L'ICOMP, qui représente 1700 entreprises de différents pays, estime que le projet d'accord présenté entre la Commission européenne et Google n'a pas été préparé dans les règles de l'art, et demande qu'il ne soit pas ratifié trop rapidement.

Mercredi, la Commission Européenne a présenté le projet d'accord antitrust signé avec Google. La firme de Mountain View a accepté de mettre en avant certains de ses concurrents lorsque lui-même met en évidence ses propres services dans les résultats de recherche, à la condition (dans la plupart des cas) qu'ils payent pour bénéficier de cette exposition. Un résultat de négociations qui fait de Google le grand gagnant de la procédure antitrust, au détriment des nombreux acteurs, petits ou gros, qui continueront de voir Google profiter de sa position archi-dominante pour faire connaître et faire utiliser ses services spécialisés.

L'annonce a été très mal reçue par l'ICOMP (Initiative for a Competitive Online Marketplace), qui représente plus de 1700 entreprises, et défend un marché en ligne pleinement concurrentiel. 

"Envisager un règlement sans consulter les parties prenantes constitue pour nous un échec retentissant", s'indigne le collectif dans un communiqué. "Les plaignants et autres parties prenantes doivent être en mesure d'étudier les engagements de Google et non se contenter uniquement de l'analyse de la Commission qui considère qu'ils vont être efficaces. Des analyses approfondies du marché ont prouvé que les propositions précédentes ne fonctionneraient pas. Nous avons besoin de temps pour étudier techniquement l'efficacité potentielle des nouveaux remèdes proposés".

Plus tôt dans la journée, la Commission a en effet indiqué qu'elle expliquerait bientôt aux plaignants les raisons pour lesquelles elle estime que le projet d'accord répond aux préoccupations d'abus de position dominante. Ces derniers pourront alors tenter de faire entendre leur point de vue, mais la Commission décidera souverainement de ratifier ou non l'accord qu'elle a elle-même négocié. Autant dire que les chances sont désormais extrêmement minces qu'elle change d'avis, puisque cela reviendrait à reconnaître une forme d'incompétence.

"En ne consultant pas les parties prenantes, le Commissaire Almunia prend le risque de se faire duper par Google. Alors qu'il avait initialement accueilli favorablement de précédentes propositions, les tests de marché ont démontré leur inefficacité totale et la Commission les a finalement, à juste titre, rejetés. Pourquoi Almunia a-t-il choisi, désormais, de se passer de l'avis des experts du marché ?", condamne l'ICOMP.

"Nous ne croyons pas à la véritable intention de Google de s'en tenir à ces propositions. Et prenant en compte l'impact catastrophique sur l'écosystème numérique qu'aurait une proposition inefficace, nous implorons le Commissaire Almunia pour qu'il permette une consultation des parties prenantes avant leur présentation, ce qui serait la moindre des choses dans une affaire de cette importance".

L'entourage du commissaire Manuel Almunia avait déjà fait savoir par voie de presse, la semaine dernière, qu'il estimait déjà connaître le point de vue des plaignants grâce aux précédents échanges, et n'avoir plus besoin de recueillir leurs analyses.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés