Publié par Julien L., le Mercredi 01 Août 2012

Une réforme du droit d'auteur en 14 points proposée par la Quadrature

La Quadrature du Net s'est lancée dans une vaste réflexion proposant une révision du droit d'auteur. Composée de quatorze points, elle s'appuie sur la légalisation du partage non-marchand entre individus et intègre de multiples propositions visant à former un tout cohérent.

Réformer le droit d'auteur, une tâche impossible ? Lors d'un discours devant le Conseil Supérieur de la Propriété Littéraire et Artistique (CSPLA), Frédéric Mitterrand, alors ministre de la culture, avait rejeté l'idée d'une réflexion permettant de remettre en cause certains aspects du droit d'auteur en France. "La capacité d'adaptation du droit d'auteur aux enjeux numériques est avérée", affirmait-il.

Se disant convaincu de la pertinence et de la vitalité du droit d'auteur, l'ancien locataire de la rue de Valois invitait alors les membres du CSPLA "à se concentrer sur ce qui fait réellement débat, à savoir les mécanismes et procédures propres à protéger et faire vivre aujourd'hui le droit d'auteur" plutôt qu'à se perdre dans des "débats théoriques sur le droit d'auteur", balayant d'un revers de la main toute autre préoccupation.

Mais si le CSPLA a été invité à ne pas se plonger dans ces "débats théoriques", d'autres ont mis les mains dans le cambouis pour proposer une réforme du droit d'auteur et des politiques culturelles liées. La Quadrature du Net propose une longue réflexion regroupant des propositions visant à réviser le droit d'auteur. Réflexion qui a reçu la contribution de Lionel Maurel (conservateur des bibliothèques à la BNF) et Silvère Mercier (bibliothécaire).

Autour de quatorze éléments, le texte aborde différentes problématiques portant sur la création culturelle dans un environnement numérique. Il s'articule autour de quatre grands pôles :

  • pratiques non-marchandes des individus
  • économie culturelle et équitable, édition et distribution
  • domaine public, médiation, mémoire, éducation, recherche
  • infrastructures communes juridiques, techniques et fiscales

"Après le rejet du traité ACTA par le parlement européen, une période s'ouvre dans laquelle il sera possible, si nous nous en donnons les moyens, d'installer un nouveau cadre réglementaire et politique pour l'ère numérique. Un grand nombre de citoyens et de députés européens adhèrent au projet de réformer le droit d'auteur et le copyright", explique Philippe Aigrain.

"Le but de cette réforme est que chacun d'entre nous puisse tirer tous les bénéfices de l'ère numérique qu'il s'agisse de s'engager dans des activités créatives ou d'expression publique, ou d'en partager les produits. Ces propositions portent sur la réforme du droit d'auteur et du copyright, mais aussi sur les politiques liées en matière de culture et de médias", poursuit l'initiative citoyenne.

Légalisation du partage non-marchand et situation des auteurs

Au cœur du dispositif repose la légalisation du partage non-marchand entre individus, qui vise à tenir à l'écart les structures comme MegaUpload, dont l'objectif est de se placer au centre des échanges et d'en tirer un avantage financier. Autrement dit, c'est davantage le modèle du P2P qui est privilégié. Mais pour autant, le document ne fait pas l'impasse sur la situation des auteurs.

En marge de ce droit pour les internautes doit s'ouvrir la porte à la reconnaissance de nouveaux droits sociaux à la rémunération et à l'accès aux financements pour les contributeurs à la création. Plusieurs mécanismes économiques sont avancés comme le financement participatif ou bien le minimum d'existence inconditionnel. À chaque fois, une estimation de l'évolution probable des ressources est estimée.

Mais les propositions ne s'arrêtent pas là. Pour que ces pistes fonctionnent, l'architecture imaginée par la Quadrature du Net prend en considération la nécessité de revoir la gestion collective, de protéger la neutralité du net, d'assurer l'interopérabilité et l'ouverture des matériels (téléphones, tablettes...) et même de taxer la publicité en ligne.

Ce long travail de réflexion doit fournir "un ensemble cohérent de propositions" permettant en premier lieu d'identifier les "vrais défis de cette réforme" et dans un second temps de dérouler des suggestions pour "y faire face". "Ces éléments pourront être utilisés par les acteurs qui portent des réformes selon leurs propres orientations. On prendra garde cependant à l'interdépendance entre les diverses propositions", termine la Quadrature.

Publié par Julien L., le 1 Août 2012 à 16h37
 
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Commentaires à propos de «Une réforme du droit d'auteur en 14 points proposée par la Quadrature»
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3904 messages publiés
Des idées novatrices et pertinentes qui feraient avancer la culture à très grand pas... Mais qui porteraient un coup dur au portefeuille de ces parasites de majors.

Les politiciens sont corrompus, par défaut toujours du côté de ceux qui leur graissent la patte, donc ça passera pas, c'est aussi simple que ça.

Le piratage a encore de très beaux jours devant lui.
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Enfin bon, je ne dis pas que c'est inutile, ce sont de bonnes idées, au moins elles sont mises au clair une fois pour toutes, les politiciens n'ont plus l'excuse de dire qu'il n'y a pas de réflexion sur le sujet.
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tout gratos !!!!!!!!!!
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A lire en effet.
http://www.laquadrat...lturelles-liees

Un gap perturbant entre le point 6 et le point 9 d'un point de vue logique.
Faut il autant composer avec...?
Etc

Malgré une remarque on ne peut plus importante faite dans le point 11, une focalisation générale du papier sur la dimension européenne comme pivot décisionnel/législatif, qui me semble être bien gênante ne serait ce que pour des raisons liées à cette "décentralisation", cette dernière étant prônée ailleurs dans le papier à plusieur reprises de manière explicite ou non. Incohérence là quant au modèle organisationnel et politique/démocratique.
Etc

Un point 13 trop timoré qui perpétue bien trop une logique culturelle de type "socialiste" cad de type ultra-interventionniste et toujours aux mains avec ficus régions de ceux qui ont fait que la France "culturelle" ressemble à présent à un musée sous subventions.
Faut il autant composer avec...?
Etc

Un point 14 qui ouvre sur les Communs et pourrait trouver des extensions au delà du cas culturel pour faire bonne mesure (après tout le papier aborde le cas du revenu minimum
d'existence dans un soucis de cohérence systémique et sociétale, alors...).
Etc

Etc / faisabilité / volonté / rapports de force / démocratie / etc etc

Longue vie à la Quadrature toutefois, tout ça est assez intéressant comme effort de synthèse!
:-)

Amicalement.
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la contribution de Lionel Maurel (conservateur des bibliothèques à la BNF) et Silvère Mercier (bibliothécaire).

Pour Lionel Maurel, c'est à titre privé je suppose.
Quant à Silvère Mercier, euh... qui est-ce ?

Sinon, en regardant bien le schéma, ils sont où les artistes ? C'est étrange que ceux qui produisent la culture ne soient pas cités. On nous parle des individus (consommateurs), des bibliothèques, de l'édition, des usages collectifs, de financement public, ... Mais à aucun moment on ne voit ceux qui écrivent des bouquins, composent des musiques, chantent ou jouent d'un instrument, jouent dans des films, les réalisent, ...

Et je ne parle même pas de tous les techniciens qui sont derrière, mais qui sont indispensables.
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VIDEOCLUB, le 01/08/2012 - 17:42
tout gratos !!!!!!!!!!


*facepalm*
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Senken, le 01/08/2012 - 19:31
VIDEOCLUB, le 01/08/2012 - 17:42
tout gratos !!!!!!!!!!


*facepalm*


Faut dire qu'il se prénomme VIDEOCLUB.
Soyons chrétiens, pardonnons lui, il ne sait pas ce qu'il fait
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VIDEOCLUB, le 01/08/2012 - 17:42
tout gratos !!!!!!!!!!

Image IPB
Inscrit le 17/10/2008
407 messages publiés
la contribution de Lionel Maurel (conservateur des bibliothèques à la BNF) et Silvère Mercier (bibliothécaire).

Pour Lionel Maurel, c'est à titre privé je suppose.
Quant à Silvère Mercier, euh... qui est-ce ?

Sinon, en regardant bien le schéma, ils sont où les artistes ? C'est étrange que ceux qui produisent la culture ne soient pas cités. On nous parle des individus (consommateurs), des bibliothèques, de l'édition, des usages collectifs, de financement public, ... Mais à aucun moment on ne voit ceux qui écrivent des bouquins, composent des musiques, chantent ou jouent d'un instrument, jouent dans des films, les réalisent, ...

Et je ne parle même pas de tous les techniciens qui sont derrière, mais qui sont indispensables.


Sans auditeurs (consommateur) pas de musique.
Ne l'oublier pas.
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z6100 le 01/08/2012 à 20:03
'Sans auditeurs (consommateur) pas de musique.
Ne l'oublier pas.'

-> parlons plutôt de "public" par exemple, vous voulez bien?
Ca élargit le champs des possibles!

Merci d'avance, pour les artistes, et les "auditeurs" "visionneurs" "DJ" "VJ" etc etc etc etc etc

Ps. C'est ma journée "etc", pas de remarques désobligeantes svp :-)
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8078 messages publiés
Ce texte a été réfléchi, ça se voit. Il a le mérite de poser le débat en ouvant les pistes, nombreuses, à étudier. Après tout, ça n'avait guère été fait de manière globale et méthodique, en France à ma connaissance.
Espérons que les politiques sauront s'en saisir et explorer quelques unes des pistes... ça sera long, n'en doutons pas, mais ça n'est pas impossible. Les pistes suivantes suivront d'elles-mêmes.
Bravo à la quadrature. Heureux de savoir à quoi sert ma (modeste) contribution.
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1972 messages publiés
mosquito33, le 01/08/2012 - 21:28
Ce texte a été réfléchi, ça se voit. Il a le mérite de poser le débat en ouvant les pistes, nombreuses, à étudier. Après tout, ça n'avait guère été fait de manière globale et méthodique, en France à ma connaissance.
Espérons que les politiques sauront s'en saisir et explorer quelques unes des pistes... ça sera long, n'en doutons pas, mais ça n'est pas impossible. Les pistes suivantes suivront d'elles-mêmes.
Bravo à la quadrature. Heureux de savoir à quoi sert ma (modeste) contribution.


Sans rien enlever au mérite de Quadrature, cela a été fait et refait en France et dans le monde depuis 15 ans et plus, de multiples manières.
Deux noms, presque au hasard : Quéau, Trégouet.

Nous sommes dans le cadre d'une Révolution (au sens noble du terme) , dite numérique à tort à mon avis, cela s'étale donc sur plus que quelques années.

Remarque au passage : et cela souligne cruellement l'incapacité et la médiocrité flagrantes et coupables des pseudos-responsables politiciens de profession!!!
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8078 messages publiés
Amicalement, le 01/08/2012 - 21:40
mosquito33, le 01/08/2012 - 21:28
Ce texte a été réfléchi, ça se voit. ...
Bravo à la quadrature. Heureux de savoir à quoi sert ma (modeste) contribution.


Sans rien enlever au mérite de Quadrature, cela a été fait et refait en France et dans le monde depuis 15 ans et plus, de multiples manières.
Deux noms, presque au hasard : Quéau, Trégouet.

Nous sommes dans le cadre d'une Révolution (au sens noble du terme) , dite numérique à tort à mon avis, cela s'étale donc sur plus que quelques années.

Remarque au passage : et cela souligne cruellement l'incapacité et la médiocrité flagrantes et coupables des pseudos-responsables politiciens de profession!!!


Oui, je ne sais pas/plus s'ils ouvraient un éventail aussi large... ma mémoire a ses lacunes (!) Certains blogs ont également très bien traité la question.
Et tant mieux : plus on sera nombreux, mieux se sera.
Inscrit le 29/04/2009
1494 messages publiés
- Je dirais d'abord qu'il faut simplifier ce patacaisse que constitue les droits d'auteur & voisins..dans le contexte international et l'adapter à la libre-circulation sur le web.
http://www.les-infos...e-international
on aboutit vers 1 alignement sur les accords internationaux des pays signataires qui peuvent rendre nul les législations nationales ou les actes de jurisprudences non conformes ,... 1 renforcement des monopoles d'édition & de distribution internationaux source de spéculations organisées !
- Je soutiens certains aspects de la Quadrature du Net bien qu'incomplets ...mais on a plus besoin de simplification des lois que d'ajouts d'autres qui ajouteraient encore de la confusion car trop de droits d'auteur tue le droit d'auteur ...
6 les internautes réclament un "droit d'usage librement accessible" allégé des abus de la Propriété Intellectuelle; tandis que nos auteurs demandent une juste répartition de ces droits entre tous ( 98,8% des sociétaires de la Sacem ne touchent rien ou très peu ...et 1 petite minorité se goinfre de profits et des intermédiaires parasitaires pléthoriques se comportent comme des sangsues ).
Je doute qu'on puisse composer avec eux, vu leur aveuglement & leur cupidité ! Je pense qu'ils iront droit dans le mur, tous seuls...
Inscrit le 13/08/2010
8078 messages publiés
Hasard de mes flâneries internétiennes : Marc Le Glatin, interview au Sénat.
Tout simplement brillant, et dans un style impeccable.

'll y a des moments où ce n'est pas aux usages de s'adapter aux droits existants mais au droit de s'adapter aux usages â? Il faut en tirer des conséquence'.
'Cela fait très peur, mais la sécurité sociale n'a jamais empêché qu'il y ait des médecins libéraux â?'

http://www.jmp.net/2...et-internet-qui

Merci à Jean Michel Planche de l'avoir postée. Je ne l'aurais probablement pas vue sinon.

[message édité par mosquito33 le 01/08/2012 à 22:56 ]
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+1 pour J.M.Planche....Ettighoffer l'avait dit dans son blog aussi et levé d'autres lièvres sur le Copyright depuis longtemps...

NB: La Quadrature du Net parle des CC ( l'avenir des droits d'auteurs en fait), lais fait l'impasse sur la LG mutualisée qui rebattrait sérieusement la pratique et la répartition du Droit d'Auteur...
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@ mosquito33
@ Al29300

TTES TRES GRAVE ERREUR D'APPRECIATION CONCERNANT LE GLATIN!!!

NE SURTOUT PAS REMERCIER L'AMI PLANCHE POUR FAIRE CIRCULER CA.

Je ne peux pas en plus dire sur pourquoi je peux parler de manière aussi tranchée, mais putain, Planche, tu crains sur ce coup là!!!
Nous sommes là en présence de la caricature socialo ringarde concernant la culture (nature et organisation), internet, et le reste dont le côté apparatchik de tout et de de rien! Après, oui, il y a les belles phrases :/

Putain, je suis colère quand je vois le pouvoir qu'ont certains enfumages politicards à belles phrases quand on ne sait pas ou qu'on ne creuse pas un minimum!

Au minimum, lisez ce que Pierre Lévy dit de Le Glatin, et de son ouvrage que l'ignorante qui introduit cette vidéo encense en employant même me mot de révolutionnaire. Quelle ânesse!

Merde, colère sur ce coup là un peu!
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Je ne peux pas en plus dire sur pourquoi je peux parler de manière aussi tranchée

Pourquoi ?
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Pour moi il manque deux choses :

* Une durée des droits réduite : jusqu'à 99 ans après la mort parfois, c'est trop.

* Une durée reconnue internationalement : il est aberrant que certains livres francophones soient libres de droit au Québec et pas en France.
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VIDEOCLUB, le 01/08/2012 - 17:42
tout gratos !!!!!!!!!!


Mon pauvre tu as bien perdu de ta superbe, tu n'es plus ce grand troll que j'ai connu en arrivant ici. Tu n'es même plus capable d'alimenter / créer un débat !

Désormais tes messages se font bien rares et se résument à une connerie facilement identifiable suivie d'une dizaine de points d'exclamation. Tu devrais songer à une reconversion. (faire des commentaires utiles ?)
[message édité par Nyn le 02/08/2012 à 13:18 ]
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Zig, j'ai dis que je ne peux en dire plus, point barre. Mais si j'ai donné un avis aussi net et précis, c'est que j'ai des très bonnes raisons de l'avoir fait, et une connaissance du "cas" assez poussée disons.
Il est d'ailleurs assez logique que Le Gllattin soit entendu alors que des gens aussi caricaturaux que Filipetti sont aux manettes et prétendent s'occuper de Culture, de Numérique, ou d'Internet!

Quant à JMPlanche, mon comment reply de ce matin modéré n'a toujours pas été validé sur son blog... Je ne peux croire un instant qu'il se soit lui laissé ainsi blouser comme un bleu par quelques belles phrases.

Pour ceux qui veulent ne serait ce que lire au minimum l'avis (éclairé, et largement partagé chez ceux qui savent!) de Pierre Lévy sur le "cas" sus nommé :
http://www.cairn.inf...-1-page-189.htm

----

GRAVE ERREUR D'APPRECIATION CONCERNANT LE GLLATIN!!!

NE SURTOUT PAS REMERCIER L'AMI PLANCHE POUR FAIRE CIRCULER CA.

Je ne peux pas en plus dire sur pourquoi je peux parler de manière aussi tranchée, mais crénom :-), Planche, tu n'assures pas :-) sur ce coup là!!!
Nous sommes là en présence de la caricature socialo-mondaine-poussiéreuse concernant la Culture (nature et organisation), internet et le numérique, et le reste dont le côté apparatchik de tout et de de rien! Après, oui, il y a les belles phrases :/

Vingt dioux ;-), je suis colère quand je vois le pouvoir qu'ont certains enfumages à belles phrases quand on ne sait pas qui parle ou qu'on ne creuse pas un minimum!

Au minimum, lisez ce que Pierre Lévy dit de Le Gllattin et de ses "talents intellectuels", et de son ouvrage que l'ignorante au Sénat évoque dans cette vidéo

Mince :-), colère sur ce coup là, un peu!

Ollé! Pas de violence, mais lucidité et fermeté sont nos amis.
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C'est un peu dommage le peu de réactions ici sur ce texte dont parle le papier de Numerama, je trouve :

http://www.laquadrat...lturelles-liees
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z6100, le 01/08/2012 - 20:03

Sans auditeurs (consommateur) pas de musique.
Ne l'oublier pas.


Malheureusement je n'en suis plus aussi sur.

Depuis que la culture est devenue une industrie, menée par de grandes sociétés multi-domaine (ex: Vivendi qui détient aussi bien des chaînes de TV que des majors que des radios que des producteurs de jeux vidéos ...) , le circuit du financement ne repose plus exclusivement sur l'auditeur ou le spectateur, mais bien plutôt sur le sponsoring croisé et les subventions.

Ce que tu écoutes & regarde n'a que très peu d'importance, au final.
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obcd,

je rererecolle sous les tirets un texte qui n'est pas de moi et que j'avais sauvegardé à partir d'un "forum" tant je l'avais trouvé vivant et pertinent. Le mec qui l'avait écrit sous pseudo Egide est un écrivain m'avait il dit par ailleurs.

Et comme il rentre en parfaite résonance avec ce que tu dis, avec des cas comme Filipetti et Glattin, et avec certains points du texte de Quadrature, ça me semble pertinent.

Tu me diras si tu apprécies, éventuellement.

----------

Les " cadres " du PS n'ont pas su obtenir un consensus sur la culture. Alors, l'un d'entre eux, d'un quelconque sous-courant la ramène dans la presse pure player (c'est plus prudent) pour régler des comptes ésotériques ou se faire de la pub personnelle.

L'auteur de l'article présente les socialistes comme de grands naïfs, des idéalistes, pour la culture et les arts.

Et cette affirmation, péremptoire et sans aucun engagement autres que des promesses fumeuses en forme de grande phrase creuse :

La démocratisation culturelle et le soutien à la création artistique, ..., au c?ur du projet socialiste, ...
blabla grotesque et sur-usé.
Scandaleuse affirmation que la réalité dénie et d'une outrecuidance !

Parler de manque d'imagination des élus socialistes n'est pas peu dire.

La politique culturelle, c'est, ni plus, ni moins, de la communication politique qui asservit l'action culturelle à ses propres fins électorales et accompagne chacun des projets artistiques. C'est en faveur de quelques uns, clientélisme, pour le bien de tous, démagogie.

Car il n'est de politique culturelle socialiste que clientélisme et corporatisme, opportunisme bien compris.

C'est le terrible constat que l'on peut faire du pilotage des affaires culturelles des collectivités gérées par les socialistes.

Alors que les hiérarques socialistes mènent la même politique de notablilité des arts et de la culture que leur opposants en politique :
- Marchandisation à tout va du domaine public,
- Transformation des biens et des collections patrimoniales de l'état et des collectivités en commerce du divertissement, la culture pour chacun, et de produits dérivés, la culture à la portée de tous.

Gageons que les Tartufe de la gôche de gouvernement trouveront de fructueux partenariats avec le privé en échange de la privatisation en exclusivité des ?uvres et des biens du domaine public.

Pourquoi se casser les pieds à trouver des sponsors qui gâcheront la belle affiche des notables qui en ont tant besoin pour assurer leur notoriété et pourvoir ainsi à leur possible réélection.

Ce dont a besoin l'activité des arts et de la culture, c'est la fin de la désastreuse exception culturelle, invention d'inspiration fasciste, et qui a, en trente ans, réduit à rien le rayonnement de la civilisation française à l'étranger.

Le protectionnisme, c'est à dire dans les faits la création d'ologopoles réservées aux filiales multimédias de quelques sociétés de CAC40 ont achevé de rendre impossible le financement de la création par son activité même.

Tout ce qui était valorisable en matière d'art et de culture est maintenant entièrement réservé à ces filiales qui établissent l'oligarchie des ayants-droits et les grands détaillants, les maîtres des ventes et des réglementations abusives, voraces consommateurs de toute subventions non seulement publiques, cela va de soi, mais aussi privées.

Le problème de la culture n'est pas son financement, c'est le problème de sa libération.

Liberté d'expression, fin des monopoles, rétablissement du domaine public, rendu enfin accessible et diffusable, par défaut par tous ceux qui souhaitent se servir des contenus.

Ce dont la culture a besoin, c'est d'une loi équitable sur le droit d'auteur qui rende aux créateurs l'usufruit de sa création. Qu'on mette fin à l'emprie de ce droit subjectif des contrats d'auteurs ou de propriété intellectuelle, et qui sont autant de moyens confiscatoires de l'?uvre au profit de ceux qui la vendent mais ne la financent plus du tout, et ce, depuis longtemps.

Ce dont la création a besoin, c'est la réduction drastique de la durée de l'exception du droit d'auteur portée par pur folie cupide à 70 ans, en attendant de l'augmentater à plus de cent ans sous la pression des lobbyistes des revendeurs.

Il n'est rien de plus ubuesque que de voir les directeurs de la FNAC se réjouir bruyamment de la loi française sur le prix unique du livre qui tue, à petit feu les libraires depuis 30 ans.

Et ceux là, ces libraires dont la marge est au mieux de 1,5 % subsventions comprises s'en réclament encore. Tant le soutien des collectivités leur est plus nécessaire que la chalandise même.

Tandis que n'importe quelle filiale multimédia rend bien 15%, voire bien plus, et, en sus ils crient qu'on les volent, à cause d'Internet.

Certes la publicité n'a jamais été et ne sera jamais l'avenir de la culture.
Et, de toute façon, l'offre d'espace est largement supérieure à la demande des annonceurs, les rêves clientélistes des politiciens sont des délires nauséeux et désirs de basses ?uvres.

Monsieur le technocrate, quel est-il alors, l'avenir du financement de la culture, on n'a rien lu dans cet article sur cette question cruciale ?

La position du hiérarque de gôche sur le financement de la culture, on ne la saura pas. Jamais un politicien n'exprime ce qu'il pense et réalise concrétement.

L'ENA et HEC, entre autres officines de formation des élites l'enseignent dès la première année : ne parlez que de ses succès, signalez les échecs des autres, surtout des amis.
Ne jamais fâcher un adversaire qui pourra servir plus tard.
L'application de ce précepte jésuistique est éclatant dans cet article.

Surtout ne répondez pas. Cependant, je vous le dis, ici ce n'est pas la télévision. Du moins pas encore. Et le discours ne vient pas que d'en " haut ". Les palais de la notabilité républicaine ne sont pas dans des Himalayas. On y entre et on en sort, de la rue, et depuis 89.

Ici les commentaires sont parfois des extraits de cahier de doléances.

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Zig, j'ai dis que je ne peux en dire plus, point barre. Mais si j'ai donné un avis aussi net et précis, c'est que j'ai des très bonnes raisons de l'avoir fait, et une connaissance du "cas" assez poussée disons.
Il est d'ailleurs assez logique que Le Gllattin soit entendu alors que des gens aussi caricaturaux que Filipetti sont aux manettes et prétendent s'occuper de Culture, de Numérique, ou d'Internet!


Vu que tu es de parti pris dès que tu parles du gouvernement socialiste (il n'y a qu'à voir comment tu parles de Filipetti), on peut donc se dire que c'est la même chose lorsque tu parles de gens comme Le Glatin. D'ailleurs quand tu en parles, c'est pour le qualifier de "caricature socialo ringarde". Donc on se dit que ce sont davantage des reproches basés sur une divergence politique que basés sur des faits objectifs.

Et cette affirmation, péremptoire et sans aucun engagement autres que des promesses fumeuses en forme de grande phrase creuse

Ben... je suis à nouveau un peu gêné : tu reproches à des gens de faire des affirmations péremptoires alors que tu viens de nous en gratifier d'une particulièrement gratinée.

Il n'est rien de plus ubuesque que de voir les directeurs de la FNAC se réjouir bruyamment de la loi française sur le prix unique du livre qui tue, à petit feu les libraires depuis 30 ans.

C'est marrant, mais ce sont les libraires indépendants qui se réjouissent de la loi sur le prix unique du livre qui a permis de les sauver.

Il n'est qu'à voir les disquaires indépendants qui ont quasiment tous disparus parce que les "supermarchés" (FNAC, Virgin et grandes surfaces) peuvent vendre à des prix cassés. Oui, des librairies ont hélas disparu : mais pas à cause de la loi sur le prix unique du livre. Au contraire cette loi a permis d'éviter encore plus de fermetures.

Rappelons également que lorsqu'en 2008, des députés UMP ont voulu revenir sur ce prix unique, ce sont les libraires indépendants qui sont montés au créneau pour défendre la loi.


Les professionnels du livre, auteurs, traducteurs, éditeurs et libraires, rejoints par les bibliothécaires et de nombreux acteurs du livre en régions, ont expliqué d'une même voix que ces amendements remettaient en cause la loi de 1981 et menaçaient les équilibres du marché du livre, ainsi que la diversité de la création et de l'édition françaises.[...]

Les livres se vendent au même prix quel que soit le lieu d'achat, dans une librairie, une grande surface ou sur Internet, durant au moins deux ans. Ce système évite une guerre des prix sur les best-sellers qui ne permettrait plus aux libraires de présenter une offre de titres diversifiée ni aux éditeurs de prendre des risques sur des ouvrages de recherche et de création qui ont besoin de temps et de visibilité dans les librairies pour trouver leur public.

http://pourlelivre.wordpress.com/
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tout gratos !!!!!!!!!!

Quand tu baises, tu payes ? Si tu payes, c'est que tu es un con. A moins que tu n'aie le nez placé derrière la tête, auquel cas tu n'as pas d'autre choix que de "raquer" si tu veux continuer à te "cultiver".
Inscrit le 07/10/2011
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Zig, je ne te donne pas l'email de ce Egide qui a écris ce texte, tu lui prendrais trop la tête avec tes rhétorique fumeuses et tes rétrécissements intellectuels.

Et puis franchement, ton niveau de lecture très bas, dont tu donnes la preuve par tes réactions à ce texte sur Culture (nature et organisation!) de très bonne qualité de fond et de forme, feraient perdre du temps à ce Egide et son intelligence, pour qui j'ai du respect.

A plus l'ami...
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2754 messages publiés
Amicalement, le 02/08/2012 - 16:54

Tu me diras si tu apprécies, éventuellement.



J'ai lu.

* Concernant les politiques, je suis assez d'accord - qu'ils soient de droite ou de gauche ou autre, de toute façon ils sont pour la plupart partisans du status-quo et de l'immobilisme: "Mieux vaux ne rien faire que de faire une connerie".
Moi je pense que c'est plus par ignorance, incompétence et je-m-en foutisme que d'une réelle volonté de nuire: Après tout certains députés se battent pour changer les choses, ils sont juste ignorés, voire écartés des débats par d'autres politiques à qui tout changement fait peur.

En bref, on a pas de politiciens visionnaires dans une position susceptible de faire bouger les choses, et je pense que la Vème république a été conçue pour ça.

On le voit particulièrement sur le sujet initial de l'article: Des propositions concrètes & construites n'arrivent pas par un groupe parlementaire ou par les premiers concernés, mais plutôt par un groupe de gens auto-proclamés, qui tentent, à leur façon, de faire bouger les choses.

* Concernant la 2ème partie (les livres).....j'avoue que je ne sais pas quoi penser.
A titre personnel, bien que je lise bcp ça fait une éternité que je n'ai plus mis les pieds dans une librairie. Alors qu'au contraire quand j'étais aux US j'adorais passer du temps chez Barnes & Nobles ou Borders (*): L'ambiance était très différente, t'étais encouragé (en particulier en prenant un petit café au sein du magasin) à prendre ton temps, à choisir, ...

En France , par contre, les librairies sont plus petits, le vendeur te saute dessus dès que tu rentres, t'est pas du tout encouragé à flâner, encore moins à feuilleter voire même lire (!) un bouquin dans le magasin: T'est là pour acheter, point. Sinon tu dégage. En tous cas c'est l'impression que j'ai.
D'autant plus que la plupart du temps ils ont pas ce que tu cherches (exemple récent: Ils n'ont que le 1er bouquin d'une série, il faut commander les autres, que tu pourras venir chercher dans 3 semaines...)

A coté de ça, t'a Amazon qui te permet d'acheter en 1 clic en recevant le bouquin le lendemain chez toi (voire immédiatement si t'a un Kindle), et te permet de feuilleter le bouquin, le cul posé sur le canapé....
Sauf que les auteurs (et éditeurs) se font enfler par Amazon.

Je pense que dans ce domaine, on en est vraiment qu'au début de chez début de la mutation - les auteurs (ou leur éditeurs) ont une lourde tâche devant eux:
Il va falloir qu'ils établissent un système qui à la fois:

- Donne envie aux lecteurs d'acheter, à la fois par la promotion et la liberté d'usage,
- Leur permet de se rémunérer
- Propose une alternative crédible aux géants tel qu'Amazon, Apple et autres, sinon ce sont ces magasins hyper-centralisés qui vont capter toute la valeur et finir par bouffer complètement les auteurs, tuant toute créativité et censurant de fait tout ce qui est "hors norme". C'est actuellement ce qui se passe dans la musique & le cinéma.
- Tout ça en ayant strictement AUCUN support politique et législatif.

Je suis pas bien sûr qu'ils aient compris l'ampleur de la tâche, ni même par quel bout le prendre.


(*) L'effondrement récent de Borders montre que même ce modèle ne fonctionne pas: Dans un domaine grand-public à faible marges, il semble que l'un des seuls moyens de faire du blé est de se constituer un monopole, pour forcer les gens à aller soit chez toi, soit se passer du bien ou du service visé. C'est pour ça que le partage entre personnes à titre non lucratif est tellement dangereux pour eux: C'est simplement une concurrence qui ne dis pas son nom.
[message édité par obcd le 03/08/2012 à 10:18 ]
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Amicalement, le 03/08/2012 - 08:24
Zig, je ne te donne pas l'email de ce Egide qui a écris ce texte, tu lui prendrais trop la tête avec tes rhétorique fumeuses et tes rétrécissements intellectuels.


Les provocations imbéciles de ce personnage sont désormais incessantes. Mais pourquoi se gênerait-il puisque que quand il dérape trop fort, les modérateurs lui donnent juste un coup de règle sur les doigts en lui disant "c'est pas bien". Mais encore faut-il le leur signaler parce que sinon, ils n'en ont pas grand chose à faire.


Et puis franchement, ton niveau de lecture très bas, dont tu donnes la preuve par tes réactions à ce texte sur Culture (nature et organisation!) de très bonne qualité de fond et de forme, feraient perdre du temps à ce Egide et son intelligence, pour qui j'ai du respect.

Tu es vraiment trop drôle toto ! A aucun moment je ne parle de ce texte.
Par contre, je me fais un peu de souci pour Egide puisque tu as du respect pour lui...
[message édité par zig et puce le 03/08/2012 à 12:43 ]
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ze_katt (Modérateur(rice)) le 03/08/2012 à 13:45
Amicalement, le 02/08/2012 - 16:54
Les " cadres " du PS n'ont pas su obtenir un consensus sur la culture. Alors, l'un d'entre eux, d'un quelconque sous-courant la ramène dans la presse pure player (c'est plus prudent) pour régler des comptes ésotériques ou se faire de la pub personnelle.

L'auteur de l'article présente les socialistes comme de grands naïfs, des idéalistes, pour la culture et les arts.

Et cette affirmation, péremptoire et sans aucun engagement autres que des promesses fumeuses en forme de grande phrase creuse :

La démocratisation culturelle et le soutien à la création artistique, ..., au c?ur du projet socialiste, ...
blabla grotesque et sur-usé.
Scandaleuse affirmation que la réalité dénie et d'une outrecuidance !

Parler de manque d'imagination des élus socialistes n'est pas peu dire.

La politique culturelle, c'est, ni plus, ni moins, de la communication politique qui asservit l'action culturelle à ses propres fins électorales et accompagne chacun des projets artistiques. C'est en faveur de quelques uns, clientélisme, pour le bien de tous, démagogie.

Car il n'est de politique culturelle socialiste que clientélisme et corporatisme, opportunisme bien compris.

C'est le terrible constat que l'on peut faire du pilotage des affaires culturelles des collectivités gérées par les socialistes.

Alors que les hiérarques socialistes mènent la même politique de notablilité des arts et de la culture que leur opposants en politique :
- Marchandisation à tout va du domaine public,
- Transformation des biens et des collections patrimoniales de l'état et des collectivités en commerce du divertissement, la culture pour chacun, et de produits dérivés, la culture à la portée de tous.

Gageons que les Tartufe de la gôche de gouvernement trouveront de fructueux partenariats avec le privé en échange de la privatisation en exclusivité des ?uvres et des biens du domaine public.

Pourquoi se casser les pieds à trouver des sponsors qui gâcheront la belle affiche des notables qui en ont tant besoin pour assurer leur notoriété et pourvoir ainsi à leur possible réélection.

Ce dont a besoin l'activité des arts et de la culture, c'est la fin de la désastreuse exception culturelle, invention d'inspiration fasciste, et qui a, en trente ans, réduit à rien le rayonnement de la civilisation française à l'étranger.

Le protectionnisme, c'est à dire dans les faits la création d'ologopoles réservées aux filiales multimédias de quelques sociétés de CAC40 ont achevé de rendre impossible le financement de la création par son activité même.

Tout ce qui était valorisable en matière d'art et de culture est maintenant entièrement réservé à ces filiales qui établissent l'oligarchie des ayants-droits et les grands détaillants, les maîtres des ventes et des réglementations abusives, voraces consommateurs de toute subventions non seulement publiques, cela va de soi, mais aussi privées.

Le problème de la culture n'est pas son financement, c'est le problème de sa libération.

Liberté d'expression, fin des monopoles, rétablissement du domaine public, rendu enfin accessible et diffusable, par défaut par tous ceux qui souhaitent se servir des contenus.

Ce dont la culture a besoin, c'est d'une loi équitable sur le droit d'auteur qui rende aux créateurs l'usufruit de sa création. Qu'on mette fin à l'emprie de ce droit subjectif des contrats d'auteurs ou de propriété intellectuelle, et qui sont autant de moyens confiscatoires de l'?uvre au profit de ceux qui la vendent mais ne la financent plus du tout, et ce, depuis longtemps.

Ce dont la création a besoin, c'est la réduction drastique de la durée de l'exception du droit d'auteur portée par pur folie cupide à 70 ans, en attendant de l'augmentater à plus de cent ans sous la pression des lobbyistes des revendeurs.

Il n'est rien de plus ubuesque que de voir les directeurs de la FNAC se réjouir bruyamment de la loi française sur le prix unique du livre qui tue, à petit feu les libraires depuis 30 ans.

Et ceux là, ces libraires dont la marge est au mieux de 1,5 % subsventions comprises s'en réclament encore. Tant le soutien des collectivités leur est plus nécessaire que la chalandise même.

Tandis que n'importe quelle filiale multimédia rend bien 15%, voire bien plus, et, en sus ils crient qu'on les volent, à cause d'Internet.

Certes la publicité n'a jamais été et ne sera jamais l'avenir de la culture.
Et, de toute façon, l'offre d'espace est largement supérieure à la demande des annonceurs, les rêves clientélistes des politiciens sont des délires nauséeux et désirs de basses ?uvres.

Monsieur le technocrate, quel est-il alors, l'avenir du financement de la culture, on n'a rien lu dans cet article sur cette question cruciale ?

La position du hiérarque de gôche sur le financement de la culture, on ne la saura pas. Jamais un politicien n'exprime ce qu'il pense et réalise concrétement.

L'ENA et HEC, entre autres officines de formation des élites l'enseignent dès la première année : ne parlez que de ses succès, signalez les échecs des autres, surtout des amis.
Ne jamais fâcher un adversaire qui pourra servir plus tard.
L'application de ce précepte jésuistique est éclatant dans cet article.

Surtout ne répondez pas. Cependant, je vous le dis, ici ce n'est pas la télévision. Du moins pas encore. Et le discours ne vient pas que d'en " haut ". Les palais de la notabilité républicaine ne sont pas dans des Himalayas. On y entre et on en sort, de la rue, et depuis 89.

Ici les commentaires sont parfois des extraits de cahier de doléances.

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http://www.rue89.com...comment-2793797
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En France , par contre, les librairies sont plus petits, le vendeur te saute dessus dès que tu rentres, t'est pas du tout encouragé à flâner, encore moins à feuilleter voire même lire (!) un bouquin dans le magasin: T'est là pour acheter, point. Sinon tu dégage. En tous cas c'est l'impression que j'ai.

Tu parles de la FNAc ou de librairies indépendantes ?

Parce que si tu compares les supermarchés Barnes & Nobles avec les supermarchés FNAC, il n'y a effectivement pas photo : les mecs de la FNAC peuvent passer indifféremment du rayon livres au rayon petits pois.

Par contre, j'ai la chance d'avoir 3 librairies indépendantes (avec des positionnements un peu différents) dans ma ville : et c'est un pur bonheur.
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1972 messages publiés
@obcd le 03/08/2012 à 09:49
Merci de ta réaction. Les miennes.

Concernant ce que tu dis sur les "politiciens", je suis d'accord sur certains points, et notamment celui qui met l'accent sur le faire que les "gens de valeur" sont écartés voire carrément virés.
Bien que je ne trouve pas la ref à la Ve explicative de la situation actuelle pertinente, excuse moi. Mon constat est hélas plus cruel, et je crois que nous avons atteint le point de décadence non pas d'une république, mais bel et bien d'une forme démocratique et des castes qui s'y sont cristallisées, une forme née dans les idées et dans ses formes institutionnalisées, pour faire simple, disons au XVIIIème.

Sur les librairies, pour ma part à Paris, je n'achète plus depuis des années mes livres que dans de petites librairies, quitte à les commander. Dans les quelques unes que je fréquente, je peux passer si je le souhaite autant de temps que je veux à découvrir/feuilleter, échanger avec les "vrais gens" qui les tiennent, avoir des conseils, etc

Sur la mutation que tu évoques, c'est clair qu'on n'est qu'au début du début de ce qui est déjà et sera profondément impacté par le net, cad à peu près tout :-)
C'est civilisationnel voire carrément anthropologique disent certains.
Comme toi, je trouve le modèle Amazon, ou Itunes etc, extrêment déplaisant, et à vrai dire monstrueusement archaïque et menaçant.
Les logiques P2P, par contre, me séduisent au plus haut point, et pas que pour la création et la diffusion "culturelles"!
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Amicalement, le 03/08/2012 - 14:08
@obcd le 03/08/2012 à 09:49
Merci de ta réaction. Les miennes.

Concernant ce que tu dis sur les "politiciens", je suis d'accord sur certains points, et notamment celui qui met l'accent sur le faire que les "gens de valeur" sont écartés voire carrément virés.
Bien que je ne trouve pas la ref à la Ve explicative de la situation actuelle pertinente, excuse moi. Mon constat est hélas plus cruel, et je crois que nous avons atteint le point de décadence non pas d'une république, mais bel et bien d'une forme démocratique et des castes qui s'y sont cristallisées, une forme née dans les idées et dans ses formes institutionnalisées, pour faire simple, disons au XVIIIème.

Concernant ce que tu dis sur les "politiciens", je suis d'accord sur certains points, et notamment celui qui met l'accent sur le faire que les "gens de valeur" sont écartés voire carrément virés.
Bien que je ne trouve pas la ref à la Ve explicative de la situation actuelle pertinente, excuse moi. Mon constat est hélas plus cruel, et je crois que nous avons atteint le point de décadence non pas d'une république, mais bel et bien d'une forme démocratique et des castes qui s'y sont cristallisées, une forme née dans les idées et dans ses formes institutionnalisées, pour faire simple, disons au XVIIIème.



* Sur la Vème république, je voulais simplement dire que l'organisation politique était conçue pour maintenir le status-quo (Je ne dis pas que les autres structures précédentes ne faisaient pas de même).
Trouver une organisation politique qui réponds à tous les critères recherché n'a rien de simple; je pense en fait qu'on l'a pas encore trouvé.


Sur les librairies, pour ma part à Paris, je n'achète plus depuis des années mes livres que dans de petites librairies, quitte à les commander. Dans les quelques unes que je fréquente, je peux passer si je le souhaite autant de temps que je veux à découvrir/feuilleter, échanger avec les "vrais gens" qui les tiennent, avoir des conseils, etc


J'admets que c'est une question de choix, et peut-être de chance (je suis peut-être tombé que sur des libraires boulets).
Celle en bas de chez moi j'y fout plus les pieds.

Sur la mutation que tu évoques, c'est clair qu'on n'est qu'au début du début de ce qui est déjà et sera profondément impacté par le net, cad à peu près tout :-)
C'est civilisationnel voire carrément anthropologique disent certains.


+1.


Comme toi, je trouve le modèle Amazon, ou Itunes etc, extrêmement déplaisant, et à vrai dire monstrueusement archaïque et menaçant. Les logiques P2P, par contre, me séduisent au plus haut point, et pas que pour la création et la diffusion "culturelles"!


Malheureusement, à l'heure actuelle ce sont les 1ères qui gagnent.

Pour que les 2nd s'imposent, à mon sens il faut:
1) Des réseaux physiques rapides & symétriques
2) Des opérateurs (dont font partis les FAI , mais pas seulement) neutres
3) Un *gros* travail de simplification des outils P2P, pour devenir aussi simples & naturels que les outils centralisés (ce qui implique un travail sur le réseau en amont, également, pour l'ouverture de ports par exemple)
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Je reprends tes points 1 par 1.

Sur la Vème, sa genèse et plus de 50 d'évolution, ça fait une histoire assez riche et compliquée. Le système d'organisation politique parfait, ça n'existe pas, par nature je dirai. Et je rajouterai que ceux qui veulent des choses parfaites apportent toujours des catastrophes avec eux.
Mais comme je le disais précédemment, je crois qu'on a atteint là un niveau de déliquescence tellement avancé que bon, ça ne plus continuer très longtemps comme ça, c'est devenu trop éloigné des principes de base et des mécanismes régulateurs d'inspiration démocratique, dangereusement!
En outre, il y a eu de mon point de vue de nombreuses avancées en France et ailleurs ces 50 derniers années qui permettent de dégager des axes théoriques (philosophie et philosophie politique) et pratiques (expériences et retours d'expériences, à finalité institutionnelles) qui soient suffisamment forts.

Pas de bol pour ta librairie pas cool. Si tu vis dans une ville où les libraires ne courent pas les rues, c'est con.

Il est tout à fait logique "dans le contexte actuel" que les premières semblent l'emporter. A l'arrivée, je parie le contraire.

Concernant le symétrique, la fibre résout le problème, non? (mais je ne suis pas ingé réseaux). Mais bon, si on laisse des privés seuls tirer les fibres, ça va crééer des soucis...
Concernant les opérateurs, oui, mais ça demande une volonté politique forte. Car pour les opérateurs la non neutralité est là où ils espèrent faire la VA, beaucoup de VA, trop de VA! En plus, ne pas oublier le cas "mobile". Et là, gros soucis dans les orientations prises.
Concernant les outils, je crois que si la logique organisationnelle était promue (donc intelligence et volonté politique, cad vu la chienlit dans les palais de la république autant demander à une enclume de s'envoler), leur développement suivrait. Et puis, entre nous, quand le fils de ma voisine utilisait emule, il s'en sortait très bien car pas très compliqué emule, très simple et ergonomique même. Mais bon, ok, P2P, ça dépasse largement le cas de l'échange de fichiers, d'où du boulot en dvpt soft et hard comme tu dis.
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Concernant le symétrique, la fibre résout le problème, non? (mais je ne suis pas ingé réseaux).


Absolument pas. La technologie GPON (orange & SFR) n'est pas symétrique, par exemple.

Il y a aussi un problème d'architecture du réseau: Actuellement les grands opérateurs ont pris le parti de tirer la fibre sur le même modèle que le cuivre (Sous la forme d'un arbre, donc, avec un point central tout en haut).

A l'époque du téléphone c'était +/- nécessaire, vu comment marchait les switchs téléphoniques. C'est plus du tout le cas aujourd'hui avec Internet, MAIS ils ont gardé le modèle, car 1) ils savent pas faire autrement et ça ne les intéressent pas d'essayer, et 2) c'est ce type d'architecture centralisée qui permet de contrôler tout ce qui passe, et, un jour, de facturer au temps/à l'octet/au service utilisé.


Mais bon, si on laisse des privés seuls tirer les fibres, ça va crééer des soucis...


C'est certain. Le premier d'entre eux est qu'ils vont correctement prendre les subventions, mais que pour ce qui est du tirage effectif, ça, ca va être plus difficile.

Concernant les opérateurs, oui, mais ça demande une volonté politique forte. Car pour les opérateurs la non neutralité est là où ils espèrent faire la VA, beaucoup de VA, trop de VA! En plus, ne pas oublier le cas "mobile". Et là, gros soucis dans les orientations prises.


Pour moi sur les mobiles c'est déjà foutu: C'est VPN ou rien, et le jour où les VPN seront bloqués ça sera rien.
Je ne pense pas qu'une volonté politique forte y change quoique ce soit, dans le monde d'aujourd hui où nos politiques sont subordonnées à celles de l'EU et donc de l'OMC (et tous les organismes non démocratiques qui représentent les grosses boites).

Pour moi la solution viendra forcément d'une foultitude de micro-FAI (de quelques milliers à quelques dizaines de milliers d'abonnés), chacun ayant ses spécificités.
On le vois déjà sur les rares zones où des fibres sont déployées par les conseils généraux (donc là ou les opérateurs nationaux ne veulent pas venir): Il y a un choix dans les FAI plus important que là ou seul Orange déploie SA fibre (et où en pratique t'a accès qu'a Orange).
Et ces petits FAI sont largement + performants que les nationaux (exception faite de free, mais eux ont renoncé à déployer en propre) :

http://lafibre.info/...e-juillet-2012/

Mais voila, ya pas de TV , pas de canal+ sport, pas de chaînes de foot payées des millions...

Après, chacun voit midi à sa porte.
A la limite, je me fout que Zig préfère avoir 160 chaînes de TV et un internet non neutre pour troller sur Numérama, tant que MOI j'ai la possibilité de m'abonner à un FAI local qui me donne vraiment mes 100M symétrique (même pour plus cher si il le faut).

La vrai question c'est d'avoir le choix. C'est précisément contre quoi Orange (et SFR et miséricable) se battent: Le choix, oui, à condition que ce soit eux qui aient la main et qui louent aux autres, de préférence plus cher que eux-même.


Concernant les outils, je crois que si la logique organisationnelle était promue (donc intelligence et volonté politique, cad vu la chienlit dans les palais de la république autant demander à une enclume de s'envoler), leur développement suivrait. Et puis, entre nous, quand le fils de ma voisine utilisait emule, il s'en sortait très bien car pas très compliqué emule, très simple et ergonomique même. Mais bon, ok, P2P, ça dépasse largement le cas de l'échange de fichiers, d'où du boulot en dvpt soft et hard comme tu dis.


Pour les jeunes c'est vrai que c'est plus naturel, le P2P.
Reste à merger ça sur toutes les plates-formes, sur tous types de réseaux.

Par exemple en P2P il manque un truc crucial: Aujourd'hui quand tu récupère une liste d'IP de peers susceptible de te fournir un contenu, ya pas de notion de proximité: Une IP à tombouctou sera aussi valide que l'IP de ton voisin.
Et pour cause: L'archi réseau de FT fait que le mec à tombouctou sera + rapide que ton voisin, à cause de la remontée à Paris & l'asymétrie des lignes.
Un jour il faudra travailler sur ces protocoles pour y introduire une notion de "proximité géographique des réseaux", et que les softs prennent en compte la topologie des réseaux pour être le plus efficace possible.
Les travaux actuels sur le sujet n'ont que moyennement aboutis.
Inscrit le 07/10/2011
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obcd

ce que je voulais dire concernant symétrique c'est qu'il me semblait avoir compris que sous fibre le symétrique était bien plus simple à mettre en place que sous cuivre. D'ailleurs, même Orange le propose, sous tarifs très spéciaux il est vrai... Mais tout ceci ramène comme tu le notes à des choix liés à la délégation ou non des options techniques et services structurantes à des opérateurs privés (rappel : je ne suis pas informaticien réseau mais je comprends bien les réseaux ils me disent certains :-) ).

Sur mobile, j'espère bien que ce n'est pas foutu définitivement. Mais la seule possibilité de redéfinition des règles est disruptive. Que ce soit par la possibilité de création de FAI micro et multiples comme tu le préconises intelligemment je trouve, ou/ET l'imposition d'obligations aux gros FAI (les deux me semblent liés).

Sur P2P et la question de la proximité géographique, je t'avoue que je reste dubitatif sur la pertinence de la chose. A la fois car il me semble que d'un point de vue technique les voyages de paquets peuvent être détachés en très grande partie de la contrainte de la quantité de cable/fibre parcourue, mais que surtout calquer la structure et logique réseau sur la proximité physique me semble être une entorse fondamentale au concept de P2P, auquel je suis très attaché (ah l'amour...).

Question bête : tu es plutôt très au fait des questions liées à la technologie réseau hard et soft, je me trompe?
Inscrit le 17/03/2008
2754 messages publiés
Amicalement, le 04/08/2012 - 02:47
obcd

ce que je voulais dire concernant symétrique c'est qu'il me semblait avoir compris que sous fibre le symétrique était bien plus simple à mettre en place que sous cuivre. D'ailleurs, même Orange le propose, sous tarifs très spéciaux il est vrai... Mais tout ceci ramène comme tu le notes à des choix liés à la délégation ou non des options techniques et services structurantes à des opérateurs privés (rappel : je ne suis pas informaticien réseau mais je comprends bien les réseaux ils me disent certains :-) ).

Sur mobile, j'espère bien que ce n'est pas foutu définitivement. Mais la seule possibilité de redéfinition des règles est disruptive. Que ce soit par la possibilité de création de FAI micro et multiples comme tu le préconises intelligemment je trouve, ou/ET l'imposition d'obligations aux gros FAI (les deux me semblent liés).


Question bête : tu es plutôt très au fait des questions liées à la technologie réseau hard et soft, je me trompe?

Sur mobile, j'espère bien que ce n'est pas foutu définitivement. Mais la seule possibilité de redéfinition des règles est disruptive. Que ce soit par la possibilité de création de FAI micro et multiples comme tu le préconises intelligemment je trouve, ou/ET l'imposition d'obligations aux gros FAI (les deux me semblent liés).

Pour moi la seule chose qu'il est possible de faire c'est d'éviter que les gros FAI n'étouffent (par des ciseaux tarifaires par exemple) ou ne rachètent les petits.
Car les gros FAI se foutent bien des lois: Ils sont présents dans plusieurs pays, et utilisent les différences de législation à leurs profits. Et quand bien même elles doivent payer des amendes c'est nous qui payons (cf. Amende de 500ME sur l'entente sur les forfaits mobiles), après des années de batailles judiciaires.
Certains grands opérateurs ont un CA supérieur au PIB de pays dans lesquels ils opèrent....
C'est pour ça que je n'ai strictement aucun espoir sur les grands FAI, et plus généralement sur les multinationales (les banques en tête). Les histoires avec PSA (qui tire plus de revenus de ses placements financiers que des voitures) en est la démonstration éclatante.
Sur P2P et la question de la proximité géographique, je t'avoue que je reste dubitatif sur la pertinence de la chose. A la fois car il me semble que d'un point de vue technique les voyages de paquets peuvent être détachés en très grande partie de la contrainte de la quantité de cable/fibre parcourue, mais que surtout calquer la structure et logique réseau sur la proximité physique me semble être une entorse fondamentale au concept de P2P, auquel je suis très attaché (ah l'amour...).

Me suis mal exprimé.
Je parlais d'une "proximité" au sein des réseaux eux-même ! Autrement dis, combien de routeurs te séparent d'une autre IP. C'est vrai qu'en terme purement géographique, ya moins d'intérêt.
Mais si il y a moins d'intérêt c'est aussi à cause de cette architecture centralisé.
Dans ses conditions commerciales à l'accès aux NRA, Orange/FT interdit *strictement* l'installation de routeurs dans ces NRA.
Autrement dis, 2 abonnés d'un même FAI, qui échangent du trafic entre eux sur le même NRA (ou même 2 NRA voisins) seront quand même obligé de passer par un point plus haut dans le réseau, plutôt que de choisir le plus cours chemin (car en l'absence de routeurs, il n'y a pas moyen de connaître ce plus court chemin).
Pourquoi Orange impose ça ? C'est simple: Dans plus de 50% des NRA, la *seule* liaison entre ce NRA et un datacenter pour rejoindre Internet, ce sont les fibres optiques de.... Orange. Qu'ils louent, à 30 euros du mégabit par seconde, aux opérateurs tiers....
Si ces derniers pouvaient échanger du trafic en interne, voire échanger du trafic entre eux aux NRA ce serait ça de moins qui serait payé à FT. sur la liaison montante...
Donc pour préserver ses sources de revenus, Orange impose, à tout le monde, une architecture de réseau sous-optimale (Même si elle avait du sens dans le cadre de la commutation téléphonique).
C'est là où je pense que la fibre optique a une opportunité à jouer: Pas tellement dans le "simple" débit, ni même dans les services à valeur ajoutés.
C'est dans la construction d'une architecture réseau pérenne, redondé et ouverte. (Et bien entendu on en prend pas le chemin).
Ensuite, les choix des FAI quant aux chemins à suivre pour les paquets sont aussi importants
Pour faire une analogie, est-ce qu'il vaut mieux prendre une autoroute largement dimensionnée et très fluide bien que chère au mégabit par seconde , ou bien une route nationale avec plus de carrefours mais moins chère.
Le simple "nombre de sauts" n'est pas suffisant, encore faut-il que les liens réseaux sur le chemin soient rapide.
i.e. tu iras plus vite en P2P avec un mec à new-york via un réseau rapide même avec 10 routeurs, qu'avec un voisin en ADSL de merde, même à 5 routeurs de distance. C'est d'ailleurs un des éléments que la fibre peux changer, mais de toute façon t'aura toujours quelque part un lien plus lent sur le chemin.
Mais en tout état de cause, multiplier le nombre de chemin est *toujours* positif, ne serait-ce que pour de la robustesse.
Question bête : tu es plutôt très au fait des questions liées à la technologie réseau hard et soft, je me trompe?

Tu ne te trompe pas ;-) Et accessoirement je suis membre d'un FAI associatif, qui fourni un accès Internet à des gens sans passer par l'ADSL. Et on travaille pour déployer de la fibre nous-même, ce qui est loin d'être aussi cher & compliqué qu'on le dis.
Inscrit le 07/10/2011
1972 messages publiés
Un FAI associatif qui fournit des connexions à des gens et qui travaille à déployer de la fibre. Ca me plait énormément :-)

L'ensemble de ce que tu dis renvoie à des questions politiques.
Politique industrielle générale de la France.
Politique de la France vis à vis du cas Internet et réseaux.
Politique de la France et politique "européenne".
Politique versus économique/financier.
Politique d'aménagement du territoire.
Politique et démocratie au regard des process de décision des grandes orientations.
Et la cerise sur le gâteau car c'est très structurant, esprit politique dans les modèles d'organisation généraux de l'Etat et des domaines tels que les telecoms (ou la Culture, tu as lu Egide...).

Ton exposé sur le P2P et les structures s ou moins centralisées des réseaux est on ne peut plus clair. La question n'est donc pas celle de la proximité physique des gens derrière les machines connectées , ce qui m'avait fait tiqué.
Nous avons un problème avec France Telecom à l'heure d'internet. Un problème de taille. Les logiques organisationnelles promues par quelque hiérarques depuis 40 ans, hiérarques tous issus du même moule, moule étant conceptuellement archaïque et non évolutif au regard d'Internet et a fortiori de P2P, ces logiques sont des erreurs stratégiques majeures.
Le cas d'école, c'est ce qu'il est arrivé au génie Pouzin, tu connais sans doute.

Ce problème est intimement corrélé avec la question démocratique...
Car le champ de ruine qu'est la France industrielle, entre autre! (la France de la culture et de l'éducation officielles donne un bien triste spectacle, et ce spectacle est mis en scène par les mêmes pseudo élites), devrait suffire à ce que les castes d'instigateurs de ces errements ultra centralisateurs et ultra dirigistes soient "ré-oxygénés", pour le bien du pays. Mais non, au contraire.

Je pense contrairement à toi que des choses peuvent être faites par rapport aux gros FAI. Mais pas en l'état du problème général que j'évoque ci dessus, c'est clair. D'ailleurs, ce problème rend aussi peu probable une réelle protection des petits FAI contre les gros, sans même parler de la facilitation par décision politique de l'émergence de petits FAI.

J'ai été, autre chose, comme toi je pense, écoeuré de cette amende de quelques 500M (somme cumulée pour les 3 opérateurs, autant dire une broutille en rapport aux bénéfices engendrés pendant la période d'activités hors la loi!).
J'en avais parlé sur Numerama je crois il y a quelques temps. J'avais posé une colle, restée sans grande réponse :-) : comment condamner en théorie (en pratique vu l'état général du "problème" cf à peine esquissé plus haut) ces "structures" sachant que la contrainte "ne pas les détruire" doit être respectée, ce qui empêche bien évidemment des amendes à la hauteur du racket.

Pour finir, et sur ce que tu dis concernant les multinationales, les banques, et le projet ahurissant de certains d'en faire les nouvelles nations. Ce qu'il s'est passé et ne s'est pas passé en automne 2008 est crucial à mon avis.
Je crois que beaucoup de gens ont compris, même vaguement, la trahison entre autre. Et comme depuis les évènements significativement convergents, notamment au niveau européen, n'ont fait que se succéder, je reste peut être un peu plus optimiste que toi sur l'issue.
Même si, entre nous, je suis un peu inquiet des "firewalls" numériques et législatifs, et des wetwares, que je les vois installer, et qui font par exemple des FAI associatifs des créations humaines d'une importance capitale.

Bien à toi obcd.
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