La justice américaine a condamné le journaliste-hacker Barrett Brown à 63 mois de prison, pour sa participation à la divulgation d'informations confidentielles du cabinet de renseignement privé Stratfor, mais aussi et surtout pour avoir menacé un agent du FBI qui enquêtait sur lui.

La juste américaine a condamné jeudi l'activiste Barrett Brown, mi-journaliste et mi-hacker très proche du mouvement Anonymous, à 63 mois de prison. Il a déjà effectué sa peine pour moitié depuis sa mise en détention provisoire. Il devra également payer 890 000 dollars de dommages et intérêts.

Publié dans des journaux prestigieux comme le Guardian ou Vanity Fair, Brown avait d'abord participé activement en 2011 à la publication et à l'analyse de documents piratés sur les serveurs de HBGary, une firme privée de sécurité qui devait aider le FBI à identifier des Anonymous. Sans être lui-même à l'origine du piratage, il avait mis en place un système de crowdsourcing pour que les internautes puissent aider à analyser la grande quantité d'informations obtenues chez HBGary.

Il avait ensuite réalisé le même système sur une cible beaucoup plus sensible, Startfor, un cabinet privé de renseignement et de stratégie de défense, . Des millions d'e-mails confidentiels avaient été publiés avec son aide, qui contenaient des informations très embarrassantes pour Stratfor et ses clients (dont Lockheed Martin, Dow Chemical, Coca Cola, Goldman Sachs…), mais aussi des dizaines de milliers de numéros de carte bancaire avec leur code de sécurité.

SURTOUT CONDAMNÉ POUR SA RÉACTION VIOLENTE

Mais c'est en septembre 2012 qu'il fut arrêté en pleine visioconférence, après la publication d'une vidéo sur YouTube dans laquelle il menaçait très explicitement de s'en prendre à un agent du FBI. La vidéo s'appelait "pourquoi je vais détruire l'agent spécial Robert Smith", et expliquait qu'il faisait l'objet d'un harcèlement de la part de cet agent, et que sa propre mère avait été mise sous surveillance. Lors de son procès, il a dit regretter cette vidéo.

Au final, plusieurs charges ont été abandonnées, en particulier celles qui lui reprochaient de simples liens hypertextes. Barrett Brown a négocié un accord avec le bureau du procureur et plaidé coupable sur trois chefs d'accusation : complicité dans l'accès non autorisé aux serveurs de Stratfor, entrave à la justice avec la dissimulation d'un ordinateur portable au moment d'une perquisition, et menace contre un agent du FBI.

Le piratage de Startfor, qu'il n'a pas réalisé lui-même mais qui a déclenché toute l'affaire, ne pèse que 15 mois dans la peine totale de 63 mois de prison. Le plus gros de la peine est due aux menaces contre l'agent fédéral. Comme le résume l'EFF, "les accusations pénales substantielles qui ont apporté la force du système judiciaire fédéral sur Brown se sont révélées moins sérieuses que les charges basées sur la réaction de Brown à l'enquête".

L'association fait le parallèle avec Aaron Swartz, cet activiste qui s'est donné la mort après les poursuites dont il a fait l'objet, et qui est désormais devenu un véritable martyr de la liberté d'informer.

En 2013, le hacker Jeremy Hammond qui avait participé activement au piratage des serveurs de Starfor avait été condamné à 10 ans de prison.

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