Un mois après le lancement de Mega, Kim Dotcom a dévoilé la liste des pays dans lesquels les internautes s'abonnent le plus aux offres payantes. La France arrive première du classement. Un "succès" que le pays doit d'abord à la loi Hadopi, qui lutte contre le téléchargement illicite sur les réseaux P2P.

Dans trois jours, Mega fêtera son premier mois d'existence. C'est en effet le 19 janvier dernier que Kim Dotcom a inauguré le successeur de MegaUpload, fermé un an plus tôt suite à une opération de police. Inaccessible les premières heures et vite critiqué pour sa sécurité imparfaite, le service d'hébergement de fichiers a fini d'essuyer les plâtres. Et les usagers sont au rendez-vous.

Il y a quelques heures, Kim Dotcom a partagé sur Twitter quelques statistiques sur Mega. Alors que l'on sait déjà que la plateforme accueille déjà plus de 100 millions de fichiers, le chef d'entreprise allemand a dévoilé le top 5 des pays s'abonnant le plus aux offres payantes (il y en a trois, allant de 9,99 à 29,99 euros par mois). Et, sans véritable surprise, la France se retrouve en tête du classement.

La position de l'Hexagone doit beaucoup à la loi Hadopi, qui a donné naissance à l'autorité du même nom et dont la mission est d'organiser la lutte contre le piratage. Cette lutte vise spécifiquement les échanges de fichiers sur les réseaux P2P, c'est-à-dire les échanges se déroulant via les clients BitTorrent et eMule. Résultat, pour éviter la riposte graduée, les internautes français ont diversifié leurs pratiques.

Nombre de pirates, expérimentés ou non, se sont ainsi orientés vers les services de téléchargement direct ou les plateformes proposant des contenus en streaming. Ces deux alternatives aux échanges P2P ne sont en effet pas ciblées, à l'heure actuelle, par la riposte graduée même si des réflexions en ce sens ont bien lieu. À son apogée, MegaUpload était fortement fréquenté par les internautes français.

Selon les mesures effectuées par ComScore fin 2010, plus de 7,4 millions d'internautes français fréquentaient la plateforme. La même année était installée la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet. De son côté, MegaVideo attirait 3 millions d'internautes français fin 2011 et était la troisième plateforme en nombre de visionnages et d'heures consommées.

Rien d'étonnant, donc, que la France se retrouve en première position du classement. Nombre des anciens usagers de MegaUpload, orphelins depuis la fermeture de l'hébergeur spécialisé, se sont rabattus avec satisfaction sur Mega lorsque celui-ci est sorti. Et cela, même si Mega se montre en apparence moins tolérant à l'égard des infractions à la propriété intellectuelle, en supprimant d'office certains liens.

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