Selon le Washington Post, la NSA chercherait à mettre au point son propre calculateur quantique, pour casser la plupart des algorithmes de chiffrement. Mais ses progrès seraient limités.

Autrefois rêvée, l'informatique quantique se rapproche de plus en plus de la réalité. L'an dernier, Google et la NASA se sont associés pour créer des ordinateurs basés sur les principes de la mécanique quantique, l'Europe a annoncé un programme ambitieux, tandis qu'IBM a enregistré quelques progrès récents dans ses propres développements.

Alors que dans la physique classique les bits ne peuvent avoir qu'une seule valeur, de 0 ou de 1, les "qubits" de l'informatique quantique peuvent avoir les deux valeurs en même temps — un phénomène dit de "superposition", ce qui multiplie considérablement les capacités de calcul. 

D'où l'intérêt que lui porte aussi la NSA, qui miserait sur l'informatique quantique pour déchiffrer les algorithmes de chiffrage les plus puissants en un temps beaucoup plus court que celui requis aujourd'hui. Selon le Washington Post, qui s'appuie sur de nouvelles révélations d'Edward Snowden, la NSA travaillerait sur la mise au point de son propre calculateur quantique, conçu dans d'immenses cages Faraday destinées à les protéger de toute interférence magnétique.

ce qui exige des ressources financières très importantes. Or le développement de ce déchiffreur ultra-moderne ne serait pourtant qu'une composante d'un programme plus large de R&D, doté d'une enveloppe globale de "seulement" 79,8 millions de dollars.

"Les physiciens et les informaticiens spéculent depuis longtemps sur le fait de savoir si les efforts de la NSA sont plus avancés que ceux des meilleurs laboratoires civils. Même si l'étendue complète des recherches de l'agence reste inconnue, les documents fournis par Snowden suggèrent que la NSA n'est pas plus proche du succès que d'autres dans la communauté scientifique", note le quotidien américain.

La Washington Post précise que la NSA se préoccupe des avancées enregistrées depuis une décennie dans l'Union Européenne et en Suisse, et qu'elle se serait lancée dans une course-poursuite pour rattraper son retard.

En 2007, la société D-Wave avait annoncé la réalisation du premier ordinateur quantique fonctionnel, avec 16 qubits. Elle a été rachetée par Google fin 2009, pour 10 millions de dollars, et travaille depuis à multiplier le nombre de Qubits exploitables. Aux dernières nouvelles, elle aurait mis au point une puce de 128 qubits. Mais bien qu'impliquée dans l'accord avec la NASA, l'entreprise est très controversée.

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