Disponible depuis fin 2011, iMessage est adoré par les usagers... et détesté par les forces de police, en particulier la DEA, une agence chargée de la lutte contre le narcotrafic. Selon un rapport interne, le service offrirait une protection trop importante et ne permettrait pas aux autorités, selon la législation actuelle, de placer des mouchards pour intercepter et déchiffrer les messages transitant via iMessage.

Lors de la présentation d'iOS 5 en juin 2011, Apple a notamment annoncé l'arrivée d'iMessage. Ce service permet d'envoyer des messages texte, des photos et des vidéos entre tous les appareils fonctionnant sous iOS. Et selon la firme de Cupertino, la confidentialité des échanges est assurée par une "méthode de chiffrement sécurisée complète".

Or, la sécurité mise en place par Apple serait trop complète aux yeux de Drug Enforcement Administration (DEA), le service de police fédéral américain en charge de la lutte contre le trafic de drogue. Selon des documents confidentiels consultés par CNET, le déchiffrement des communications entre deux appareils iOS utilisant iMessage serait impossible dans un temps raisonnable.

Selon le DEA, les messages envoyés avec 'iMessage entre deux appareils Apple sont considérés comme des communications chiffrées et ne peuvent pas être interceptés, indépendamment de l'opérateur de téléphonie mobile". La seule ouverture possible se trouve dans l'échange de messages entre un appareil Apple et un terminal d'une autre marque. Là, les communications "peuvent parfois être interceptées".

Or, iMessage est très apprécié par les usagers. Selon le PDG d'Apple, Tim Cook, le service fait transiter deux milliards de messages chaque jour. Si cette statistique englobe les propriétaires de terminaux iOS dans le monde entier, on peut raisonnablement supposer que les mobinautes américains sont responsables d'une bonne part de ces messages (quelques centaines de millions au minimum).

Les difficultés rencontrées par les agents de la DEA avec iMessage ne signifient pas pour autant qu'Apple ne coopère pas avec les autorités. Dans son engagement de confidentialité, l'entreprise précise qu'elle "pourra être amenée – du fait de la loi, dans le cadre d’une procédure en justice, d’un litige et/ou d’une requête des autorités publiques de votre pays de résidence ou autre – à divulguer vos données personnelles".

L'entreprise poursuit en indiquant qu'elle pourra "également divulguer vos données si [elle pense] qu’à des fins de sécurité nationale, d’application de la loi ou autre sujet d’intérêt public, la divulgation est nécessaire ou appropriée". Cependant, la nature de la société Apple ne permet pas de mettre en place certaines mesures qui peuvent en revanche être appliquées aux opérateurs de télécommunications.

Ainsi, les dispositions contenues dans la loi américaine CALEA, comme les portes dérobées, ne couvrent pas les sociétés high-tech apparues par la suite ou qui ont développé des produits et des services qui n'ont pas été imaginés au moment de la rédaction de la loi, en 1994. D'où l'idée, défendue notamment par le FBI, d'adapter la législation afin de simplifier la surveillance électronique et établir des accès directs.

Il reste désormais à savoir comment le DEA, le FBI et les autres agences gouvernementales et autorités fédérales vont manœuvrer politiquement pour arriver à leurs fins. L'une des possibilités est de faire voter une loi qui élargisse la portée de la loi CALEA et des législations similaires. Une autre est de persuader Apple de modifier iMessage pour qu'il rentre dans le cadre de la loi actuelle.

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