Le collectif Regards Citoyens a lancé une plateforme collaborative pour rendre les déclarations d'intérêts et de patrimoine des élus plus facilement exploitables avec les outils informatiques. Les internautes sont invités à participer à la numérisation, qui est déjà très avancée.

Mise à jour – Selon le diagramme du collectif Regards Citoyens, le processus de numérisation est quasiment achevé (99,5 %, à l'heure où nous écrivons ces lignes).

Souhaitons toutefois que la HATVP améliore significativement cette démarche de transparence de la vie publique , par exemple en proposant que les élus télé-déclarent leur patrimoine et leurs liens d'intérêt, afin d'éviter de mobiliser des internautes pour recopier le contenu de leurs déclarations.

Sujet du 25 juillet – Si vous vous intéressez à la chose politique, vous avez certainement eu vent du scandale de l'affaire Cahuzac. Accusé d'avoir possédé des fonds non déclarés à l'étranger, le ministre délégué chargé du Budget, alors en charge de la lutte contre la fraude fiscale, a finalement reconnu les faits après avoir menti pendant des mois. Mis en examen pour blanchiment d'argent, il a depuis quitté la politique.

De l'affaire Cahuzac à la HATVP

Cette affaire a eu un retentissement considérable dans la société, obligeant le gouvernement de Jean-Marc Ayrault à prendre un certain nombre de mesures. Suite à une déclaration solennelle du président François Hollande, l'exécutif a désormais l'obligation de détailler publiquement son patrimoine pour éviter les conflits d'intérêt et améliorer la transparence de la vie publique.

En fait, cette ouverture sans précédent concerne pas moins de 8000 responsables publics d'importance. Il y a évidemment les membres du gouvernement, mais aussi les parlementaires, les grands élus locaux et les collaborateurs (du président de la République, des ministres, des présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale, des dirigeants d'organismes publics).

Une Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a alors été mise sur pied. Or, des progrès restent à faire pour que les missions de cette nouvelle autorité administrative soient utiles pour le public, mais aussi pour la presse afin qu'elle puisse travailler facilement sur les déclarations d'intérêts et de patrimoine des élus.

Des documents difficilement exploitables

En effet, comme l'a pointé le journaliste Samuel Laurent, les documents obtenus par la HATVP, environ un millier, sont très peu exploitables tels quels. Impossible en effet d'extraire facilement des données ou d'effectuer des recherches par mots-clés, puisque les déclarations des parlementaires sont des fichiers PDF de documents remplis à la main.

"Pattes de mouches, chiffres illisibles et qui débordent du cadre, tout semble fait pour que le citoyen, le journaliste, aient les pires difficultés à tirer quelque chose de ce fatras", regrette-t-il, alors "que l'État est capable, avec data.gouv.fr, de mettre en place une plateforme moderne, offrant à tout citoyen des fichiers de données dans des formats numériques exploitables de manière statistique et informatique".

Numérisation par les internautes

Mais c'était sans compter Regards Citoyens, qui s'est déjà distingué par diverses initiatives, comme le suivi l'activité parlementaire et le recensement des lobbyistes en France. Une plateforme collaborative a en effet été lancée pour numériser les intérêts des parlementaires, afin de compenser les manques Le collectif écrit :

Si la HATVP "met à disposition un jeu de données recensant les élus et les déclarations qu'elle contrôle, les informations contenues dans les déclarations d'intérêts ne sont en revanche pas à proprement parler en open data : elles n'ont pu être publiées par la HATVP que scannées sous la forme de PDF images rendant l'exploitation de ces informations malaisée au vu du grand nombre d'informations mises en ligne".

Ceux qui souhaitent participer au projet pourront se rendre sur la plateforme collaborative. Sachez toutefois que la majeure partie du travail a d'ores et déjà été fait (plus de 75 % à l'heure où nous écrivons ces lignes, sur un total de 10 920 éléments). Pas moins de 3261 internautes ont participé au projet, qui devrait être toutefois amené à se poursuivre au fil des législatures.

( photo : CC BY-SA Richard Ying & Tangui Morlier )

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