Mise en cause par Reflets.info qui affirme qu'elle collecte des adresses IP sur des sites de streaming et de téléchargement direct, la société Aiplex dément catégoriquement auprès de Numerama. La société nous explique par ailleurs son fonctionnement.

C’était au mieux curieux, au pire inquiétant. Nos confrères de Reflets ont mis la main sur un document émanant de la société anti-piratage Aiplex Software, basée en Inde avec des bureaux en Belgique, qui démontre selon eux que des adresses IP françaises seraient envoyées à des organisations d’ayants droit français, après avoir été collectées non pas sur les réseaux P2P, mais sur des sites de streaming et de téléchargement direct (DDL).

Or il est techniquement impossible de collecter des adresses IP sur d’autres modes de téléchargement que le P2P, sauf à recourir à des méthodes excessivement intrusives, comme l’installation de serveurs espion chez les fournisseurs d’accès. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’Hadopi ne s’attaque qu’au P2P, à la fois par obligation juridique et par contrainte technique.

Mais, contactée par Numerama, AIPLEX dément catégoriquement collecter des adresses IP connectées aux sites de streaming et de téléchargement direct. « C’est absolument impossible techniquement« , nous confirme Cédric de San, le directeur du développement commercial de la société. « Les adresses IP transmises aux ayants droit sont bien des adresses IP collectées exclusivement sur les réseaux P2P« .

Spontanément, alors que nous l’avions pas encore interrogé sur ce point, M. de San nous a par ailleurs affirmé qu’Aiplex a arrêté depuis plusieurs semaines la transmission d’adresses IP en France, après avoir été alertée par l’ALPA (Association de Lutte contre la Piraterie Audiovisuelle) que leur communication n’était pas légale. « Nous ne le savions pas« , nous assure Cédric de San. En France, il est effet nécessaire d’obtenir l’autorisation préalable de la CNIL, ce dont seule la société TMG bénéficie par l’intermédiaire de quatre sociétés d’ayants droit.

L’activité de collecte des adresses IP n’est de toute façon qu’accessoire pour AIPLEX, dont le coeur de métier est l’identification et la demande de retrait des liens de téléchargement ou de streaming des films dont la protection lui est confiée. Contrairement à ses concurrents, qui utilisent des logiciels robots pour trouver les liens et envoyer les demandes de retrait automatiquement, Aiplex travaille exclusivement manuellement.

« Nous avons 80 à 100 techniciens en Inde, de haut niveau, qui sont installés à Bangalore« , la Silicon Valley indienne, nous explique la société. Ce sont eux qui fouillent sur Internet pour trouver les liens sur les sites pirates, vérifier qu’ils conduisent bien à ces copies illicites, et demander le retrait des fichiers concernés. « Grâce à ce travail manuel, que nous sommes les seuls à offrir, nous avons des résultats meilleurs que n’importe quel concurrent« .

Aiplex dit détecter 100 % des liens portant sur les films protégés, et réussir à faire supprimer 90 % d’entre eux dans la semaine, grâce un travail de quasi-harcèlement des plateformes. Si elles n’obtempèrent pas rapidement, leur fournisseur d’hébergement est contacté, avec un effet généralement garanti. Elle dispose aussi d’accords avec certains des plus gros hébergeurs de fichiers, pour pouvoir supprimer des liens sans leur contrôle. 30 % des liens détectés pouvaient ainsi être supprimés dans l’heure avant la fermeture de MegaUpload, avec lequel il avait un accord. Le taux est depuis tombé à 25 %.

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