Examinée la semaine prochaine par le Parlement Européen, une résolution propose d'interdire la pornographie dans les médias, y compris sur Internet, et de réguler la sexualisation des personnages féminins dans les jeux vidéo.

L'alerte a été donnée par Christian Engtröm, député européen membre du Parti Pirate. Le 11 mars prochain, le Parlement Européen sera invité à débattre d'une résolution sur l'élimination des stéréotypes liés au genre, qui a pour principal objet de lutter contre les discriminations entre hommes et femmes véhiculées dans la société. Mais le texte, qui a été adopté en novembre 2012 à une large majorité en commission des droits de la femme et de l'égalité des genres, s'attaque aussi à la pornographie, avec la volonté de l'interdire. Y compris sur Internet.

"La "diffusion de la pornographie", à savoir la tendance culturelle actuelle selon laquelle la pornographie se glisse dans notre quotidien en tant qu'élément culturel de plus en plus accepté et souvent idéalisé, est particulièrement visible dans la culture jeune", déplore la proposition de résolution. Elle "invite l'Union européenne et ses États membres à prendre des mesures concrètes à la suite de la résolution du Parlement européen du 16 septembre 1997 sur la discrimination de la femme dans la publicité, qui réclamait l'interdiction de toutes les formes de pornographie dans les médias".

Or Internet est directement concerné puisque "une politique d'élimination des stéréotypes dans les médias passe nécessairement par une action sur le terrain numérique".

"Il est nécessaire de lancer des actions coordonnées au niveau européen en vue de développer une véritable culture de l'égalité sur l'internet", demande la résolution, qui n'a pas en elle-même de valeur législative, mais uniquement politique.

Le texte va jusqu'à proposer "une charte à laquelle tous les opérateurs de l'internet seraient invités à adhérer", sans qu'il soit explicitement prévu de sanctions pour les FAI ou les hébergeurs qui ne bloqueraient pas la pornographie. Il est toutefois demandé la création d'organismes de régulation.

Outre l'interdiction pure et dure de la pornographie, qui semble improbable et surtout inapplicable, la résolution demande que soient notamment régulés les jeux vidéo, dont la sexualisation des héroïnes est de plus en plus prononcée. "Dans les émissions de télévision, les jeux vidéo et les clips musicaux, il existe une tendance croissante, en partie à des fins commerciales, à présenter des femmes en tenue provocante dans des positions à connotation sexuelle", constate ainsi la résolution.

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