Insatisfait par la première réponse qui lui avait été faite, le sénateur Alain Anziani a demandé au gouvernement de répondre sur le fond aux critiques qu'il avait adressées contre le vote par internet, après l'organisation d'un vote à distance pour les Français de l'étranger, lors des élections législatives de 2012.

Au mois d'août dernier, le ministère des affaires étrangères avait publié une longue réponse au sénateur socialiste Alain Anziani, qui avait demandé au gouvernement des explications sur les problèmes posés par l'organisation du vote par internet aux dernières élections législatives. Aussi longue fut-elle, la réponse n'apportait sur le fond aucune réponse aux inquiétudes démocratiques posées par l'organisation d'un vote qui repose sur un système très opaque. 

Loin de reconnaître que l'organisation d'un scrutin par écrans interposés faisait peser un risque sur la sincérité du vote, le gouvernement avait contesté en bloc la portée des problèmes posés par le fait d'obliger à utiliser une ancienne version de Java, de refuser de donner accès au code source de la plateforme de comptabilisation des votes, de ne permettre un audit que par un seul expert choisi par l'Etat lui-même, ou encore de considérer que les mesures de sécurisation choisies doivent rester secrètes. Il avait aussi nié que le vote ait pu être altéré, malgré les failles qui avaient fait l'objet d'une démonstration par un informaticien.

"Il n'est pas établi que la manipulation informatique ait permis la modification d'un seul autre vote que le sien. Dans une lettre adressée au Conseil constitutionnel, l'intéressé admet qu'il ne s'agit que d'une possibilité", avait rappelé le ministère des affaires étrangères, responsable de l'organisation du vote par internet pour les Français de l'étranger.

"Circulez, il n'y a rien à voir", avait ainsi répondu en substance le gouvernement. 

Mais Alain Anziani est visiblement un sénateur obstiné. Loin de se satisfaire de la non-réponse du ministère, l'élu de Gironde a relancé le gouvernement dans une question publiée jeudi au Journal Officiel du Sénat.

"Outre que [la réponse] minimise les difficultés rencontrées lors de ce premier scrutin numérique, la question posée va bien au-delà de ce seul épisode législatif et concerne la transparence et la sincérité de tout vote par Internet", fait remarquer le sénateur.

"En conséquence, il lui demande de lui indiquer les mesures qu'il compte prendre pour éviter que le vote par Internet ne porte gravement atteinte à la transparence et à la sincérité du scrutin".

Espérons que lors de sa prochaine réponse, le gouvernement apporte de réelles garanties, comme la transparence des audits et des appels d'offres, et la possibilité pour tout citoyen (ou a minima, pour tout candidat) de vérifier le code source de la plateforme utilisée.

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