Nommé commissaire général à l'investissement en juin, Louis Gallois a défendu un redéploiement des fonds du grand emprunt autour de quatre technologies pour éviter le gaspillage en soutenant trop de projets. Lors des Assises numériques, il a ainsi plaidé pour une mobilisation accrue autour du cloud computing, de la cyber-sécurité, du calcul intensif et des systèmes embarqués.

Décidé par Nicolas Sarkozy, le programme des investissements d'avenir dispose de vastes ressources, 35 milliards d'euros, destinées à soutenir l'économie française en lui redonnant la capacité à innover, à produire et à se montrer compétitif à l'international. Cinq axes ont été retenus : la recherche, ; le développement durable ; le numérique ; l'enseignement supérieur et la formation ; les filières industrielles et PME.

Concernant l'économie numérique, l'enveloppe de 4,5 milliards d'euros est répartie comme suit :  2,25 milliards d'euros soutiendront les usages, les services et les contenus numériques innovants tandis que le développement des réseaux à très haut débit sera alimenté par un chèque de 2 milliards d'euros. Les 250 millions d'euros restants seront dédiés aux smart grids (réseau de distribution d'électricité intelligent).

La répartition des investissements n'est toutefois pas satisfaisante aux yeux de Louis Gallois, ancien PDG d'EADS désormais devenu commissaire général à l'investissement. Chargé d'assurer la gestion opérationnelle des projets concernés par le grand emprunt, l'auteur du rapport (.pdf) sur la compétitivité de l'industrie française conteste le "saupoudrage" de l'argent public pour soutenir moult projets.

Réorienter les fonds

Lors des Assises du numérique 2012, Louis Gallois a plaidé pour un recentrage des moyens autour de quatre grands pôles : l'informatique en nuage (cloud computing), le calcul intensif, la cyber-sécurité (ce qui permet d'être raccord avec les futures orientations de la commission chargée de rédiger le nouveau livre blanc sur la défense et la sécurité nationale) et les systèmes embarqués.

"La diffusion du numérique est insuffisante dans l'appareil de formation. Il y a aussi une pénétration insuffisante du numérique dans l'industrie. Cela nuit à la productivité globale des acteurs de l'industrie", a-t-il regretté. D'où l'idée de développer le concept de "prêt numérique" pour les PME "pour booster l'introduction du numérique autant dans les processus de production que dans les produits".

Car Louis Gallois en est convaincu : oui, le numérique est une des clés du retour de la croissance et de la compétitivité dans l'Hexagone, même si son propre rapport n'a fait qu'évoquer ce domaine. Mais encore faut-il "faire croître les usages" en diffusant "le numérique dans les entreprises". Rôle que jouera le prêt numérique, si le mécanisme voit le jour.

( photo : CC BY-SA, MEDEF )

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