dite société.
J'aurais préféré l'inverse.

Parce qu'autant qu'elles soient détestées, les majors de l'industrie du disque étaient jusque là dirigées par des amoureux de la musique, parfois prostitués dans une vision uniquement commerciale de leur travail, mais toujours heureux de trouver la perle à produire.

Je tombe de mon siège ! Je n'aurais jamais cru lire ça sur Ratiatum Le Grand Satan n'est donc pas complétement pourri ?
C'est toujours au moment où l'on est définitivement sur le point de perdre quelque chose, que l'on se rend compte de sa valeur.
Bein oui, c'est parce que Robbie Williams rapporte des sous, que l'on peut de permettre de produire aussi Nils Peter Molvaer, qui lui ne rapporte presque rien, et qui est pourtant bien plus intéressant (à mes yeux).

Oui les maisons de disques , même les grosses majors peuvent avoir une grande utilité. La seule chose qui les rend pourrie, c'est leur attitude d'exploiteurs et non pas de partenaires avec les artistes qui leurs fournissent la matière première.
Les gros labels peuvent rendre de grands services aux musiciens, s'ils avaient la décence de partager leur revenus au moins à 50/50 (au lieu de 90/10 en leur faveur), et qu'ils ne tentaient pas de faire des contrats remplis d'arnaques comme le fait de reverser zero dollar aux musiciens sur les revenus de plateformes digitales ( c'etait le cas par ex de radiohead qui ne touchait rien sur les ventes iTunes) sous pretexte que ce n'était pas prévu à l'origine, ou que ça fait partie de la promo...

Tout n'est (n'était ?) pas à jeter dans ce système. Une grande réforme était nécéssaire.
Aujourdhui il est peut-etre trop tard.

vivre de la musique est un privilège très difficile à entretenir. Renforcer encore le droit d'auteur pour maintenir ce fantasme, c'est poser des digues de bois contre un tsunami.

Au contraire, il est à renforcer plus que jamais !!!! Si on considère que les diffuseurs, les exploitants , les radioblogs, et tout les autres qui se font du blé ne devrait pas avoir à verser quoi que ce soit à ceux qui leur fournissent la matière première c.ad les musiciens, alors on est vraiment est revenu aux périodes les plus sombres du capitalisme... On n'a qu'a refaire de même dans les usines tiens... c'était le cas il y a encore moins d'un siècle...

Mais au 21ème siècle, vivre de la création musicale devrait être aussi rare, difficile et privilégié que pendant tous les siècles qui ont précédé le 20ème.

Oui. Et ce n'est pas un progrès social, mais une régression.

Si on considère que c'est normal de revenir plusieurs siècles en arrière, alors allons-y: Puisque c'était bien mieux avant, rétablissons donc l'esclavage, retirons le droit de vote au femmes, redonnons le pouvoir de vie ou de mort aux Seigneurs sur leurs sujets...
Même si le fait de pouvoir vivre ou survivre de son art est un fait récent du à une conjoncture technique , il n'en n'est pas moins un progrès social. Le fait que cette conjoncture technique soit maintenant défavorable ne devrait pas remettre ce droit en question, de la même manière qu'il n'est plus question de retourner à l'esclavage, ou au travail des enfants en usine sous pretexte que c'est "techniquement faisable".

Et qu'on ne vienne pas me dire "Et comment faisait Beethoven alors ?", c'était une autre époque, d'autres conditions économiques et sociales qui ne sont plus applicables aujourdhui. EDF et le propriétaire de votre appart ne vous dispensera pas de la facture à payer sous pretexte que vous êtes un "artiste"...
Et composer (ou pratiquer un instrument) 2 heures par semaine le dimanche après-midi ne donnera jamais les mêmes résultats que celui qui fait ça à plein temps ou presque, 7 jours sur 7.

Oui, c'est vraiment dans une ère de régression que nous entrons. Mais ça n'est que le reflet des valeurs d'une société.

Désolé pour ce long post, mais ça m'a fait un peu sortir de mes gonds..
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243 messages publiés
Mais au 21ème siècle, vivre de la création musicale devrait être aussi rare, difficile et privilégié que pendant tous les siècles qui ont précédé le 20ème.

Oui. Et ce n'est pas un progrès social, mais une régression.

Si on considère que c'est normal de revenir plusieurs siècles en arrière, alors allons-y: Puisque c'était bien mieux avant, rétablissons donc l'esclavage, retirons le droit de vote au femmes, redonnons le pouvoir de vie ou de mort aux Seigneurs sur leurs sujets...
Même si le fait de pouvoir vivre ou survivre de son art est un fait récent du à une conjoncture technique , il n'en n'est pas moins un progrès social. Le fait que cette conjoncture technique soit maintenant défavorable ne devrait pas remettre ce droit en question, de la même manière qu'il n'est plus question de retourner à l'esclavage, ou au travail des enfants en usine sous pretexte que c'est "techniquement faisable".

Et qu'on ne vienne pas me dire "Et comment faisait Beethoven alors ?", c'était une autre époque, d'autres conditions économiques et sociales qui ne sont plus applicables aujourdhui. EDF et le propriétaire de votre appart ne vous dispensera pas de la facture à payer sous pretexte que vous êtes un "artiste"...
Et composer (ou pratiquer un instrument) 2 heures par semaine le dimanche après-midi ne donnera jamais les mêmes résultats que celui qui fait ça à plein temps ou presque, 7 jours sur 7.

Oui, c'est vraiment dans une ère de régression que nous entrons. Mais ça n'est que le reflet des valeurs d'une société.

Désolé pour ce long post, mais ça m'a fait un peu sortir de mes gonds..

Oui, moi aussi cette partie de l'article m'a choqué.
Je trouve tout à fait normal et très bénéfique que des artistes arrivent à vivre de leurs art (musicale ou autre).
Ce qui l'est moins, c'est que des intermédiaires se fassent des millions sur leur dos sans aucun motif acceptable.
Comment justifier que les producteur touche 3 ou 4 fois plus que l'artiste?
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Les gros labels peuvent rendre de grands services aux musiciens, s'ils avaient la décence de partager leur revenus au moins à 50/50 (au lieu de 90/10 en leur faveur)

à‡a ne va pas ? Ils sont déjà sur la paille, tu va les finir :
·D. Non, il faut qu'ils passent vite à 99/1 pour pouvoir survivre !
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8 messages publiés
On aime à le rappeler parce qu'on l'oublie souvent : dans une société de labeur, vivre de la musique est un privilège et non un droit opposable.


Alors peut-etre que je comprends mal tes propos, mais :
"ON aime à le rappeler".. ON ??? qui ça ON ?
TU considères que vivre de la musique devrait être un privilège, par opposition à d'autres métiers où c'est un droit opposable. "


Je crois qu'effectivement tu a mal compris ( ou est-ce moi? ), je pense que ca signifie que vivre de la musique reste encore un privilege de nos jours, bien qu'on puisse pensé le contraire (starac et autres qui tranforment des gamins en popstars en moins de 6 mois), et non un droit choisi et assumé, cela reste très dur d'en vivre faut pas se leurrer.
Enfin c'est ce que j'ai compris, je n'ai rien trouvé d'offensant.


Mais au 21ème siècle, vivre de la création musicale devrait être aussi rare, difficile et privilégié que pendant tous les siècles qui ont précédé le 20ème.

Oui. Et ce n'est pas un progrès social, mais une régression.
Si on considère que c'est normal de revenir plusieurs siècles en arrière, alors allons-y: Puisque c'était bien mieux avant, rétablissons donc l'esclavage, retirons le droit de vote au femmes, redonnons le pouvoir de vie ou de mort aux Seigneurs sur leurs sujets..
.


Il parle au futur (cest une possibilité fortement probable que vivre de la création musicale devienne encore plus dur), et non au subjonctif genre " c'est comme ca que ca devrait être", arrête de te sentir agressé

Sinon, article magistral, je me suis aussi inscrit grâce a cet article (bien que je lise régulièrement les news de Ratiatum), bravo à l'auteur, c'est très bien écrit et les idées sont là. Chapeau bas !
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874 messages publiés
On aime à le rappeler parce qu'on l'oublie souvent : dans une société de labeur, vivre de la musique est un privilège et non un droit opposable. Vivre de son art est avant tout une chance matérialisée par une suite de concours de circonstances, et rarement le choix d'une carrière planifiée. C'est souvent un mélange des deux. Toutes les sociétés à tous les temps de l'Histoire ont eu besoin d'artistes et les ont fait vivre, ici par le mécénat, là par le commerce. Mais faire de l'art une industrie au point de faire de "l'industrie culturelle" une expression aussi banale que "l'industrie pétrolière" est une perversion toute récente, peut-être en voie de disparition, au moins en ce qui concerne la musique.

Renforcer encore le droit d'auteur pour maintenir ce fantasme, c'est poser des digues de bois contre un tsunami.

La vente de la musique enregistrée est morte. La musique, elle, restera toujours vivante. Mais au 21ème siècle, vivre de la création musicale devrait être aussi rare, difficile et privilégié que pendant tous les siècles qui ont précédé le 20ème. Et ceux qui en vivront gagneront probablement des fortunes bien moindres que ces méga-stars des années 1980.

Ca c'est de l'analyse.

C'est sur ce genre d'articles qu'on t'adore Kad !
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Ah. Au temps pour moi. Mais aussi j'avais lu de la critiques dans ces lignes.
Le passage que j'ai cité
L'industrie du disque est probablement l'une des seules industries qui pouvait jusqu'à récemment se permettre de voir 90 % de ses produits être déficitaires. Et de trouver cela totalement normal, et même de le revendiquer, au nom de la diversité culturelle.

a aussi été interprété de travers?
Inscrit le 08/09/2003
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Excellent article !

J'ai particulièrement apprécié le passage sur le matraquage des radios :

Il existe en France 959 radios différentes, la plupart locales et associatives, mais 20 stations seulement partagent 80 % de l'audience nationale. Chaque jour, la radio musicale la plus écoutée l'est par près de 6 millions d'auditeurs... trois fois le nombre d'habitants de la ville de Paris. Et sur cette station, les 40 chansons les plus diffusées représentent 70 % des diffusions. Sur toute une année, 12 mois, 365 jours, elle diffuse à peine plus de 2000 chansons différentes, dont certaines peuvent être diffusées jusqu'à 9 fois par jour. Et ça n'est pas un record. En 2006, la radio locale Vibration a diffusé jusqu'à 178 fois par semaine la même chanson... soit plus d'une fois par heure ! En mettant bout à bout l'ensemble des chansons diffusées sur l'ensemble des radios françaises, il n'a été diffusé en 2006 que 61.778 titres différents. C'est moins de 1 % de ce qui est disponible sur la boutique de musique en ligne iTunes.

Il est où l'art là dedans, elle est où la diversité ?

Et hop, on casse tout et on recommence
[message édité par TotoRhino le 15/01/2008 à 21:50 ]
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Et hop, on casse tout et on recommence


Avec l'illusion de croire que c'était mieux après? Mouais...
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Et hop, on casse tout et on recommence


Avec l'illusion de croire que c'était mieux après? Mouais...

Avec la certitude d'essayer de faire changer les choses, c'est toujours mieux que de ne rien faire !
Inscrit le 06/02/2003
500 messages publiés
Kad, il t'en aura fallut du temps pour oser enfin aller dans mon sens...
Ton article est le fond de ma pensée sur l'industrie musicale depuis que ratiatum existe...
A chaque fois, il ya des nostalgiques qui tentent de dire "non ca va continuer" mais bon sang, internet est là pour decoller la crasse des oreilles des auditeurs des grandes radios que tu ne cites pas !...

Tu parles de 1% d'Itunes mais c'est meme pas 0,01% de ce qui existe reellement ou sur le net !

viva la revolution, vive la mort des majors, vive la mort de la starac et autres conneries abrutissantes !
La culture est et restera vivante, pas besoin d'industrie pour ca !
Laissez nous dl en paix, n'acheter plus de cd ou de dvd (on tente de nous refaire le coup avec les HD/BR) et aller en concerts, acheter un goodies à la fin de ceux-ci, votre artiste préféré gagnera mieux sa vie avec moins d'intermediaires...

Et il ne fera pas forcement une soupe mielleuse pour avoir un tube qui passe à la radio (un album=12 titres dont 1 tube pour que ce soit rentable, le reste est la vraie volonté de l'artiste.)
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Laissez nous dl en paix,...


Justement, bientot tu n'auras plus grand chose à downloader...
Inscrit le 13/01/2004
448 messages publiés
Ce qui moi me fait sortir de mes gonds, c'est ceux qui pensent que la diversité musicale va s'éteindre avec les maisons de disque parce que un album qui marche en finance indirectement 90 autres qui ne marchent pas !
Mais bon sang c'est tout le contraire ! celui qui marchait du feu de dieu marchera peut être moins, mais ça sera 60 ou 70 qui marcheront sur une moyenne plus juste, dans un système plus égalitaire ! J'espère pouvoir dire un jour "Adieu au luxe" qui était octroyé à quelques nantis du showbiz, au risque de faire disparaître une part de rève que procure strass et paillettes aux auditeurs.

Aujourd'hui, il faut faire le pari du Web 2.0, ce bouche à oreille mondiale, ce "web social" comme y disent... Nous arrivons au temps de l'autopromotion... gagner de l'argent pour un artiste ne sera plus basé sur la vente uniquement mais sur les concerts et produits dérivés...

Les concerts deviendront un enjeu commercial de premier ordre, seulement je ne sais pas ce que vous en pensez, mais faire bouger les gens pour voir autre chose que Johnny, Bruel ou Cabrel, c'est tout un challenge !
Et c'est ca qui faut changer ! C'est là que les maisons de disque pourraient intervenir...

Et si tout devait se passer comme ca, alors vivement demain !
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275 messages publiés
Ce qui moi me fait sortir de mes gonds, c'est ceux qui pensent que la diversité musicale va s'éteindre avec les maisons de disque parce que un album qui marche en finance indirectement 90 autres qui ne marchent pas !
Mais bon sang c'est tout le contraire ! celui qui marchait du feu de dieu marchera peut être moins, mais ça sera 60 ou 70 qui marcheront sur une moyenne plus juste, dans un système plus égalitaire ! J'espère pouvoir dire un jour "Adieu au luxe" qui était octroyé à quelques nantis du showbiz, au risque de faire disparaître une part de rève que procure strass et paillettes aux auditeurs.

Dire que les maisons de disque peuvent être utiles ne veut absolument pas dire qu'elles sont indispensables non plus.

Les musiciens qui sont suffisament fortunés au départ pour pouvoir s'auto-produire, s'auto-promotionner et financer leurs tournées peuvent très bien se passer de maisons de disques, avec l'avantage en plus d'avoir le controle artistique total sur leur création , ainsi qu'une plus grande partie des revenus (s'il en reste...)

Ceux qui ne le sont pas , et qui comptaient sur l'apport financier d'une maison de disques pour les aider, auront encore plus de mal qu'avant....

gagner de l'argent pour un artiste ne sera plus basé sur la vente uniquement mais sur les concerts et produits dérivés...

Certains disent même qu'il n'y aura que le concert pour voir une quelconque rémunération. Or c'est là un grand mythe !

Une tournée coute cher , voire très cher ! Elle doit etre financée à l'avance, avant même la vente d'un seul ticket parfois.

Une chose dont tu peux être certain, c'est que le prix moyen des places va exploser très bientot, le prix moyen a déja augmenté de près de 25% ces 4 dernières années. Avant on pouvait se permettre de perdre de l'argent sur une tournée, celle ci étant parfois considérée comme faisant partie de la promotion. Si elle devient la seule source de revenus, il ne sera plus question de perdre le moindre centime là-dessus, et le prix des billets devra etre ajusté en conséquence.

Puisqu'on parle beaucoup de Radiohead en ce moment, voici ce que leur manager Bryce Edge dit au sujet de leur prochaine tournée:
Radiohead are charging £42.50 for next year's UK tour, more than Prince's shows at the O2 arena in London. Mr Edge said: We don't want to go on tour and lose money. It is expensive to put on the quality [of] show people expect. It is a comparable price to artists of a similar stature

"pour la prochaine tournée, les billets couteront plus de 42 £, plus que le show de Prince. La raison est "qu'on ne peut pas se permettre de faire une tournée et perdre de l'argent, faire un concert de qualité coute cher.."

Quant aux produits dérivés.... C'est peut-etre valable pour la musique pop, mais pour les autres genres de musiques, le jazz , le classique, l'electro.... Je n'ai encore croisé personne avec un t-shirt Brad Meldhau, ou une casquette Jon Hassell...
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Dire que les maisons de disque peuvent être utiles ne veut absolument pas dire qu'elles sont indispensables non plus.

Les musiciens qui sont suffisament fortunés au départ pour pouvoir s'auto-produire, s'auto-promotionner et financer leurs tournées peuvent très bien se passer de maisons de disques, avec l'avantage en plus d'avoir le controle artistique total sur leur création , ainsi qu'une plus grande partie des revenus (s'il en reste...)

Ceux qui ne le sont pas , et qui comptaient sur l'apport financier d'une maison de disques pour les aider, auront encore plus de mal qu'avant....

Déjà dans "maison de disque", il y a "disque", terme voué à disparaître
Plus sérieusement, le pari c'est de dire que s'autoproduire/autopromotionner ne coûtera pas si cher que ca, on fait déjà des belles choses avec un simple ordinateur... Pour passer à l'étape supérieur et produire quelque chose de meilleur qualité, il pourrait y avoir émergence de métiers dans ce secteur, rendant moins cher ces productions.
Bon en même temps je confesse ne pas être dans le milieu musical (ou si peu) mais c'est comme ca que je pressent la chose...

Certains disent même qu'il n'y aura que le concert pour voir une quelconque rémunération. Or c'est là un grand mythe !
Une tournée coute cher , voire très cher ! Elle doit etre financée à l'avance, avant même la vente d'un seul ticket parfois.
Une chose dont tu peux être certain, c'est que le prix moyen des places va exploser très bientot, le prix moyen a déja augmenté de près de 25% ces 4 dernières années. Avant on pouvait se permettre de perdre de l'argent sur une tournée, celle ci étant parfois considérée comme faisant partie de la promotion. Si elle devient la seule source de revenus, il ne sera plus question de perdre le moindre centime là-dessus, et le prix des billets devra etre ajusté en conséquence.
...
Quant aux produits dérivés.... C'est peut-etre valable pour la musique pop, mais pour les autres genres de musiques, le jazz , le classique, l'electro.... Je n'ai encore croisé personne avec un t-shirt Brad Meldhau, ou une casquette Jon Hassell...

Entièrement d'accord... Mais ce qui sera à redefinir, c'est qu'est-ce qu'on met dans "produits dérivés"... Aujourd'hui, on a trop en tête le t shirt, le porte clé ou je ne sais quelle babiole à l'effigie de l'artiste comme produit dérivé. Mais tout reste à inventer... Je ne sais pas, vendre une place de concert avec sa musique, ou vendre sa musique avec une place de concert, ou que sais-je encore, un tête à tête avec l'artiste ? lol

Tout reste à inventer, c'est ca qui est passionnant...

Le problème, c'est qu'on dirait que ce sont les "informaticiens" qui doivent trouver un nouveau modèle économique pour les artistes via les maisons de disques moribondes... Alors que cela devrait être les artistes eux mêmes qui devraient se bouger le cul pour tenter quelquechose, c'est le moment !
Il y en a qquns qui se bougent un peu (Radiohead etc..) mais c'est trop timide et ce ne sont pas de petits artistes, ceux là même qui devraient bénéficier de tout cela...
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Déjà dans "maison de disque", il y a "disque", terme voué à disparaître

Nan, les disques, c'est bien.
Il y en a qquns qui se bougent un peu (Radiohead etc..) mais c'est trop timide et ce ne sont pas de petits artistes, ceux là même qui devraient bénéficier de tout cela...

Déjà entendu parler de Lonah ?
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Déjà dans "maison de disque", il y a "disque", terme voué à disparaître

Nan, les disques, c'est bien.

Alors gardons les disques, et fermons les maisons...
Déjà entendu parler de Lonah ?

Non pas encore, mais ca ne saurait tarder
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Ce qui me gène aussi, c'est comment l'auteur tord la réalité selon qu'elle sert ou pas son propos :

Le piratage, pointé du doigt depuis les années 1990, n'est qu'un microphénomène pour expliquer la chute de l'industrie. Piratage ou non elle est inéluctable, car ses bases fondamentales reposaient sur un marché artificiellement raréfié.


Contradiction du propos. D'un coté on affirme que le piratage n'a donc quasiment rien à voir avec la chute des ventes, de l'autre que les ventes s'effondrent car elle elle reposaient sur un marché raréfié qui ne l'est plus.

Or quel est le principal facteur qui fait qu'on est passé d'un marché raréfié à un marché non-raréfié dans ce cas ci ? La couche d'ozone ? la hausse du prix du camembert ? La présence de mercure dans le saumon d'elevage ? Le divorce de sarko ?

Je vous laisse deviner.
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Ce qui me gène aussi, c'est comment l'auteur tord la réalité selon qu'elle sert ou pas son propos :

Le piratage, pointé du doigt depuis les années 1990, n'est qu'un microphénomène pour expliquer la chute de l'industrie. Piratage ou non elle est inéluctable, car ses bases fondamentales reposaient sur un marché artificiellement raréfié.


Contradiction du propos. D'un coté on affirme que le piratage n'a donc quasiment rien à voir avec la chute des ventes, de l'autre que les ventes s'effondrent car elle elle reposaient sur un marché raréfié qui ne l'est plus.

Or quel est le principal facteur qui fait qu'on est passé d'un marché raréfié à un marché non-raréfié dans ce cas ci ? La couche d'ozone ? la hausse du prix du camembert ? La présence de mercure dans le saumon d'elevage ? Le divorce de sarko ?

Je vous laisse deviner.


t'as rien compris à l'article alors ?
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t'as rien compris à l'article alors ?

Si, si , j'ai très bien compris.

Qu'est ce qui a fait qu'un marché raréfié ne l'est plus ? Le fait que tout soit disponible gratuitement peut-etre ?

Désolé de ne pas être en admiration béate devant chacun de tes propos...
[message édité par AvidaDollars le 16/01/2008 à 14:49 ]
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t'as rien compris à l'article alors ?

Si, si , j'ai très bien compris.

Qu'est ce qui a fait qu'un marché raréfié ne l'est plus ? Le fait que tout soit disponible gratuitement peut-etre ?

Désolé de ne pas être en admiration béate devant chacun de tes propos...


Ce que je dis dans l'article, en tout cas je crois, c'est que la crise du disque n'est pas lié au piratage mais lié à la déconcentration des médias. La concentration des médias a été, au XXème, le terreau qui a permis à l'industrie du disque de pousser et de grossir rapidement. Or avec Internet, le terreau disparaît. Les radios ce sont de plus en plus les Last.fm, Mog et compagnie. La télévision ça va être Joost, Veoh... Le piratage n'est qu'une manifestation d'un phénomène beaucoup plus global.
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t'as rien compris à l'article alors ?

Si, si , j'ai très bien compris.

Qu'est ce qui a fait qu'un marché raréfié ne l'est plus ? Le fait que tout soit disponible gratuitement peut-etre ?

Désolé de ne pas être en admiration béate devant chacun de tes propos...


Ce que je dis dans l'article, en tout cas je crois, c'est que la crise du disque n'est pas lié au piratage mais lié à la déconcentration des médias. La concentration des médias a été, au XXème, le terreau qui a permis à l'industrie du disque de pousser et de grossir rapidement. Or avec Internet, le terreau disparaît. Les radios ce sont de plus en plus les Last.fm, Mog et compagnie. La télévision ça va être Joost, Veoh... Le piratage n'est qu'une manifestation d'un phénomène beaucoup plus global.


Je ne vois pas du tout ce que la déconcentration des médias à avoir avec la non-raréfication du "produit". Les profits de la vente et de la distribution n'appartiennent plus aux mêmes mains, ok (et tant mieux). La galette est donc répartie en morceaux plus petits, ok. Mais le total des morceaux de la galette devrait rester le même , non ?

Or justement il n'y a plus de galette à partager.... Et pourtant toujours autant de demandeurs.
Tu ne peux absolument pas dire que le piratage n'est pas le facteur numero 1 de la non-raréfication du marché et donc de la chute de la "valeur " du-dit produit, puisque le "produit" est soudainement disponible à tout le monde et gratuitement, le marché n'est donc plus raréfié .

Ce qui n'est pas raréfié perd immédiatement de sa valeur (attention, je parle d'un point de vue strictement économique, ce n'est pas un jugement moral !)

Le déplacement des dépenses vers d'autres produits, ou la chute du pouvoir d'achat n'a rien à avoir non plus avoir la raréfication d'un marché. D'ailleurs , la baisse du pouvoir d'achat n'a pas empéché bizarrement l'explosion des ventes des jeux sur consoles, des abonnement haut-débit, ou des dvd..., elle a touché seulement la musique..

Pourquoi ? Parceque le marché du jeu vidéo et du dvd, ou de l'abonnement haut-débit est (encore) un marché raréfié (au sens anglosaxon de "scarce component"). Celui de la musique ne l'est plus tellement.

La déconcentration des exploitants n'a donc rien à avoir là dedans.
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Je ne vois pas du tout ce que la déconcentration des médias à avoir avec la non-raréfication du "produit". Les profits de la vente et de la distribution n'appartiennent plus aux mêmes mains, ok (et tant mieux). La galette est donc répartie en morceaux plus petits, ok. Mais le total des morceaux de la galette devrait rester le même , non ?


Bien sûr, et je dirais même que la galette augmente. Mais le modèle économique des majors est fondé sur le fait de réussir à avoir une énorme part de la galette (jusqu'à un tiers pour Universal), et s'ils y réussissent, c'est grâce à la rareté médiatique. Or cette rareté des médias, piratage ou non, disparaît. Et donc il devient très difficile pour les maisons de disques d'avoir une aussi grosse part du gateau. Si tu relis l'article, je ne dis pas que la musique n'a pas de valeur. Je dis que le modèle économique des majors est mort avec la mort de la rareté des médias. C'est très différent.

Tu ne peux absolument pas dire que le piratage n'est pas le facteur numero 1 de la non-raréfication du marché et donc de la chute de la "valeur " du-dit produit, puisque le "produit" est soudainement disponible à tout le monde et gratuitement, le marché n'est donc plus raréfié .


Ca n'est qu'une manifestation immédiate d'un processus beaucoup plus global qui va s'étendre sur des années et des années. C'est spectaculaire avec le piratage, mais le piratage n'est pas une cause, c'est une conséquence. C'est parce que la structure le permet que le piratage existe. Sans immatérialité, sans mise en réseau de tout et de tous, il n'y aurait pas de piratage à cette échelle. Mais sans le piratage, il y aurait toujours cette immatérialité et cette mise en réseau qui débouchera sur les effets de dé-raréfaction des médias.

Ce qui n'est pas raréfié perd immédiatement de sa valeur (attention, je parle d'un point de vue strictement économique, ce n'est pas un jugement moral !)


Tout à fait, si tu parles de valeur marchande qui nécessite un échange. D'où ma proposition d'une licence globale

Le déplacement des dépenses vers d'autres produits, ou la chute du pouvoir d'achat n'a rien à avoir non plus avoir la raréfication d'un marché. D'ailleurs , la baisse du pouvoir d'achat n'a pas empéché bizarrement l'explosion des ventes des jeux sur consoles, des abonnement haut-débit, ou des dvd..., elle a touché seulement la musique..


Les DVD baissent depuis 3 ans et les jeux-vidéo ont bénéficié du renouvellement des consoles. Et contrairement à la musique, les jeux vidéo sont encore très matérialisés, et quand ils ne le sont pas, les consoles sont suffisamment protégées pour créer une matérialité artificielle avec des DRM. C'est ce qu'avait tenté de faire l'industrie musicale sauf qu'elle a oublié qu'elle n'avait pas la main sur les outils de lecture de la musique, et que c'était donc impossible à imposer, contrairement aux éditeurs de jeux vidéo qui peuvent imposer les DRM via les constructeurs de consoles dont ils sont partenaires et avec lesquels ils partagent les mêmes intérêts.

La déconcentration des exploitants n'a donc rien à avoir là dedans.


Ca a tout à voir. Tout
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Et hop, on casse tout et on recommence


Avec l'illusion de croire que c'était mieux après? Mouais...

Avec la certitude d'essayer de faire changer les choses, c'est toujours mieux que de ne rien faire !



à‡a fait des siècles que "les choses changent", c'est la stabilité qui est rare.
On casse tout (les maisons de disques) et on recommence. Très bien. Et on fait quoi à la place ?
Plus de maison de disque, plus de disques, uniquement des artistes qui vendent ou mieux, distribuent gratuitement sur internet.
J'ai hâte de voir ça. Vous croyez que vous supporterez longtemps d'écouter un type qui gratte trois accords sur une guitare en plastique ?
Parce qu'il n'y aura bientôt plus que ça.
Vous avez idée de combien ça coûte d'acheter du matériel, d'enregistrer en studio, de faire une tournée ? Vous avez idée du nombre d'euros qu'un musicien peut perdre sur une tournée ? Mais une tournée qu'il fait quand même car c'est le seul moyen d'étendre un peu sa popularité (non, internet n'est pas un moyen).

Certains devraient se réveiller, franchement.

Comme dit Avidollars, bientôt, vous n'aurez plus rien à downloader.
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à‡a fait des siècles que "les choses changent", c'est la stabilité qui est rare.

Là, je suis d'accord et c'est avec la stabilité que l'on peut construite et aller de l'avant.

On casse tout (les maisons de disques) et on recommence. Très bien. Et on fait quoi à la place ?
Plus de maison de disque, plus de disques, uniquement des artistes qui vendent ou mieux, distribuent gratuitement sur internet.
J'ai hâte de voir ça. Vous croyez que vous supporterez longtemps d'écouter un type qui gratte trois accords sur une guitare en plastique ?
Parce qu'il n'y aura bientôt plus que ça.
Vous avez idée de combien ça coûte d'acheter du matériel, d'enregistrer en studio, de faire une tournée ? Vous avez idée du nombre d'euros qu'un musicien peut perdre sur une tournée ? Mais une tournée qu'il fait quand même car c'est le seul moyen d'étendre un peu sa popularité (non, internet n'est pas un moyen).

Certains devraient se réveiller, franchement.

Comme dit Avidollars, bientôt, vous n'aurez plus rien à downloader.
Quant un système ne fonctionne plus, il ne faut pas le conserver au titre de la stabilité.

Tous remettre en cause est peut être une solution et en regard de tous les dysfonctionnements du système actuel, je pense, oui, que repartir à zèro serait la solution.

Maintenant, je dis ça, je dis rien, ce n'est pas moi qui vait fermer ma boîte, ce n'est pas moi qui vait mettre des gens au chômage, ce n'est pas moi... etc... perso, en l'état actuel des choses, je ne compte pas remettre un sou dans cette industrie et ça, c'est encore mon droit !

Quant au téléchargement, c'est pô grave, pour tout te dire, je ne DL plus de musique depuis longtemps et pourtant le P2P me tend les bras. Seulement voilà, la musique telle qu'elle est conçue actuellement, ne m'intéresse peu ou plus.
[message édité par TotoRhino le 16/01/2008 à 18:47 ]
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Et hop, on casse tout et on recommence


Avec l'illusion de croire que c'était mieux après? Mouais...

Avec la certitude d'essayer de faire changer les choses, c'est toujours mieux que de ne rien faire !



à‡a fait des siècles que "les choses changent", c'est la stabilité qui est rare.
On casse tout (les maisons de disques) et on recommence. Très bien. Et on fait quoi à la place ?
Plus de maison de disque, plus de disques, uniquement des artistes qui vendent ou mieux, distribuent gratuitement sur internet.
J'ai hâte de voir ça. Vous croyez que vous supporterez longtemps d'écouter un type qui gratte trois accords sur une guitare en plastique ?
Parce qu'il n'y aura bientôt plus que ça.
Vous avez idée de combien ça coûte d'acheter du matériel, d'enregistrer en studio, de faire une tournée ? Vous avez idée du nombre d'euros qu'un musicien peut perdre sur une tournée ? Mais une tournée qu'il fait quand même car c'est le seul moyen d'étendre un peu sa popularité (non, internet n'est pas un moyen).

Certains devraient se réveiller, franchement.

Comme dit Avidollars, bientôt, vous n'aurez plus rien à downloader.


Bien sûr la musique a un prix. Comme chaque passion qui nécessite un minimum d'investissement matériel. Ce qui reste pour l'instant plus difficile à rentabiliser dans cette période de mutation économique, c'est le CD. Mais la production d'un CD ne se résume pas au seul coût de studio. C'est aussi le pressage, la distrib, la promo, et tout ce qui va avec. Une baisse des revenus - puisque moins d'argent est distribué entre plus d'artistes - signifie donc la nécessité de trouver des moyens moins coûteux, en espérant que leur efficacité ne s'évapore pas pour autant. C'est la promesse d'Internet. Et c'est ce qui met en branle la production discographique telle qu'elle fonctionne aujourd'hui.

Pour ce qui relève du budget de production, je pense que tu fais un peu trop facilement le lien avec la qualité de la musique. Moins d'artistes pour se payer un studio donc une production plus médiocre ? Je pense que tout le monde ici a en tête des exemples d'artistes extraordinaires qui ont émergé avec des bouts de ficelle. Je ne parle même pas des albums enregistrés maison qui ont fait un carton sans que personne ne se doute des conditions d'enregistrement. En fait, les budgets de prod ne varient pas tant que ça, sauf par rapport à l'esthétique musicale. Ce qui est varie beaucoup plus, ce sont les budgets marketing et ce sont ces derniers qui me paraissent bien plus menacés. Je ne sais plus combien il prenait de place dans le dernier album de Madonna, mais c'était quelque chose d'effrayant. Et ça, les majors ne peuvent plus se le permettre.

Et puis, les progrès informatiques apportent, dans une certaine mesure, un léger contrepoids à la baisse de l'argent disponible pour la prod. Contrairement à une époque, il n'est plus nécessaire pour l'artiste de passer dans un coûteux studio pour enregistrer quelque chose de qualité. Après, je ne dis pas qu'il faille se réjouir du fait qu'il devient plus difficile pour l'artiste - du fait du déclin des labels - de se faire financer son oeuvre. Mais poser comme conséquence un déclin de la qualité est à mon avis une fausse idée. Elle est tributaire de ce cliché qui veut que l'autoproduction soit de moins bonne qualité que la production par un label. C'est complètement faux. Ce qui change, c'est seulement la personne qui met l'argent sur la table.
[message édité par Cédric L. le 16/01/2008 à 19:08 ]
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...Je pense que tout le monde ici a en tête des exemples d'artistes extraordinaires qui ont émergé avec des bouts de ficelle. Je ne parle même pas des albums enregistrés maison qui ont fait un carton sans que personne ne se doute des conditions d'enregistrement. En fait, les budgets de prod ne varient pas tant que ça, sauf par rapport à l'esthétique musicale...


Certes, le budget de production n'a pas grand-chose à avoir avec la qualité artistique finale.
Mais la perte d'un apport de financement (par le biais de certaines maisons de disques), chose qui est en train de s'installer , et l'obligation future de s'autofinancer pour les artistes va entrainer un effet non-prévu : l'appauvrissement de la variété des esthétiques disponibles.

Je m'explique:
Je crois que le fait d'être obligé de se financer soi-meme avec peu de resources va entrainer une certaine uniformisation de la musique.
Je prends deux exemples que tout le monde doit connaitre: The White Stripes (icky thump), et Pink Floyd (the wall , ou n'importe quel autre album)
Peut importe si on aime ou pas (moi j'aime pas les white stripes), mais ils sont deux représentants de 2 esthétiques différentes et opoosées, et tout aussi intéressantes l'une que l'autre.

L'album des White Stripes représente une esthétique minimaliste, brute, directe , energique, plus "in your face", un peu sale, un peu trash. L'instrumentation dans l'ensemble est constitué juste d'une guitare, d'une batterie, et la voix. Le disque aurait (et a probablement été) pu être enregistré dans la salle de bain du groupe pour une centaine d'euros.
Danc ce cas ci, pour représenter le "message" esthetique du groupe, le coté minimaliste , simple et peu couteux de l'enregistrement est parfaitement en adéquation avec ce qu'ils ont à exprimer. Il correspond donc à l'esthétique "Low-Fi"

"The wall" des Pink Floyd, est un tout autre type d'esthétique . Il est maximaliste, chargé (mais avec gout), moins direct, plus spacieux, plus planant, plus épique, plus sculpté, moins "in your face". L'instrumentation est lourde, fait appel a un orchestre symphonique, à des dizaines d'instruments qui jouent simultanément des sonorités complexes.
Le disque à surement couté une fortune, à nécessité un équipement très cher et beaucoup de temps pour obtenir cette esthétique "Hi-Fi".
Dans ce cas ci, la production chargée et couteuse était nécessaire pour exprimer le coté expansif, spacieux, épique, donc le "message" esthétique de Pink Floyd.

Le "message" du disque des White stripes n'aurait aucun sens s'il avait été produit de manière maximaliste et subtile comme "The Wall", et ce dernier n'aurait aucun sens s'il était produit de manière minimaliste et brute comme les white stripes.

Or , avec la disparition de sources de financement, l'esthétique White Stripes ne sera plus un choix, mais une obligation . Une uniformisation des esthétiques est un appauvrissement.

Au cinéma c'est pareil. "Dogville" de Lars von Triers et "Apocalypse Now" de Coppola sont a mon avis deux films géniaux, avec deux esthétiques radicalement opposées. "Dogville" est tourné avec une DV (la sony VX100) qui coute 2000euros. Les decors sont représentés par des lignes au sol, dans un plateau vide ! A part pour le salaire de Nicole Kidman, le film pourrait etre tourné pour le prix d'un gros ordi.
"Apocalypse Now" c'est l'extreme inverse; Camera 70mm, decors de fou, une tonne de figurants et de pyrotechnique, donc budget collossal. On ne finance pas un truc comme ça avec de l'argent de poche.
Moi je veux voir les 2 genres de films. Je n'aimerais pas que la seule esthétique disponible soit celle de Dogville, parceque les réalisateurs n'auraient plus le choix. Pareil pour la musique, je n'ai pas envie que d'un son trash et minimaliste toute la journée.

De plus je suis d'accord avec toi sur le fait que les labels communaitaires ne donneront que des musiques prévisibles. Le coté prise de risque n'y est pas.
Pour reprendre une citation de Goethe (je crois): "L'artiste n'est pas là pour donner au public ce qu'il aime, mais pour lui donner ce qu'il ne sait pas encore qu'il va aimer"
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Il ne faut pas trop rêver. Si les majors se cassaient la gueule, on recommencerait certes depuis le début, avec des dizaines ou centaines de petites maisons de disques émergentes, qui à terme soit fusionneraient, se boufferaient mutuellement ou feraient faillite, pour se retrouver dans la même situation qu'actuellement: trois ou quatre majors.
Des artistes qui se sont fait connaître avec des productions "bouts de ficelles" il y a en des tonnes, oui. Des artistes, qui, une fois connus, on continué avec les bouts de ficelles, il y en a déjà beaucoup moins...
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1758 messages publiés
Bien sûr, "avec des bouts de ficelle", c'est une image. Ce que je voulais dire, c'est qu'une très grande majorité d'artistes (sauf le cas des orchestres peut être) sont tout à fait capables de se produire eux mêmes. Des plus petits à Radiohead. Un budget de prod n'a que peu de corrélation avec la renommée du groupe, même si les plus connus auront bien entendu de plus grandes exigences . On voit souvent les maisons de disque comme indispensables à la production, or elles ne le sont pas, ou plus. La production est un investissement qui peut aujourd'hui être supporté par le groupe au même titre que l'achat d'instruments et de matériel. La différence, c'est que les maisons de disque étaient jusque là celles qui avaient pour but de faire fructifier cette production, qu'elles la financent ou non. Or, cette fructification devient de moins en moins fructifiante et les maisons de disque perdent de leur intérêt. Une maison de disque n'est pas un mécène, c'est un multiplicateur de disque. Considérer que la disparaison des maisons de disque entraînera la baisse de la production, ou sa perte en qualité, c'est un peu comme si on disait que les artistes n'achèteraient plus d'instruments. Je le répète, un artiste, dans la majorité des cas, peut se produire seul. Lorsque je bossais en maison de disque, je recevais une quantité incroyable de maquettes autoproduites avec une qualité qui n'avait rien à envier de ce qui sort sur le marché. Ce dont il est en revanche moins capable, c'est d'entretenir un réseau presse, gérer la distribution de son disque, et tout ce qui faisait le travail des labels. Mais avec Internet, ce travail leur rapporte moins.

Donc trois solutions :
- Elles réduisent leurs moyens (à l'image d'EMI) car elles ne peuvent plus espérer les mêmes bénéfices qu'avant. Mais une industrie qui régresse, c'est loin d'être un bon signe pour sa survie.
- Deuxième solution qui peut lui être complémentaire : elles trouvent d'autres façons de faire fructifier leur boulot.
- Troisième solution : on arrive à une situation d'auto-production massive. Cela ne voudra pas alors dire que ne sortent que des albums de piètre qualité, mais plutôt que les capacités d'exposition des artistes émergents seront largement dépendantes de leur intelligence, de la réaction du public, et des nouveaux industriels qui tireront profit de cette situation. Tant mieux diront certains ? Pas certain. Déjà parce qu'un bon artiste n'est pas forcément un bon vendeur et vis-versa. Mais aussi car la "démocratie d'écoute" a ses effets pervers. On le voit avec les labels communautaires, seules les choses les plus consensuelles sortent la tête de l'eau. En fait cette troisième solution ne ferait pas disparaître les industriels de la musique. Elle leur ferait juste changer de visage. Les majors s'éclipseraient au profit d'autres acteurs comme MySpace, etc. C'est d'ailleurs déjà ce qui est en train d'arriver, et c'est ce que montre l'article de Guillaume. Une industrie est en train de disparaître, celle qui avait pour but de multiplier du disque. Evidemment, la musique ne disparaîtra pas pour autant. Elle vivra sans, et de nouveaux acteurs avec d'autres mécaniques que celle des majors viendront les remplacer. Maintenant, je ne me réjouirais pas trop vite de la mort de l'industrie du disque car rien n'indique que celle qui la remplacerait dans cette dernière solution serait plus "louable".
[message édité par Cédric L. le 16/01/2008 à 23:35 ]
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77 messages publiés
Purée les chiffres sur les diffusions des radios...je savais que c'etait grave masi a ce point la WOW !
Je n'ai que deux choses a dire: www.purefm.be et pour les parisiens : www.lemouv.fr
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25 messages publiés
article fabuleux kad.
En réponse à AvidaDollars dont les propos sont structurés et très bien argumentés je pose une question :
est il normal que ce soit les maison de disques qui se soit enrichies pendant des années au lieu des artistes ?
le situation est certes caricaturale mais réelle, et je trouve qu'avoir des canaux de diffusion différents est un très bon point.
ayant joué dans un groupe dans des pubs la rémunération pour ce genre de spectacle varie entre 150 et 200€ la soirée.
pour 2heures 30 de prestation.
et honnêtement on etait loin des 2be3 qualitativement parlant (mais au moins on faisait du rock).
Alors en voyant des petits groupes talentueux qui tournait bien (4 fois par semaine) et qui drainaient un paquet de fans ... ils négociait leur soirée en moyenne 450€(avec participation sur les ventes de boissons).
petit calcul 450*4=1800 euro la semaine.
soit pour chacun 1800 euros par moi.
Alors certes non déclaré, sans secu etc ...
Mais on parle de petits groupes dans un pub !!!!
Il est certain que la dernière tournée de U2 avait par exemple un budget pharaonique et que les prochaines seront plus light moins tape a l œil, mais peut être plus "musicale".
tout ca pour dire que peut être que les artistes vont devoir mener moins grande vie, leur salaire va se rapprocher des médecins urgentistes qui sauvent tous les jours des vies ....
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275 messages publiés
...est il normal que ce soit les maison de disques qui se soit enrichies pendant des années au lieu des artistes ?...

Non, ce n'est absolument pas normal que les maisons de disques se soient enrichies pendant des années au lieu des artistes.

Le système était injuste depuis le départ. Il l'est resté, et s'est transformé en norme. Une norme jamais (ou peu) remise en question jusqu'à récemment. Les marges gigantesques des majors n'ont pas profités aux artistes, et se sont répercutées sur le consommateur en plus. Du coup, le consommateur n'achète plus ou pirate, ce qui profite encore moins aux artistes etc... Effet de boucle paradoxal.

Certes depuis déja très longtemps pas mal d'artistes ont essayé de s'autoproduire et s'autodiffuser,avec plus ou moins de succès. Leur principal obstacle étant la distribution physique du cd/cassette/vinyl, et la promo filtrée et controlée par les radios/MTV/télé. Deux obstacles en train d'etre levé par Internet.

le situation est certes caricaturale mais réelle, et je trouve qu'avoir des canaux de diffusion différents est un très bon point.


Bien sur, encore faut-il voir qui profite réellement de ces nouveaux canaux de diffusions !!!

On s'emballe très vite sur tout ce qui est nouveau. Or moi je vois beaucoup de nouveaux canaux de diffusions essayer tout simplement de récuperer le même pouvoir inégalitaire ( et les mêmes attitudes exploitatrices) qu'avaient les Majors avant ...
Dans ce cas on n'aura fait qu'un transfert de pouvoir , de Universal vers un site XY... est-ce mieux ?
Comme en plus ces nouveaux "diffuseurs" témoignent automatiquement d'un capital sympathie du public du fait de leur nouveauté, ou de leur coté (en apparence) anti-Major, ils sont souvent portés au nues, sans qu'on questionne réellement leur difference...

Si on prend un exemple extrème , il n'y a pour moi strictement AUCUNE différence entre Universal et "The Pirate Bay" ou "AlloF Mp3". AUCUNE.
Au moins Universal entube tout le monde au grand jour. Les autres le font hypocritement en profitant de la sympathie d'un public peu-éclairé.
Inscrit le 19/01/2006
31 messages publiés
La vente de la musique enregistrée est morte. La musique, elle, restera toujours vivante. Mais au 21ème siècle, vivre de la création musicale devrait être aussi rare, difficile et privilégié que pendant tous les siècles qui ont précédé le 20ème. Et ceux qui en vivront gagneront probablement des fortunes bien moindres que ces méga-stars des années 1980..

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Beaucoup d'excellentes remarques de AvidaDollars, j'en rajouterai trois :

Précisément, si l'audience des radios est aussi concentrée alors qu'il y a près de 1000 fréquences, c'est probablement que le public est grégaire. Personne ne vous oblige à écouter NRJ ou RTL, et sur le net, tous vont sur DailyMotion et Youtube... MySpace et FaceBook, etc...

Sur la conclusion : au contraire, Ceux qui vivront de la musique gagneront bien plus, on va assister à la concentration du paysage, moins d'élus qui gagneront plus, et beaucoup de pauvres, qui seront prêts à payer pour se faire connaître. La crise du disque ne touchera pas les plus riches !

Il y a eu dans le courant du XXème sicècle une classe moyenne, qui pouvait vivre honnêtement de son métier, c'est elle qui va souffrir en premier. Or, en général, on juge le développement d'un pays à cette capacité qu'il a de faire vivre une classe moyenne. Inutile de dire qu'il y a, pour les artistes, un risque de régression. Il va falloir inventer des solutions.

Un dernier mot, la concentration n'est pas l'apanage des majors ou des radios. Les Bach, Mozart ou Beethoven dont vous parlez existaient bien avant. Or c'est leur nom qui reste, pas ceux des milliers de petits compositeurs qui n'ont pour certains même pas pu faire interpréter leurs oeuvres par des orchestres, pour d'autre qui ont été oubliés.
Inscrit le 13/08/2002
22645 messages publiés
Précisément, si l'audience des radios est aussi concentrée alors qu'il y a près de 1000 fréquences, c'est probablement que le public est grégaire. Personne ne vous oblige à écouter NRJ ou RTL, et sur le net, tous vont sur DailyMotion et Youtube... MySpace et FaceBook, etc...


C'est totalement vrai, mais il y a une énorme différence entre la situation des radios et celles des nouveaux médias. A la radio, si on écoute une station un peu obscur et locale, les chances sont grandes d'avoir l'impression d'être un peu le seul dans son coin à écouter cette radio. L'homme étant ce qu'il est, c'est un sentiment qui est angoissant, et qui fait fuir la plupart. Avec Internet, les hommes qui écoutent ces "radios" peuvent se réunir sur des lieux virtuels communs (forums, groupes sur Last.fm,...) et se sentir être en groupes, et retrouver ce confort de l'animal grégaire. On se fout de connaître Jean-Jacques Goldman comme le voisin si on connaît 50 personnes qui connaissent le groupe que personne ne connaît dans notre voisinage. Ca n'est plus angoissant.

Sur la conclusion : au contraire, Ceux qui vivront de la musique gagneront bien plus, on va assister à la concentration du paysage, moins d'élus qui gagneront plus, et beaucoup de pauvres, qui seront prêts à payer pour se faire connaître. La crise du disque ne touchera pas les plus riches !


Je ne vois pas ce qui permet de penser ça.

Il y a eu dans le courant du XXème sicècle une classe moyenne, qui pouvait vivre honnêtement de son métier, c'est elle qui va souffrir en premier. Or, en général, on juge le développement d'un pays à cette capacité qu'il a de faire vivre une classe moyenne. Inutile de dire qu'il y a, pour les artistes, un risque de régression. Il va falloir inventer des solutions.


La licence globale ?
Un dernier mot, la concentration n'est pas l'apanage des majors ou des radios. Les Bach, Mozart ou Beethoven dont vous parlez existaient bien avant. Or c'est leur nom qui reste, pas ceux des milliers de petits compositeurs qui n'ont pour certains même pas pu faire interpréter leurs oeuvres par des orchestres, pour d'autre qui ont été oubliés.


Même remarque que ci-dessus.
Inscrit le 19/01/2006
31 messages publiés
Sur la conclusion : au contraire, Ceux qui vivront de la musique gagneront bien plus, on va assister à la concentration du paysage, moins d'élus qui gagneront plus, et beaucoup de pauvres, qui seront prêts à payer pour se faire connaître. La crise du disque ne touchera pas les plus riches !


Je ne vois pas ce qui permet de penser ça.


L'émergence de nouvelle majors, à l'image de Live Nation, qui signent des contrats à plus de $100M avec des artistes comme Madonna.
L'investissement de grandes marques comme Coca ou Orange, qui se fait sur des artistes délà connus, déjà développés, déjà riches ! Le jour où on paie la notoriété et pas la qualité musicale, on restreint le nombre d'élus mais on les paye plus cher. (qu'ils soient musiciens ou footballeurs c'est pareil).
On voit aussi, dans les grands festivals de musique, que les stars demandent des cachets d'autant plus importants qu'elles ne vendent plus autant de disques, ce qui conduit les programmateurs à payer beaucoup moins les artistes en développement.

A la radio, si on écoute une station un peu obscur et locale, les chances sont grandes d'avoir l'impression d'être un peu le seul dans son coin à écouter cette radio. L'homme étant ce qu'il est, c'est un sentiment qui est angoissant, et qui fait fuir la plupart. Avec Internet, les hommes qui écoutent ces "radios" peuvent se réunir sur des lieux virtuels communs (forums, groupes sur Last.fm,...)


J'ai bien connu les radios pirates, je suis tombé dedans quand j'étais petit. Je peux te dire qu'à l'époque, comme tu l'écris, on se réunissait dans les lieux bien réels, les auditeurs étaient investis dans les programmes, ils venaient avec leurs disques, on a même échangé des logiciels de ZX81 via la FM... la seule chose qui change, c'est que les limites géographiques ont sauté, mais le public lui, ne change pas, il reste assez grégaire, sinon, tout le monde n'utiliserait pas Microsoft, Google, eBay et consort....

Tu parles de gens "ouverts", de gens qui sont prêts à faire un effort de découverte, ils ont toujours existé. Est-ce qu'Internet va changer l'humanité ? Rendre tout le monde curieux ? Je n'en suis pas sûr, même si je le souhaite, comme toi.

La licence globale ?


Dans les termes dans lesquels elle est proposée, elle ne me semble pas une bonne solution. Le licence globale qui permet d'autoriser certaines IP à échanger de la musique et pas d'autres me semble un peu désuète, surtout si le prix est fixé par décret et les sommes reversées à des SPRD dont on ne comprend pas toujours la logique des critères de redistribution.
Il faut inventer un truc un peu moins bourrin, un système évolutif qui s'adapte aux usages, aux artistes et aux auteurs, aux publics, à l'Europe, à l'évolution des technologies etc. Qu'il y a une redevance sur les FAI, ça semble tout à fait probable. D'ailleurs, la bande passante et les produits bruns se verront de plus en plus taxés, comme l'a été l'automobile au siècle dernier...
Le problème, c'est comment utiliser cet argent ?
Inscrit le 15/08/2009
2 messages publiés
quand on pense à la richesses des possibilité d'autoproduction d'aujourd'hui, en investissant simplement 1000€ dans un home studio on peut produire des choses bien mieux que les immondices pondues par les boites de prod françaises (ULM TV pour ne pas les citer qui possède un back catalog relativement immonde).
créez par vous mème.
félicitation pour l'article, c'est ce que j'attende lire depuis bien longtemps.
Inscrit le 15/08/2009
2 messages publiés
quand on pense à la richesses des possibilité d'autoproduction d'aujourd'hui, en investissant simplement 1000€ dans un home studio on peut produire des choses bien mieux que les immondices pondues par les boites de prod françaises (ULM TV pour ne pas les citer qui possède un back catalog relativement immonde).
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félicitation pour l'article, c'est ce que j'attende lire depuis bien longtemps.
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