L'accès à YouTube est de nouveau possible depuis la Chine continentale. Cependant, de nombreuses vidéos ne sont pas lisibles, ce qui laisse à penser que cette absence de restriction s'apparente plutôt à une défaillance technique dans le système de censure de Pékin.

La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre chez les internautes chinois. D’après plusieurs témoignages, l’accès à YouTube depuis la Chine continentale n’est plus empêché. Des abonnés vivant à Pékin, Shanghai ou dans les provinces du Guangdong et du Fujian ont tous indiqué avoir pu se connecter à la plate-forme de partage de vidéos, en utilisant la connexion sécurisée HTTPS.

Selon MicGadget, l’accès à YouTube n’est toutefois que partiel. Si les mots-clés et les commentaires des internautes ne semblent pas filtrés, même les plus sensibles, toutes les vidéos ne sont pas lisibles. Beaucoup d’entre elles ne délivrent pas le contenu attendu. Ce qui réduit de beaucoup l’intérêt pour les internautes chinois de se rendre sur le site d’hébergement américain.

Il est toutefois assez peu vraisemblable que le gouvernement chinois, dans un éclair de lucidité, ait décidé de lever la chape de plomb qui écrase la population chinoise depuis des années. Pas plus qu’on imagine YouTube, qui appartient à Google, coopérer avec le pouvoir central depuis le coup d’éclat de la firme de Mountain View début 2010, en se dressant contre la censure.

Il s’agirait plutôt d’un incident technique ayant touché le grand firewall. Ce programme de surveillance et de censure des télécommunications en Chine, dont le nom a été donné par analogie avec la Grande Muraille, consiste à filtrer tous les échanges sur Internet afin de ne permettre qu’aux informations autorisées d’être atteintes par les internautes chinois. L’accès à YouTube ne devrait donc être que temporaire.

Toutes les dictatures le savent bien. À l’heure d’Internet et des réseaux sociaux, il est capital d’avoir la maîtrise de l’information pour empêcher la structuration de l’opinion publique et éviter le renforcement de l’opposition. YouTube, qui a prouvé son utilité lors du printemps arabe en hébergeant des témoignages filmés, est de ce point de vue l’un des sites à bloquer en priorité.

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