Le ministère de l'Intérieur a donné des précisions sur son engagement dans le logiciel libre, en prenant pour exemple le cas de la gendarmerie nationale. Or, la décision de migrer de Windows vers Ubuntu a été prise bien avant que cette force armée soit rattachée à la place Beauveau.

Depuis ce printemps, l'État a commencé à transmettre des informations sur les dépenses logicielles engagées par les administrations et sur la place du logiciel libre dans chaque ministère. Cette transparence ne doit rien au hasard : c'est grâce aux sollicitations de la députée EELV Isabelle Attard, qui a multiplié les questions écrites à ce sujet, qu'il est possible de connaître la situation dans chaque ministère.

Dernièrement, c'est l'Intérieur qui a répondu. Nonobstant les mises en garde de rigueur, que l'on retrouve dans la plupart des réponses, les services de Manuel Valls assurent que le ministère "s'inscrit depuis quelques années déjà dans une stratégie de recours volontaire au logiciel libre", au point d'être "l'un des premiers ministères à avoir encouragé et adopté le libre dans la modernisation de son système d'information".

La place Beauvau cite tout particulièrement l'exemple de la gendarmerie, qui "mène depuis plusieurs années une politique volontariste qui permet aujourd'hui à 90 % de son parc informatique d'être libre d'adhérences applicatives au système d'exploitation Windows". Mais en l'occurrence, le rôle du ministère de l'Intérieur sur le choix de la gendarmerie de passer à Linux peut être discuté.

Cette décision remonte en effet à 2007, avec l'annonce début 2008 de la migration sur Linux de la totalité du parc des postes de travail de la gendarmerie (70 000 machines réparties sur 4300 sites), au fil du renouvellement du matériel. Cette transition a même fait l'objet d'une étude de cas réalisée Canonical, la société qui édite Ubuntu, indiquant par ailleurs que ce changement a touché en fait 85 000 ordinateurs.

Sauf qu'à l'époque, la gendarmerie n'était pas encore rattachée au ministère de l'Intérieur puisque cette réorganisation n'est effective que depuis 2009. Auparavant, elle dépendait exclusivement du ministère de la Défense. C'est donc sous la responsabilité de ce dernier que la migration vers Linux a été engagée, même si l'Intérieur a manifestement poursuivi cette démarche une fois la nouvelle affiliation actée.

Quoiqu'il en soit, le ministère de l'Intérieur indique "dès 2008, le ministère a adopté une messagerie libre (Thunderbird) en substitution d'une solution propriétaire (Outlook / Exchange de l'éditeur Microsoft) pour ses 200 000 adresses" ce qui, cette fois, concerne bien les effectifs sous la responsabilité de Manuel Valls (277 008 (.pdf)) au regard du nombre avancé.

Toujours selon le ministère, l'administration "en est à sa deuxième génération de logiciels libres sur certains domaines tels que les outils de production et de gestion de sites Internet/Intranet, les plates-formes d'e-learning ou la gestion électronique de documents et de courriers".

Canonical rappelle par ailleurs qu'OpenOffice et Firefox ont aussi été adoptés par la gendarmerie nationale à la place de Microsoft Office et Internet Explorer. Concernant les dépenses, le ministère indique avoir consommé 47 098 998 euros pour l'année 2008 en logiciels, 61 684 451 euros pour l'année suivante, 59 638 664 euros pour l'année d'après et 75 874 659 euros pour 2011.

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