Microsoft a nommé Jean Gonié directeur mondial pour la vie privée dans le secteur public, un poste où le Français aura la charge de défendre les intérêts de la firme de Redmond auprès des administrations.

La nomination ne semble pas encore avoir été officialisée, mais elle est bien visible sur le CV en ligne de Jean Gonié. Jusque là directeur de la politique de protection de la vie privée pour Microsoft en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique, cet ancien assistant parlementaire et ancien conseiller de la CNIL a été nommé à la tête d'une nouvelle direction de Microsoft chargée d'aborder les questions de vie privée dans le secteur public, c'est-à-dire auprès des administrations.

Soucieux de faire valoir ses positions et de vendre ses solutions auprès des décideurs publics, Microsoft avait en effet créé une division intitulée "Public Sector", elle-même composée de plusieurs entités spécialisées. On comptait ainsi des sections dédiées à la santé, à l'éducation, à la sécurité nationale, au développement des villes, et à l'administration. Mais rien, jusqu'à présent, pour les questions devenues centrales de protection de la vie privée.

C'est ce vide que le Français Jean Gonié aura la responsabilité de combler, alors que l'Américain Brendon Lynch reste le directeur opérationnel des politiques de vie privée de Microsoft — avec des progrès notables mais toujours contestés affichés depuis les révélations de Snowden. Le nouveau slogan de Microsoft, selon qui "votre vie privée est notre priorité", a été beaucoup moqué. Il reste à la firme de Redmond beaucoup à faire pour mettre ses déclarations en accord avec ses actions, notamment de lobbying. Microsoft fait par exemple partie des firmes qui défendent le droit de stocker des données sensibles d'Européens aux Etats-Unis, malgré la NSA et les collaborations réelles ou soupçonnées entre le gouvernement américain et Microsoft.

Avant de rejoindre Microsoft France en 2005 puis de monter les échelons, Jean Gonié avait débuté sa carrière en tant qu'assistant parlementaire, chargé notamment de rédiger des amendements et propositions de lois, de 1997 à 2001. Il avait ensuite rejoint la CNIL en tant que conseiller aux affaires publiques et sociales, chargé par exemple d'élaborer les projets d'avis de la Commission. Un poste qu'il a quitté au bout d'un an pour rejoindre l'ancien Forum des Droits sur Internet créé par Lionel Jospin, où il a pu rédiger un certain nombre de recommandations faites au gouvernement sur la politique à avoir face au numérique.

Partager sur les réseaux sociaux

Plus de vidéos