Ce jeudi matin se déroule une opération policière aux abords de l'ambassade de l'Equateur à Londres. Si rien n'est encore sûr, les autorités britanniques pourraient avoir mis en oeuvre leurs menaces d'entrer à l'intérieur de l'ambassade pour y récupérer Julian Assange, en violation totale des traités internationaux. L'état sud-américain avait déjà prévenu hier de rétorsions diplomatiques en cas d'exécution des menaces.

Mise à jour : lire également nos explications sur les conditions juridiques de l'intervention de la police britannique

L'an dernier, l'Equateur avait publiquement proposé à Julian Assange de lui offrir l'asile politique, ce que le fondateur de Wikileaks a fini par demander officiellement il y a quelques semaines. Pour éviter d'être condamné pour une sombre affaire de relation sexuelle non protégée dont il est accusé, Assange s'est réfugié dans l'ambassade de l'Equateur à Londres, et y réside désormais 24 heures sur 24.

Ce jeudi, le petit pays sud-américain doit annoncer s'il accepte ou non la demande de Julian Assange. Mais au cas où la réponse serait positive, Londres ne veut pas laisser Assange se réfugier dans un pays où il bénéficiera d'une immunité de fait, et exerce une pression inédite sur l'Equateur.

Mercredi en conférence de presse, le ministre équatorien des affaires étrangères Ricardo Patino a accusé les autorités de Grande-Bretagne de le menacer de pénétrer dans l'ambassade de l'Equateur à Londres, pour venir récupérer Julian Assange. Une telle intervention est formellement prohibée par les conventions internationales qui garantissent aux Etats la souveraineté la plus totale à l'intérieur de leurs ambassades 

Pour Ricardo Patino, une intervention serait "inacceptable, à la fois du point de vue politique et juridique", et serait perçue par l'Equateur comme un acte "inamical, hostile et intolérable". Il rappelle que la Convention de Vienne et la Charte des Nations Unies "prohibent expressément tout usage de la force et de la menace par un état". Il a prévenu que le gouvernement équatorien allait demander une réunion des ministres des affaires de l'Union des Nations Sud-Américaines (UNASUR), ainsi qu'une réunion extra-ordinaire de l'Organsation des Etats Américains (OEA).

"Nous ne sommes pas une colonie Britannique", a tenu a rappelé Ricardo Patino. "Le temps des colonies c'est fini".

Dans un communiqué officiel publié sur le site de l'ambassade, un porte-parole de l'Equateur se dit "profondément choqué". "Plutôt que de menace de violence l'Ambassade Equatorienne, le Gouvernement Britannique devrait utiliser son énergie à trouver une résolution pacifique à cette situation, ce que nous cherchons à obtenir", conclut le communiqué sud-américain.

Ce jeudi, Wikileaks affirme sur Twitter que "la police britannique est sans aucun doute à l'intérieur de l'ambassade de l'Equateur". Il semble qu'effectivement, la police londonienne s'est bien rendue à l'ambassade jeudi, mais il n'est pas encore certain qu'elle soit bien entrée à l'intérieur des murs, en violation du droit international. Les bâtiments abritent également des appartements privés.

A suivre.

Mise à jour – les opérations transmises sur Ustream :

Partager sur les réseaux sociaux

Plus de vidéos