La mission de concertation évoquée par la ministre déléguée à l'économie numérique, Fleur Pellerin, sera vraisemblablement dirigée par Pierre Lescure. L'ancien directeur de Canal+, cité par une source gouvernementale, aura pour charge d'écouter les acteurs de la filière culturelle.

Mise à jour – Au cours d'une conférence de presse sur le palmarès du théâtre, Pierre Lescure a indiqué que la mission qu'il dirige depuis l'an dernier rendra ses conclusions sur l'exception culturelle le 15 avril prochain.

Sujet du 22 mai 2012 – Au cours d'un entretien accordé dimanche à France 3, la ministre déléguée à l'économie numérique a annoncé que la concertation portant sur la révision de la loi Hadopi sera mise sur les rails dans les prochaines semaines. "Au terme de cette concertation, on avisera sur l'avenir d'Hadopi", a expliqué Fleur Pellerin, annonçant que ce chantier durera environ six mois.

Selon toute vraisemblance, c'est Pierre Lescure qui devrait diriger cette mission de concertation. En effet, Le Monde et le journaliste Frédéric Martel rapportent que l'ancien PDG de Canal+ devra "mettre en place cette instance afin d'entendre tous les acteurs de la filière et les consommateurs". En plus de ses anciennes fonctions chez Canal+, Pierre Lescure a été codirecteur général de Vivendi Universal.

Début mars, Pierre Lescure a donné une interview au Nouvel Observateur dans laquelle il explique avoir "essayé de contribuer à la réflexion de François Hollande sur Hadopi afin qu'il n'abroge pas cette loi sitôt élu mais qu'il ouvre un chantier. Celui-ci mêlera l'ensemble des acteurs sous l'

?il attentif de l'État qui validera ou non les propositions, dans l'idéal sous six-huit mois, afin d'être prêt avant l'arrivée de la télé connectée".

L'évocation de Pierre Lescure à la tête d'une mission sur Hadopi a immédiatement suscité l'ire de Philippe Aigrain, cofondateur de la Quadrature du Net, estimant "que la section politique de l'oligarchie gouvernante n'a vraiment rien compris aux conditions élémentaires de la restauration de la dignité du politique".

Ce n'est en effet pas la première fois qu'une personnalité proche des industries du divertissement est désignée pour travailler sur un sujet les concernant directement. On se souvient par exemple de Patrick Zelnik, qui a été désigné pour diriger une mission sur le piratage et le développement de l'offre légale. Or, celui-ci est aussi à la tête du label de musique Naïve.

Il y a également eu Denis Olivennes, auteur d'un rapport sur le développement et la protection des œuvres culturelles sur les nouveaux réseaux". Or, il a été aussi très lié à cet univers. Il a ainsi dirigé le groupe FNAC pendant cinq ans, avant de passer à la direction d'Europe 1. Il est également en charge du pôle d'information du groupe média Lagardère.

( photo CC BY-SA Siren-Com )

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