L'offre légale en matière de musique participe à la réduction des échanges de musique sur les réseaux P2P. C'est l'un des enseignements d'un sondage conduite aux USA par le NPD Group, qui estime que l'attractivité des plateformes de streaming joue un rôle-clé pour faire évoluer les pratiques des internautes.

Les services d'écoute de musique en ligne ne manquent pas. Apparus au cours de la décennie précédente, ils ont véritablement exposé ces dernières années. Les principales plateformes de streaming comme Spotify, Deezer ou GrooveShark comptent plusieurs millions d'auditeurs, dont une part importante est abonnée à une formule payante donnant droit à des avantages supplémentaires.

Or, le succès indéniable de ces solutions aurait un effet sur l'échange de musique via les réseaux P2P. C'est en tout cas l'affirmation faite par le NPD Group, une firme spécialisée dans l'étude de marché. Selon un sondage conduit aux USA sur un échantillon représentatif de la population américaine, l'échange illicite de musique via les réseaux P2P a baissé grâce au streaming légal.

L'attractivité de l'offre légale

Ainsi, le nombre d'internautes américains ayant téléchargé de la musique depuis un client P2P a baissé de 17 % entre 2011 et 2012, tandis que le volume de fichiers échangés a reculé de 26 % sur la même période. Les jeunes semblent en outre se désintéresser du P2P. En 2005, 20 % des 13 ans et plus téléchargeaient sur les réseaux P2P. En 2012, ils n'étaient plus que 11 %.

Plusieurs éléments peuvent expliquer les tendances relevées par le NPD Group. D'abord, avec la montée en puissance des services de streaming, qui permettent d'accéder gratuitement ou pour quelques euros par mois à un catalogue de plusieurs millions de titres, il est sans doute moins nécessaire pour le téléchargeur occasionnel de fréquenter les réseaux P2P.

En dehors de quelques artistes particuliers qui font encore défaut (comme les Beatles) ou l'absence de certains genres musicaux très spécifiques (J-Rock par exemple), l'offre légale en matière de streaming est loin d'être médiocre. Si elle n'est évidemment pas exhaustive, elle parvient néanmoins à satisfaire bon nombre d'auditeurs. La réussite des plateformes citées plus haut en est la preuve.

En marge des services de streaming, il faut également souligner la stratégie des maisons de disques qui diffusent aujourd'hui de nombreux clips sur YouTube et Dailymotion. Accessibles gratuitement, ils constituent aussi une alternative à l'échange de musique en P2P. Les internautes n'ont qu'à se rendre sur l'un de ces sites et rechercher les chansons de leur artiste favori.

Les autres raisons

Outre l'offre légale, le NPD Group note deux autres facteurs qui ont éloigné les internautes des réseaux P2P. La fermeture de certains services d'abord, comme LimeWire, qui était très utilisé outre-Atlantique. Déjà en 2010, la compagnie avait publié une enquête constatant la chute du téléchargement sur les réseaux P2P aux USA depuis l'arrêt de LimeWire.

Les risques liés aux virus ensuite. La présence de logiciels malveillants et de programmes espions circulant sur les réseaux P2P et contaminant les ordinateurs des victimes constitue la troisième raison poussant les internautes à aller voir ailleurs. Dans ce domaine, KaZaA était l'un des clients P2P les plus critiqués. Des solutions alternatives expurgées comme Kazaa Lite ont néanmoins vu le jour par la suite.

Si les explications avancées par le NPD Group sont loin d'être aberrantes, il convient de les observer avec distance. En effet, le NPD Group n'a pas diffusé son étude en intégralité pas plus qu'il n'a pas précisé la méthodologie suivie dans ce sondage, ni la manière dont celui-ci a été conduit. En outre, il faut garder à l'esprit que les internautes interrogés n'ont peut-être pas tous dit la vérité.

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