S'adressant à la foule nombreuse venue l'écouter, le fondateur de Wikileaks Julian Assange a pris un ton déterminé, dimanche après-midi, depuis le balcon de l'ambassade d'Equateur où il a obtenu le statut d'exilé diplomatique. Ferme, Assange a voulu défendre son action et surtout enjoindre les Etats-Unis de garantir l'immunité pour Wikileaks et ses sources d'information.

Confiné dans l'enceinte de l'ambassade de l'Equateur à Londres, Julian Assange s'est adressé à la foule dimanche après-midi, devant un balcon protégé par le statut diplomatique de l'ambassade. "Je suis ici parce que je ne peux pas être plus près de vous", a-t-il commencé, avant de remercier tour à tour ses soutiens, le président équatorien Rafael Correa et son gouvernement , le peuple équatorien, et les pays d'Amérique Latine qui ont décidé de provoquer une réunion d'urgence de l'Organisation des Etats américains pour élaborer une réponse commune aux menaces britanniques, vendredi à Washington (contre l'avis des USA et du Canada).

"Nous allons être de nouveau réunis bientôt", a-t-il aussi promis à sa famille, dont les enfants "ont été privés du droit d'être avec leur père".

Sans un mot sur les accusations de délits sexuels pour lesquelles il doit être extradé en Suède, mais peut-être sous forme de négociations implicites, Julian Assange a alors mis en demeure les Etats-Unis de choisir son camp. "Nous devons saisir cet instant pour définir le choix qui se présente au gouvernement des Etats-Unis d'Amérique. Va-t-il réaffirmer les valeurs sur lesquels il s'est fondé, et les retrouver ? Ou va-il sauter dans le précipice, nous entraînant tous dans un monde dangereux et oppressant, dans lequel les journalistes gardent le silence sous la crainte des procès, et dans lequel les citoyens chuchotent dans l'ombre ?"

"Je demande au Président Obama de faire la chose juste. Les Etats-Unis doivent renoncer à la chasse aux sorcières contre Wikileaks".

Il demande aux Etats-Unis de garantir l'immunité contre tous les membres de Wikileaks et ses soutiens. Ils "doivent s'engager devant le monde entier à ne pas poursuivre des journalistes pour avoir fait la lumière sur les crimes secrets des puissants (…). La guerre de l'administration américaine contre les lanceurs d'alerte doit s'arrêter". 

Très offensif, voulant montrer qu'il n'a rien perdu de sa détermination, Julian Assange demande aux Etats-Unis de libérer Bradley Manning, le soldat accusé par l'armée d'américaine d'avoir communiqué à Wikileaks une série de documents, dont une vidéo montrant des civils tués par erreur à Badgad, depuis un hélicoptère. "Si Bradley Manning a réellement fait ce dont on l'accuse, c'est un héros, un exemple pour nous tous".

"Bradley Manning doit être libéré", enjoint-il, rappelant que le soldat a déjà passé 815 jours en prison sans avoir eu encore la possibilité de présenter sa défense devant un tribunal.

Enfin, Julian Assange rappelle les condamnations récentes de l'activiste Nabeel Rajab à Barhein, et des Pussy Riots en Russie.

"Il y a une unité dans la répression. Il doit y avoir une unité et une détermination absolue dans la réponse", a-t-il conclu.

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