Faut-il signer un contrat avant de faire l'amour, pour s'assurer du consentement de l'autre ? Si vous le pensez, il y a une application pour ça.

Il est samedi soir, ou plus près de dimanche matin, lorsque les amis qui vous avaient invité à les rejoindre dans un bar puis en boîte de nuit finissent enfin par rentrer par eux. La charmante demoiselle avec laquelle vous avez discuté et dansé toute la nuit accepte alors de venir écouter votre collection de disques dont vous avez parlé toute la soirée en riant. En buvant. Elle est amusante, cultivée, séduisante. Très fortement désirable. Fatalement, arrive alors l'instant où assis côte à côte sur le canapé, l'un se rapproche de l'autre et brise ce qui n'était déjà plus un suspense depuis longtemps. Les corps se dénudent.

Mais vous vous arrachez alors du fauteuil en cuir, sortez précipitamment votre téléphone portable de la poche du jean négligemment balancé sur le dossier d'une chaise. Vous le lui donnez, mi-inquiet, mi-excité. "Sommes-nous bien d'accord pour faire l'amour", demande le message affiché à l'écran.

Ce scénario qui contractualise la sexualité est exactement celui qu'imaginent les concepteurs de Good2Go, une application pour iOS et Android censée permettre aux amants de se prémunir de toute accusation post-coïtale de viol ou d'agression sexuelle. L'appli qu'il faut confier à son partenaire demande de confirmer que la relation sexuelle que les deux s'apprêtent à avoir est bien consentie, et non forcée. Trois choix s'offrent au sondé : "Non merci", "Oui, mais… il faut que nous parlions d'abord", et "On peut y aller" :

Si jamais le partenaire accepte la relation sexuelle, Good2Go demande au partenaire de préciser son état de sobriété. S'il déclare qu'il est très alcoolisé, le consentement est jugé nul, et l'application prévient l'autre qu'il faut s'abstenir. Sinon, Good2Go demande de confirmer l'authenticité du consentement en saisissant un identifiant et un mot de passe qui auront été créés préalablement, ou en confirmant un code envoyé par SMS. Un texto peut aussi être envoyé en rappel à celui ou celle qui a dit non.

L'idée sordide est de pouvoir fournir aux autorités une preuve de consentement ou d'absence de consentement si jamais une accusation de viol venait à suivre la relation sexuelle. C'est comme si chaque partenaire remplissait d'abord un contrat avant de se mettre au lit.

Mais il serait plus sordide encore de la part des autorités de donner le moindre crédit à une telle application. Ce n'est pas parce qu'un consentement de principe est donné au fait de faire l'amour que l'amant peut ensuite donner corps à tous ses fantasmes, sans limites. En matière de sexe, le consentement est quelque chose qui est accordé tout au long de l'acte, mais qui doit pouvoir être rétracté à tout moment. Et malheureusement, il n'y a pas encore d'application pour ça.

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