Le gouvernement a tranché : la redevance audiovisuelle progressera d'un euro en 2016. Par ailleurs, la taxe sur les opérateurs sera aussi augmentée. L'extension de l'assiette aux autres écrans et le retour de la publicité après 20h n'ont pas été retenus.

Fin du suspense pour la redevance audiovisuelle, après plusieurs semaines de valse-hésitation qui ont mis en évidence les oppositions au sein du gouvernement. Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, la ministre de la culture Fleur Pellerin a présenté les mesures qui seront finalement appliquées l'année prochaine pour soutenir les finances de l'audiovisuel public. Deux leviers seront activés.

Tout d'abord, le montant de la redevance TV va augmenter d'un euro en 2016. Il passera à 137 euros en France métropolitaine et à 87 euros pour les départements d'outre-mer. D'après la ministre, cette hausse ne vise qu'à suivre l'inflation. "C'est la plus faible augmentation depuis 2008", dit-t-elle, sans toutefois préciser que c'est son gouvernement qui est à l'origine des majorations les plus fortes.

Sous la présidence de François Hollande, la redevance a en effet déjà pris 11 euros de plus : 6 euros en 2013, 2 euros en 2014 et 3 euros cette année.

Ensuite, l'exécutif prévoit d'accroître la contribution que versent les fournisseurs d'accès à Internet à travers la taxe des télécoms, dite taxe Copé.

"Nous augmenterons à la marge la taxe que paient les opérateurs d’accès à Internet, qui passera de 0,9 % de leur chiffre d’affaires à 1,2 %", indique Fleur Pellerin, qui est persuadée que la hausse sera encaissée par les opérateurs et non pas par leurs abonnés. Son explication ? "La concurrence sur les prix est forte dans ce secteur et les Français changent facilement d'opérateur".

DÉPIT DES FAI…ET DE FRANCE TÉLÉVISIONS

C'est un vœu pieux. Sollicité par La Tribune, un responsable chez Free a déclaré qu'il "est naïf de penser que ce nouvel impôt ne sera pas in fine payé par le consommateur". Pour sa part, le PDG d'Orange, Stéphane Richard, considère que cette hausse va nuire au niveau d'investissement des opérateurs en France pour déployer le très haut débit.

De son côté, la directrice de France Télévisions ne cache pas non plus sa déception. Alors qu'elle espérait plutôt une extension de l'assiette de la redevance audiovisuelle aux autres écrans ou alors un retour de la publicité sur les chaînes publiques après 20 heures, deux pistes qui ont finalement été écartées, Delphine Ernotte devra se contenter de mesures qu'elle juge dérisoires.

Cela étant, Fleur Pellerin a laissé entendre que la perspective d'une taxe au niveau des ordinateurs, des tablettes et des smartphones pourrait bien refaire son apparition un jour ou l'autre. C'est en effet un vieux  serpent de mer. "Il faudra s’interroger dans le futur sur une réforme plus globale, adaptée à ces nouveaux usages", a-t-elle expliqué. La suite au prochain épisode ?

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