Publié par Julien L., le Jeudi 23 Janvier 2014

Contre la NSA, Microsoft pense au stockage en dehors des USA

Fragilisés par les révélations sur les activités de la NSA, les géants du net américains craignent pour leurs activités économiques. Devant les désirs de certains pays de privilégier le cloud souverain pour éviter d'héberger des données personnelles ou sensibles sur des serveurs américains ou basés aux USA, certaines firmes pensent à fournir du stockage en dehors du pays. Mais c'est oublier les capacités de la NSA.

Depuis la crise de conscience d'Edward Snowden qui a permis au monde de découvrir les activités très secrètes de la NSA, on ne compte plus les initiatives visant à combattre la surveillance électronique. Derrière ces projets, l'idée principale est d'aider les internautes à prendre leurs distances avec les solutions américaines, qui sont perçues comme d'immenses silos à données personnelles.

Du point de vue des entreprises américaines, les révélations de l'ancien analyste de la NSA sont une très mauvaise nouvelle sur le plan des affaires. En révélant les agissements de l'agence nationale de sécurité, Edward Snowden a durablement cassé la confiance que pouvaient avoir les internautes (étrangers ou non) dans les logiciels et les services américains.

La confiance ébranlée, l'argent perdu

Deux mois après la publication des premiers documents, une première évaluation de l'ITIF (the Information Technology & Innovation Foundation) a estimé que le scandale PRISM pourrait entraîner un manque à gagner de plusieurs milliards de dollars au cours des trois prochaines années pour le secteur américain de l'informatique en nuage (cloud computing).

Fin 2013, un sondage mené pour le compte de la société ESET, spécialisée dans les logiciels de sécurité, a révélé que la moitié des Américains interrogés ont dit avoir  "désormais moins confiance dans les entreprises technologiques, telles que les fournisseurs d'accès à internet et les entreprises de logiciels", au point de les inciter à modifier leurs pratiques en ligne.

Les entreprises américaines évoluant dans le secteur du numérique ont de quoi s'inquiéter. Depuis l'éclatement du scandale Snowden, de nouvelles orientations politiques sont apparues dans le domaine informatique. Le Brésil a par exemple fait savoir qu'il voulait un Internet moins dépendant des USA, en tirant de nouveaux câbles sous-marins, et privilégier des services et des logiciels nationaux.

En Europe, une approche similaire est en train d'apparaître. La commission des libertés civiles (LIBE) du parlement européen a remis fin décembre une série de propositions visant à contrer l'espionnage massif des États-Unis sur Internet. Il est notamment question de privilégier les logiciels libres ainsi que de mettre en place des solutions européennes dans le cloud computing.

Déménager hors des USA

Ce mouvement de défiance à l'égard des services et des logiciels américains inquiète naturellement les entreprises qui les conçoivent. C'est pourquoi certaines firmes commencent à envisager de déménager hors des États-Unis (c'est le cas de Google, qui a songé à cette solution pendant un temps) ou, à défaut, de fournir une offre commerciale adaptée à l'étranger.

Selon une information du Financial Times, Microsoft compte héberger les données des utilisateurs non-Américains hors des frontières américaines. En plaçant des serveurs en dehors des USA, les informations qui s'y trouvent échapperaient par exemple à la législation du PATRIOT Act, qui autorise les autorités américaines d'y accéder lorsqu'elles sont stockées sur le sol américain.

La démarche de Microsoft est intéressante, quoique un peu vaine. Qui peut croire en effet que l'approche américaine ne repose que sur le PATRIOT Act ? Il a été démontré, à travers des documents de la NSA, que les services secrets sont capables d'infiltrer secrètement les serveurs des géants américains. Google et Yahoo sont concernés. Qui peut penser que Microsoft y échappe ?

À défaut, les entreprises américaines font pression sur les autres pays pour les inciter à ne pas interdire le stockage de données sensibles sur des services étrangers (et donc de privilégier la piste du cloud souverain) au nom de la libre circulation des données, au motif qu'ils demandent aussi aux USA de modérer leurs pratiques de surveillance sur les réseaux électroniques.

Publié par Julien L., le 23 Janvier 2014 à 10h02
 
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Commentaires à propos de «Contre la NSA, Microsoft pense au stockage en dehors des USA»
Inscrit le 26/11/2010
158 messages publiés
c'est bien gentil tout ça
déja le peuple américain croit etre dans une démocratie
ce n est pas le cas car avec patriot act l etat peut faire ce qu il veut
ils ont qu a bougé un peu leur gros cul et combattre cette merde de patriot act
apres les sociétés américaine irait entreposer hors des usa
doux reves tout ça
en france et en europe on fait pareil
bien sur a moins grande echelle c'est évident
tout ça pour dire qu il ne faut pas se leurrer nous continuerons a etre espionnés a notre insu
et c'est pas nos hommes politiques en france qui va changer tout ça
je sens qu on va revenir 30 ans en arriere plus d ordinateur plus de portable
et la moins de soucis pour nous et plus pour eux
Inscrit le 19/05/2011
1313 messages publiés
Initiative blindée de mauvaise foi et purement mercantile.
Vu que Crosoft savait au moins depuis 2005 que l'ensemble des données utilisateurs pouvaient être "minées" par les agences gouvernementales, ils auraient du déjà à cette époque prendre leurs dispositions.

Mais effectivement, cela ne changera de toute façon rien au fait que la NSA continuera de pomper comme un Shadock sur les serveurs, même hébergés en dehors des States.
Inscrit le 23/09/2008
1860 messages publiés
Initiative blindée de mauvaise foi et purement mercantile.


On peut en effet se demander si ils auraient bougé d'un iota si leur CA n'avait pas chuté.
Inscrit le 03/10/2011
6683 messages publiés
C'est pas une question d'hébergement sur le sol américain ou non, mais une question de société américaine ou non. Que les données soit hors de US ne dispense pas Microsoft de ses obligations envers la NSA.
Sinon, certains n'auraient pas fermé leur service sécurisé.
Inscrit le 30/10/2012
101 messages publiés
Lu dans la cave du "Cloud" :

"NSA M'A TUER"
Inscrit le 25/02/2013
1002 messages publiés
Mais c'est qu'on va vraiment finir par les croire quand ils disent qu'ils sont pour la protection de la vie privé xD
Inscrit le 25/07/2011
813 messages publiés
Il a été démontré, à travers des documents de la NSA, que les services secrets sont capables d'infiltrer secrètement les serveurs des géants américains. Google et Yahoo sont concernés. Qui peut penser que Microsoft y échappe ?


C'est très naif de croire que la NSA ne peut s'introduire de force que dans les serveurs des géants américains.
Prendre des solutions européenne ou libre ne garantit pas à 100% que la NSA ne pourra pas accéder aux données.
Inscrit le 10/07/2008
3294 messages publiés
Bon, j'arrive trop tard. Vous avez tous vu la faille. Puisqu'on sait que des interceptions de font au niveau du *transport*, exiler l'hébergement ne résoudra pas le problème, au contraire l'aggravera en multipliant les points d'interception. Cette belle tirade a un air de pipeau. Et en effet, ils ne pouvaient pas ne pas savoir qu'il livraient nos données à la NSA puisque cette dernière les obligeait à collaborer en secret. C'est donc réjouissant de les entendre gémir sur leur manque à gagner après qu'ils nous aient trompés.
Inscrit le 16/10/2011
1832 messages publiés
Cette blague a déjà été faite par Google , c'est moins drôle la deuxième fois les gars.
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