Pour lutter contre le spam et les trolls, Twitter envisage de ne plus afficher les messages adressés par des utilisateurs qui ne sont suivis par personne, ou qui n'ont pas consciencieusement rempli leur profil.

Le principe originel de Twitter est que tout le monde peut discuter avec tout le monde. Il suffit d’ajouter « @ » devant le nom d’utilisateur de la personne à qui l’on s’adresse pour qu’elle voit immédiatement le message s’afficher dans son onglet « mentions ». Mais ce qui fait la force de Twitter fait aussi sa faiblesse. Victime de son succès, le service attire de plus en plus de spammers et de trolls, qui inondent les « mentions » de messages publicitaires ou de provocations.

Traditionnellement, Twitter gère le problème avec la possibilité qu’a tout utilisateur de signaler qu’un compte utilisateur est un compte de spam. Au delà d’un certain nombre de signalements, le compte est immédiatement désactivé à titre conservatoire. Mais la solution n’est pas pleinement satisfaisante.

C’est pourquoi Dick Costolo, le directeur de Twitter, a annoncé dans le Financial Times une modification des règles de fonctionnement du réseau social. L’une des solutions envisagées serait de cacher les « mentions » provenant d’utilisateurs qui n’ont aucune « autorité » sur le réseau, ce qui serait le cas en particulier des utilisateurs qui ne sont suivis par personne (qui n’ont aucun follower), qui n’ont pas rempli de biographie ou qui n’utilisent pas d’image pour leur profil.

Autant de mesures qui seront rapidement détournées par les spammers, et qui risquent donc de mettre le doigt dans un engrenage appelant à la surenchères permanente.

Twitter se refuse en tout cas à interdire l’anonymat sur le réseau social, comme l’avait fait Google sur Google+. « La raison pour laquelle nous voulons autoriser les pseudonymes est qu’il y a beaucoup d’endroits dans le monde où c’est la seule manière de pouvoir s’exprimer librement« , explique Costolo, qui a tout de même validé un système de censure nationale.

« Le revers de la médaille c’est que ça encourage aussi ces trolls… comment vous assurer que vous encouragez les gens à parler librement de sujets politiques, mais tout en faisant qu’il reste agréable de rester sur la plateforme sans endurer tous ces discours haineux ? C’est très frustrant« .

La justice britannique, elle, est venue au secours de Twitter en se montrant très sévère contre les trolls qui franchissent la ligne rouge de l’illégalité. Elle a ainsi condamné un internaute qui avait eu des propos racistes à l’encontre des joueurs de football Fabrice Muamba, et a lancé récemment une enquête contre des tweets racistes proférés contre les joueurs Ashley Cole et Ashley Young, qui avaient manqué leur tir au but contre l’Italie à l’Euro 2012.

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