Selon Les Echos, Jean-Bernard Lévy devrait quitter la présidence de Vivendi sous la pression du directoire, sept ans après avoir pris les commandes du groupe. Il paierait les mauvaises performances de sa filiale SFR suite à l'arrivée de Free sur le marché de la téléphonie mobile.

Remue-ménage à Vivendi. Selon les informations des Echos, les membres du directoire du groupe de médias et de télécommunications se sont réunis le week-end dernier pour redéfinir les priorités stratégiques de l’entreprise. Jean-Bernard Lévy, qui avait pris la tête de Vivendi en 2005, serait sur le départ. Ironie du sort, il avait lui-même remplacé pour une interim l’ancien président de la filiale SFR, Frank Esser, lorsque ce dernier a fait les frais de l’arrivée musclée de Free sur le marché de la téléphonie mobile, en mars dernier.

Le monde de la finance étant ce qu’il est, les actionnaires ont d’abord exigé de Vivendi des marges maximales avec SFR, et reprochent désormais à la présidence de ne pas avoir anticipé l’arrivée de Free, qui a fait fondre les marges avec des offres commerciales nettement plus serrées. Depuis le 1er janvier, l’action de Vivendi a perdu 20 % de sa valeur. En avril, SFR avait pourtant assuré qu’un mouvement de reflux s’opérait de la part d’abonnés de Free mécontents des services du nouvel opérateur. Visiblement, ça n’a pas convaincu en interne.

Toujours selon Les Echos, le numéro deux de Vodafone, Michel Combes, qui était pressenti pour prendre la tête de SFR, aurait finalement été « lâché » par Jean-René Fourtou, le président du directoire de Vivendi. C’est un spécialiste maison des ressources humaines, Stéphane Roussel, qui prend momentanément la direction de l’opérateur. Le temps de faire le ménage chez les salariés, avec un plan de départs volontaires d’environ 1000 salariés.

Par ailleurs, selon des rumeurs véhiculées par Bloomberg au début du mois, Vivendi songerait à céder sa filiale Activision Blizzard. En mars, Jean-René Fourtou avait prévenu les actionnaires qu’il n’était plus « tabou » d’envisager de scinder Vivendi en plusieurs entités distinctes.

Si les activités de contenus et les activités de télécommunications du groupe divorçaient, ce pourrait être une excellente nouvelle pour le respect de la neutralité du net. En 2009, Lévy avait expliqué qu’entre le développement des réseaux haut débit et les contenus, « il ne peut y avoir aucun débat interne, la priorité est de récompenser et de monétiser le contenu« . Le président sortant de Vivendi avait aussi milité pour la loi Hadopi. C’est aussi sous sa présidence que SFR a rompu ses liens de fournisseur de réseau avec le FAI associatif FDN, le jour-même où ce dernier s’opposait à l’adoption d’un amendement sur le filtrage des contenus illicites par les FAI.

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