Les mesures techniques de protection (DRM) ne sont pas uniquement composées de logiciels. Certains verrous peuvent être matériels. Le spécialiste britannique des semi-conducteurs ARM a ainsi dévoilé le processeur Mali-V500, dont l'une des missions est de contrôler l'accès aux contenus depuis un terminal mobile.

Face au piratage de ses contenus, l'industrie du divertissement dispose de deux grand leviers pour agir. Le premier consiste à intervenir sur le plan de l'offre légale, en la rendant aussi attractive que possible. Prosaïquement, il s'agiter d'agiter une carotte devant les internautes. Le second repose sur la menace du coup de bâton, via la lutte contre le téléchargement illicite.

Ces deux approches n'ont pas la même efficacité. Toutes les deux visent à changer l'attitude des pirates, mais il est clair que l'incitation et la récompense seront perçues plus favorablement et auront un plus grand effet sur les internautes que la menace et la punition. On ne convainc pas avec la peur. Pourtant, cette logique répressive se retrouve dans plusieurs stratégies de lutte contre le piratage.

C'est le cas des mesures techniques de protection (DRM). Ces verrous numériques continuent d'intéresser l'industrie du divertissement. Preuve en est avec la dernière étape annoncée par la société britannique ARM. Torrentfreak signale que le spécialiste des semi-conducteurs a dévoilé au cours du Computex, un salon informatique taïwanais, un processeur incluant des mesures de lutte contre le piratage.

Ce DRM matériel, baptisé Mali-V500, est destiné au marché des terminaux mobiles. Son objectif est de contrer le piratage des contenus vidéos en haute définition. Selon Torrentfreak, le Mali-V500 a été conçu à la demande des studios hollywoodiens. D'ailleurs, ARM ne dit pas le contraire. Dans un billet de blog, l'un des cadres du groupe, Chris Porthouse, explique :

"Afin de protéger leurs investissements de plusieurs milliards de dollars, les studios et les propriétaires de contenus réclament des protections au niveau matériel sur tous les appareils pouvant accéder à leurs contenus premiums. Cela signifie […] que les terminaux doivent intégrer des protections matérielles consacrées au contenu, du téléchargement jusqu'au visionnage".

La mise au point du Mali-V500 est-elle une première étape vers une généralisation des dispositifs matériels visant à restreindre l'accès aux contenus protégés par le droit d'auteur ? L'implication d'ARM est en tout cas à suivre avec attention, au regard du poids du groupe dans le secteur des terminaux mobiles. En 2010, la firme disposait d'une part de marché de 95 % dans les smartphones.

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