Face au phénomène du revenge porn, Google annonce l'arrivée d'un formulaire qui permettra aux victimes de demander le déréférencement de photos et de vidéos intimes. Si les contenus ne seront pas supprimés du web (ils demeureront sur les sites qui les hébergent), ils n'apparaitront plus dans le moteur de recherche américain.

Google passe à l'offensive contre le "revenge porn". Dans les prochaines semaines, le moteur de recherche américain mettra en place un formulaire de contact pour venir en aide les victimes de ce genre d'abus. Celui-ci leur permettra de demander le déréférencement de certains fichiers circulant sur la toile, comme des photos et des vidéos, afin qu'ils ne puissent plus être aisément consultés.

L'annonce de la firme de Mountain View survient alors que les cas de "revenge porn" tendent à augmenter. Cette expression désigne l'acte de publier sur Internet des contenus intimes d'une personne sans son accord, en général pour se venger d'une rupture amoureuse ou d'un adultère. Bien que méprisable, le "revenge porn" connaît un succès relatif, avec l'existence de quelques sites spécialisés.

Mais bien que volontaire pour aider les victimes du revenge porn, Google admet que sa marge de manoeuvre est limitée. En effet, le groupe n'est pas en mesure d'obtenir la suppression des fichiers sur les serveurs qui les hébergent, alors qu'il s'agit pourtant de la solution la plus efficace. Il ne peut que faire du "damage control", en nettoyant son moteur de recherche.

Autrement dit, tout ce que peut faire Google, c'est de cacher sous le tapis les vidéos et les photos qui posent problème. Pour obtenir définitivement leur retrait d'un site, les victimes devront alors se tourner vers l'hébergeur, éventuellement en passant par la case de la justice.

Google n'est pas le seul service en ligne à avoir pris la mesure du problème que constitue le revenge porn. Ce printemps, Twitter a mis à jour ses conditions d'utilisation pour ajouter une règle interdisant la diffusion de ces contenus. Sa violation entraînera la suppression des fichiers incriminés ainsi que la fermeture du compte qui a permis de les diffuser.

Le revenge porn a conduit certains États dans le monde à revoir leur législation afin de punir beaucoup plus fortement ceux qui se livrent à de tels abus. C'est le cas des USA par exemple. En France, le code pénal, avec son article 226-1, offre déjà des outils juridiques (jusqu'à un an de prison et 45 000 euros d'amende) pour combattre certaines atteintes à sa vie privée.

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