Alors que Mediapart va publier dans les prochains jours une longue enquête sur Xavier Niel et la manière dont il a réalisé le succès de Free et sa fortune personnelle, l'homme d'affaires laisse entendre qu'il aurait subi des pressions politiques liées à son investissement initial dans le journal en ligne. 

Xavier Niel a-t-il payé les affaires Karachi, Bettencourt ou Cahuzac révélées par Mediapart ? C'est ce que le fondateur de Free laisse entendre dans un e-mail adressé le 22 novembre 2012, révélé par Le Point. Le fondateur d'Iliad, qui est un petit actionnaire de Mediapart, avait adressé cette réponse au journaliste de Mediapart Laurent Mauduit, lorsqu'il a voulu l'interroger pour préparer une longue enquête que s'apprête à publier le journal d'Edwy Plenel :

Enfin, Mediapart a, depuis le rachat du Monde, une volonté forte de me "taper" dessus, comme par écho au fait que j'ai pu vous aider financièrement à votre lancement (et donc très indirectement à votre succès), ce dont vous semblez avoir "honte". J'ai pourtant souvent eu à subir les foudres des politiques liées à vos articles, voire les accusations publiques à l'Assemblée nationale… (Au moment de la publication d'écoutes téléphoniques).

Dans son article annonçant la publication de l'enquête en six volets, Mediapart rappelle que "Xavier Niel détient une part du capital de Mediapart, mais dans une infime proportion, et de manière indirecte".

"Concrètement, précise-t-il, les cofondateurs de Mediapart ont eu pour première ambition, en créant ce journal en ligne, de garantir son indépendance. Aux côtés d’investisseurs-citoyens et des actionnaires salariés, ils contrôlent donc la majorité du capital. Une « Société des amis » a aussi été créée, qui a reçu des apports financiers de 88 personnes. Xavier Niel est donc l’un des 88 membres de cette société. Précisément, il a apporté 200 000 euros à cette société, soit 12,68 % des concours financiers rassemblés par la « Société des amis », laquelle détient 12,99 % du capital de Mediapart. Xavier Niel ne participe pas aux instances dirigeantes de la « Société des amis », ni non plus, par conséquent, à celles de Mediapart".

En 2009, alors que Xavier Niel se battait avec Nicolas Sarkozy pour obtenir la licence 3G qui lui permettrait enfin de lancer Free Mobile, Xavier Niel avait décidé de ne pas participer à la dernière augmentation de capital de la société de presse. Mediapart affirme que le fondateur de Free "entretenait des relations de proximité avec François Pérol", l'ex-secrétaire général adjoint de l'Elysée.

Outre Mediapart, Xavier Niel a investi dans de nombreux médias, dont Le Monde dont il est devenu l'un des trois principaux actionnaires avec Pierre Bergé et Matthieu Pigasse.

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