Dans un contexte marqué par l'espionnage électronique de masse et la surveillance sans fin des communications, la startup espagnole Geeksphone et la firme américaine Silent Circle ont joint leur force pour élaborer le Blackphone, un smartphone open source qui veut mettre la vie privée des usagers au cœur de ses préoccupations.

Depuis la crise de conscience d'Edward Snowden sur les activités de la NSA, son ancien employeur, le monde entier a une meilleure connaissance sur les innombrables programmes de surveillance électronique qui sont opérés par l'agence nationale de sécurité américaine pour espionner les communications et sur les moyens dont elle dispose pour remplir sa mission fondamentale : le renseignement.

Naturellement, le contenu des documents ultra-confidentiels de la NSA a provoqué une levée de boucliers dans la société civile. Plusieurs projets ont vu le jour, chacun ayant l'ambition de limiter ou de mettre un terme à ce flicage de masse. C'est le cas de Caliop, Heml.is ou BitTorrent Chat, mais aussi d'initiatives plus générales, comme PRISM Break. Ce dernier recommande des logiciels à utiliser, catégorie par catégorie.

À cette liste, il faut désormais ajouter le projet Blackphone. Signalé par The Verge, celui-ci mobilise la startup espagnole Geeksphone (qui commercialise des smartphones équipés de Firefox OS) et la société américaine Silent Circle (un service dédié à la protection de la confidentialité des communications mais partiellement amputé), qui a été fondée par Phil Zimmermann, l'inventeur du logiciel de chiffrement PGP.

L'ambition du Blackphone est de privilégier la vie privée de l'utilisateur et de lui laisser le contrôle du téléphone. "Vous pouvez faire des appels sécurisés et en recevoir ; échanger des messages textos sécurisés, échanger et stocker des fichiers sécurisés ; effectuer des chats vidéos sécurisés ; naviguer en mode privé ; et rendre anonyme votre activité en passant par un VPN", explique le site.

En revanche, il n'est pas fait mention de la capacité du téléphone à échapper aux yeux de la NSA. Est-ce un oubli ou l'équipe derrière ce projet a-t-elle conscience que son produit n'est pas taillé pour empêcher l'agence nationale de sécurité américaine d'espionner un propriétaire de Blackphone, si jamais ce dernier se retrouve dans le viseur des autorités (cf l'unité TAO de la NSA) ?

Si aucun mobile grand public n'est de taille à échapper aux puissantes agences de renseignement, le Blackphone veut au moins apparaître comme le plus efficace pour préserver la confidentialité des communications de ses usages. Pour cela, le mobile fait appel à une version remaniée d'Android, baptisée PrivatOS, mais "sans les compromis habituels".

Geeksphone et Silent Circle prévoient de présenter plus en détail le Blackphone au cours du Mobile World Congress, qui aura lieu du 24 au 27 février à Barcelone.

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