Après un temps d'hésitation, le nouveau gouvernement tunisien veut se montrer exemplaire en Afrique sur la défense de la liberté d'expression sur Internet. Le pays est candidat à l'organisation du Freedom Online, la conférence internationale que la France aurait dû co-fonder avec les Pays-Bas, si Nicolas Sarkozy ne s'y était pas opposé.

Excellente nouvelle pour les internautes tunisiens. Alors que la révolution qui a provoqué le départ de l'ancien président Ben Ali peine parfois à se traduire dans des évolutions politiques concrètes, le ministre de l'Information et de la Communication Mongi Marzoug a affirmé que la censure du net ne ferait pas son retour en Tunisie. 

A l'occasion du premier Forum National pour la Gouvernance d'Internet, qui se tenait le 4 septembre 2012, Mongi Marzoug a annoncé que le rendez-vous matérialisait "la fin de Ammar 404", du nom de l'erreur 404 longtemps affichée aux Tunisiens lorsqu'ils voulaient accéder à des sites censurés par l'ancien régime. Le ministre assure que le gouvernement veut désormais "faciliter l'accès à l'information et promouvoir la liberté d'expression" en Tunisie. 

Pour matérialiser son engagement, le gouvernement tunisien a participé au forum Freedom Online qui se tenait à Nairobi les 6 et 7 septembre dernier, et s'est porté candidat pour en organiser la troisième édition. Il s'agit de la conférence de promotion de liberté d'expression sur Internet que devaient lancer ensemble les Pays-Bas et la France, mais auquel Nicolas Sarkozy s'était finalement opposé, en voulant en faire une plateforme de promotion de l'Hadopi à travers le monde.

A Nairobi, où figuraient des intervenants américains, suédois, néerlandais, keynians, canadiens, tunisiens, libanais, belges, nigériens, sud-africains, russes… aucun Français n'a participé à la conférence.

Dès après la chute de Ben Ali, le nouveau gouvernement avait annoncé la fin du filtrage étatique sur Internet. Le pays reste sous surveillance de Reporters Sans Frontières, mais la situation s'est effectivement nettement améliorée. La Cour de cassation de Tunis a mis fin au projet de retour de filtrage des sites pornographiques, et le Parti Pirate qui milite pour la défense des libertés numériques a été officiellement reconnu.

Par ailleurs, le pays a décrété que le 13 mars deviendrait chaque année la Journée Nationale de la Cyber-Liberté, en mémoire de Zouhair Yahyaoui, un activiste tunisien arrêté en 2002 par les services de Ben Ali, et décédé le 13 mars 2005.

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