Après le drone, le yacht. Des étudiants d'une université américaine sont parvenus à détourner un yacht de sa trajectoire en lui communiquant de fausses coordonnées GPS, sans éveiller les soupçons de l'équipage ni conduire au déclenchement de la moindre alarme.

Qui a dit que le GPS ne pouvait servir qu'à fournir des données de géolocalisation exactes ? Le dispositif peut aussi être employé pour détourner un navire de sa route, sans éveiller les soupçons de l'équipage. Comment ? En communiquant au bateau de fausses informations de positionnement, de façon à lui faire croire qu'il suit la bonne voie maritime alors qu'il prend une toute nouvelle trajectoire.

Cette expérience peu banale a été conduite par des étudiants américains. Leur cible : le White Rose of Drachs, un yacht de 65 mètres de long croisant en mer Méditerranée, entre Monaco et l'île de Rhodes. Avec l'accord des propriétaires du navire, les jeunes ont pu monter à bord et effectuer leur démonstration. Non sans un certain succès, puisque les systèmes de bord n'ont rien décelé pendant le test.

Comment ont-ils fait ? Avec un ordinateur portable et un boîtier spécialement conçu pour l'occasion, les étudiants ont simulé de faux signaux GPS puis les ont dirigés vers les antennes du navire. Ils ont ensuite augmenté l'intensité du signal de façon à forcer la prise en compte de leurs informations et non de celles envoyées par la constellation des satellites GPS.

L'approche a été très discrète, sans avoir eu besoin de brouiller ou de bloquer les signaux GPS. Dans ce cas de figure, une alarme se serait déclenchée. La tentative de détourner un navire en toute discrétion aurait alors échoué.

Quid alors du mouvement du bateau lui-même, qui peut être perçu en cas de changement de trajectoire ? Là encore, il suffit de faire mentir les instruments de bord pour berner l'équipage. On veut orienter le bateau à tribord ? Alors il suffit de prétexter que celui-ci dévie à bâbord pour justifier une manœuvre dans le sens souhaité… alors qu'en réalité, la voie suivie était la bonne.

Dans cette expérience, l'équipe chargée de détourner le navire se trouvait dessus. Mais il possible d'imaginer une action conduite depuis un autre bateau par exemple, qui se trouverait à une distance raisonnable de la cible. Ou depuis un hélicoptère. De quoi ouvrir de nouvelles perspectives en matière de piraterie maritime, si les vaisseaux sont très dépendants du GPS.

L'université américaine dans laquelle les étudiants évoluent s'était déjà illustrée l'an dernier en procédant au détournement d'un drone militaire, là encore en passant par le système GPS. La faculté a par ailleurs mis en ligne plusieurs photographies sur l'expérience conduite dans la Mer Ionienne.

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