La France et les États-Unis ne sont pas les seuls pays à s'interroger sur les liens entre Pékin et les équipementiers télécoms chinois. Le Canada s'inquiète aussi des liaisons que Huawei et ZTE peuvent entretenir avec le pouvoir central. Dans le doute, l’exécutif a choisi d'exclure Huawei d'un appel d'offres destiné à bâtir un réseau informatique gouvernemental.

Les équipementiers chinois spécialisés dans les  équipements de cœur de réseaux n'ont plus la cote en Occident. Ces dernières semaines, des rapports en provenance de France et des États-Unis ont déconseillé de faire appel aux routeurs d'origine chinoise conçus par ZTE et Huawei, au nom de la sécurité nationale. Une position désormais partagée par le Canada.

Le gouvernement du premier ministre Stephen Harper a en effet décidé d'écarter Huawei d'un appel d'offres public destiné à bâtir un réseau informatique sécurisé pour les communications gouvernementales canadiennes. La raison ? Le Canada considère qu'il y a un risque non négligeable à laisser une firme chinoise participer de près ou de loin à la conception d'une infrastructure-clé.

"Le gouvernement se montrera très prudent dans la construction de ce réseau, et il a invoqué l'exception de sécurité nationale pour construire ce réseau", a expliqué le porte-parole du gouvernement. Cette exception de sécurité nationale permet au Canada de discriminer une entreprise postulant à un appel d'offres sans pour autant enfreindre les accords commerciaux internationaux.

Le holà du gouvernement canadien survient une semaine après la publication d'un rapport très critique à l'égard de Huawei et ZTE par une commission du congrès américain indiquant que ces deux sociétés "ne peuvent pas garantir leur indépendance par rapport à l'influence d'un État étranger et cela pose donc, en conséquence, une menace pour la sécurité des États-Unis et notre système".

"La Chine a les moyens, l'occasion et les motivations pour utiliser les sociétés de télécoms à des fins malveillantes", poursuit le rapport américain. Des remarques qui font écho à celles faites par le sénateur Jean-Marie Bockel, qui a également rendu un rapport sur la cyberdéfense dans lequel il préconise l'interdiction de routeurs chinois sur le territoire national et à l'échelle européenne.

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