Pas question de baisser la tête. Fière et révoltée, la présidente de la Hadopi Marie-Françoise Marais a montré les crocs mardi matin, en se montrant déterminée à continuer à faire fonctionner l'institution. Même si le budget n'est pas corrigé à la hausse, l'Hadopi continuera de fonctionner à régime réduit, avec les mêmes objectifs.

Comme le veut l'exercice annuel, la présidente de l'Hadopi, Marie-Françoise Marais, avait rendez-vous mardi matin avec la presse pour faire le bilan de l'année de la Haute Autorité. Mais c'est surtout sur l'avenir que la magistrate s'est attardée, avec détermination, pour défendre l'existence d'une autorité administrative dont le fonctionnement est menacé par des crédits en baisse.

En apportant son satisfecit à l'amendement parlementaire (loin d'être voté) qui prévoit une rallonge de 1,5 millions, Mme Marais a rappelé qu'avec les 6 millions d'euros de dotation prévus pour 2015, l'Hadopi devra réduire ses effectifs et que l'ensemble des missions de la Haute Autorité seront affectés. "Je demande qu'on respecte la loi et qu'on respecte notre indépendance en nous donnant les moyens adéquats", a-t-elle insisté, en espérant que l'Hadopi ne soit pas "vidée de son sens par une asphyxie budgétaire".

Le cas échéant, pas question de privilégier la riposte graduée, comme le voudraient le gouvernement et les ayants droits. La présidente a même prévenu qu'elle comptait bien poursuivre le chantier inattendu de la défense des exceptions au droits d'auteur entamé par une récente décision sur la copie privée des émissions TV.

A l'année prochaine

"Le Collège de l'Hadopi a la responsabilité de garantir l'effectivité de six exceptions, notamment l'exception de copie privée, et en 2015, je souhaite que l'Hadopi maintienne ce cap et s'empare des nombreux enjeux relatifs aux mesures techniques de protection", c'est-à-dire aux DRM, a-t-elle prévenu.

Marie-Françoise Marais a aussi saisi l'occasion du bilan annuel pour dresser des louanges à Eric Walter, son secrétaire général attaqué par les ayants droit pour son indiscipline aux exigences des lobbys, notamment pour son travail sur une éventuelle légalisation du partage entre particuliers. "Eric Walter est un modèle de haut fonctionnaire public comme on en rencontre peu dans une carrière. Je le dis très simplement : nous avons besoin d'Eric Walter".

Néanmoins, la Haute Autorité entend bien aussi étendre son action contre le piratage, en particulier contre les sites de streaming et de téléchargement direct, qui seront une priorité de l'Hadopi l'an prochain.

Quoi qu'il en soit, Marie-Françoise Marais n'imagine pas une minute que l'Hadopi sera supprimée d'ici la fin du mandat de François Hollande, qui l'avait pourtant promis.

"Avec un sentiment de révolte, mais aussi et surtout avec une détermination intacte, je vous dis au boulot, et à l'année prochaine !", a-t-elle conclu.

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