La NSA est loin d'être la seule agence à espionner massivement les communications électroniques. D'autres organisations en Occident font la même chose, à commencer par le GCHQ britannique. Selon de nouveaux documents parus dans la presse, ce dernier s'intéresse aux activités des internautes sur les réseaux sociaux (YouTube, Facebook, Twitter, Blogger...).

Si la NSA n'a aucun équivalent dans le monde du fait des moyens colossaux qui sont mis à sa disposition, d'autres agences de renseignement dans le monde ont des programmes similaires de ceux mis en œuvre par l'agence de sécurité américaine pour capter et analyser les communications. C'est par exemple le cas du BND allemand, de la DGSE française ou encore du GCHQ britannique.

L'un des moyens pour espionner les données circulant sur Internet consiste à se brancher au "squelette" du réseau, c'est-à-dire en analysant directement les flux passant par les câbles en fibre optique qui relient les continents entre eux et transitant par certains points d'échange. C'est ce que fait le GCHQ, à travers un programme baptisé "Dauphin Grinçant" (Squeaky Dolphin).

Selon la chaîne de télévision NBC, qui a décortiqué de nouveaux documents confidentiels récupérés par Edward Snowden, le GCHQ a présenté à la NSA un "programme pilote" en 2012 permettant de surveiller en temps réel les activités se déroulant sur YouTube. Ces cyber-espions britanniques pourraient ainsi effectuer des analyses de plusieurs milliards de vidéos vues quotidiennement.

"Le gouvernement britannique peut se connecter à volonté aux câbles transportant le trafic web mondial et espionner les faits et gestes des internautes sur certains sites et réseaux sociaux parmi les plus populaires au monde, y compris YouTube, le tout sans la connaissance ou le consentement des entreprises concernées", écrit NBC. Outre la plateforme de vidéos, Facebook, Blogger et Twitter sont aussi mentionnés.

Selon les documents, le programme Squeaky Dolphin permet de récupérer des données personnelles de ceux qui regardent les vidéos, mais aussi de collecter des informations sur les vidéos elles-mêmes. On imagine sans mal que toute cette masse est ensuite passée au crible et croisée avec des éléments collectés ailleurs, par le biais d'autres programmes.

Le GCHQ peut ainsi suivre l'activité d'un internaute sur un site web (vidéos vues sur YouTube, billets de blogs lus sur Blogger, pages aimées sur Facebook…) et croiser ensuite toutes ces informations pour ses besoins de renseignement. Sauf qu'ici, ce n'est pas un individu en particulier qui est observé, avec le feu vert de la justice : ce sont des millions d'internautes, sans aucun contrôle judiciaire.

Là encore, un porte-parole du GCHQ a affirmé que les activités de l'agence britannique se déroulaient dans le cadre de la loi, sans pour autant confirmer ou infirmer l'existence du programme Squeaky Dolphin. Cependant, des représentants de Google, propriétaire de YouTube, et Facebook ont indiqué n'avoir jamais donné un quelconque accès aux agents du GCHQ pour opérer une telle collecte.

Depuis les premières révélations sur la surveillance de masse, plusieurs entreprises ont annoncé la mise en place de nouvelles mesures de chiffrement pour protéger la vie privée des usagers. C'est le cas de Yahoo et Facebook. D'autres sociétés s'étaient déjà engagées dans cette direction depuis quelques années, à l'image de Microsoft ou de Google.

( photo : Open Government Licence – Ministry of Defence )

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