Selon Edward Snowden, la Grande-Bretagne disposerait de la capacité de mettre en cache toutes les données circulant sur son territoire, pendant trois jours.

Les révélations autour des programmes de surveillance semblent ne jamais en finir. Dimanche, le Spiegel a publié une interview du lanceur d'alerte Edward Snowden, dans laquelle l'ancien agent de la CIA détaille la collaboration étroite entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne en matière d'écoute des communications électroniques. 

Il y dévoile en particulier que le service britannique d'écoutes, le GCHQ (Government Communications Headquarters) disposerait d'une mémoire cache d'une quantité gigantesque de données circulant dans les fibres optiques reliant la Grande-Bretagne aux Etats-Unis ou au reste du monde. Selon Snowden, le système baptisé Tempora permettrait de stocker jusqu'à 30 jours de méta-données sur les communications, mais surtout jusqu'à trois jours de données complètes, incluant le contenu-même des paquets envoyés et reçus par les internautes.

L'objectif des autorités britanniques serait de pouvoir analyser rétrospectivement les données de certains suspects en cas d'urgence, en intervenant sur des données antérieures à la date d'autorisation d'écoute délivrée par le juge (si tant est qu'une telle autorisation est demandée). Dès lors qu'un paquet circule par la Grande-Bretagne, il est immédiatement dupliqué pour être stocké dans cette énorme mémoire tampon.

Edward Snowden conseille donc à ceux qui tiennent à la confidentialité de leurs données de ne surtout pas les faire router par la Grande-Bretagne. Mais en pratique, il est quasiment impossible, dans un réseau décentralisé comme l'est Internet, d'éviter que les données passent de l'autre côté de la Manche.

L'ancien espion américain avait déjà révélé que l'Allemagne disposait d'une forte capacité d'écoute des communications électroniques à travers un point d'échange internet (IXP) situé à Francfort. La France dispose également de son propre programme mis en oeuvre par la DGSE dans un cadre juridique très flou, avec des données qui sont ensuite partagées avec de nombreuses administrations.

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