Candidat à l'élection présidentielle, Jacques Cheminade affiche un programme très détaillé sur la politique culturelle qu'il entend mener, notamment sur Internet. Favorable à la libre exploitation des oeuvres financées par le service public, grâce à une taxe sur les télécoms et la pornographie, Jacques Cheminade propose aussi de remplacer l'Hadopi par une plateforme publique de téléchargement.

Il est l’invité surprise de l’élection présidentielle. Jacques Cheminade, qui s’est employé à réunir ses 500 signatures avant d’entrer réellement en campagne, commence à faire connaître son programme. Le fondateur de Solidarités et Progrès a ainsi répondu aux questions du blog Votons pour la Science sur le site du Monde, et se prononce pour une redéfinition du rôle de France Télévisions dans la diffusion des sciences, sur Internet.

Selon Jacques Cheminade, France Télévisions devrait être « une plateforme éducative fournissant en masse des contenus vidéo gratuits par internet, avec une France 5 consacrée  » chaîne d’idées  » et centrée sur la découverte et l’éducation« . D’autre part, souligne le blog, il « propose que les archives de l’INA puissent ‘être mise en libre accès’ et que les émissions deviennent ‘libres de droits dix ans après leur production’« .

Une idée forcément excellente, puisqu’elle est très proche de celles que nous avions exprimées en 2008 lorsque Nicolas Sarkozy avait voulu taxer les FAI pour financer la fin de la publicité sur l’audiovisuel public. Notre propos était alors de dire que si des programmes étaient financés exclusivement par le public (via les taxes sur les télécoms et la redevance), et diffusés par l’audiovisuel public, il était normal d’accorder des droits supplémentaires à ce public, par rapport aux œuvres traditionnellement protégées par le droit d’auteur.

A cette taxe sur les télécoms, Jacques Cheminade propose aussi d’ajouter une « taxe sur la pornographie« , sans donner de justifications philosophiques particulières.

Sur son internet de campagne, le candidat s’exprime longuement sur Hadopi, en proposant d’abroger la riposte graduée et de « créer les conditions pour qu’apparaisse et se développe une vraie culture populaire, et non une culture du divertissement dégradant« . Concrètement, il souhaite aider à financer la production des artistes indépendants pour qu’ils soient publiés sur une plateforme publique de téléchargement, avec l’aide, encore, d’une taxe de 2 euros par mois et par abonnement.

Dans une section sur la culture et la jeunesse, qu’il entend éveiller, le candidat propose par ailleurs d’ « interdire les jeux vidéo violents et surtaxer tous ceux étant dépourvus de contenu pédagogique« . Avec cette autre taxe, il souhaite financer l’achat « d’équipements et d’instruments pour l’opération Amadeus« , laquelle vise à développer l’éducation musicale pour « créer une armée d’amateurs plutôt qu’un bataillon de professionnels« .

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