Face au déréférencement mis en place par Google, AlloStreaming a adopté des noms de domaine alternatifs. Une solution qui pourrait permettre au site d'éviter un éventuel filtrage en cas de décision de justice favorable aux demandes des ayants droit de l'industrie du cinéma, sauf en cas de mise à jour automatique de l'ordre judiciaire.

Dans un peu moins d’un mois, le tribunal de grande instance de Paris entamera l’examen au fond du recours déposé par les ayants droit de l’industrie cinématographique contre les sites web de la galaxie AlloStreaming. Le sujet est important, car il s’agit de savoir si les intermédiaires techniques assignés par les ayants droit doivent bloquer et / ou déréférencer ces espaces.

D’ores et déjà, certains groupes n’ont pas attendu la décision de la justice pour intervenir. C’est le cas de Google, qui a nettoyé son index de recherche en filtrant les requêtes « AlloShowTV », « AlloShare » ou encore « AlloStreaming ». L’entreprise américaine, qui dispose en France d’une part de marché d’environ 90 % dans le secteur de la recherche, a mis cette mesure en place depuis le mois de septembre.

Les efforts de Google pour ne pas froisser les ayants droit sont toutefois insuffisants pour stopper l’intérêt des internautes pour les contenus diffusés en streaming. Comme le signale le gérant de Torrent News sur Twitter, de nouveaux noms de domaine sont désormais disponibles pour accéder à ces espaces, comme « iAlloShowTV » ou « iAlloStreaming ».

Ces noms de domaine ont-ils été mis en place dans le but de limiter une éventuelle décision de justice en faveur du filtrage et du déréférencement de la galaxie AlloStreaming ? Difficile à dire, mais ces adresses ne sont en tout cas pas filtrées sur Google. Pour l’instant. De plus, de nombreux ersatz d' »AlloStreaming », « AlloShowTV » et « AlloShare » apparaissent malgré tout lors d’une requête filtrée par le géant du net.

Cela suffira-t-il à empêcher les ayants droit de poursuivre leurs efforts contre le piratage d’œuvres culturelles ? Absolument pas. D’autant que l’éventualité d’une mise à jour automatique des ordres de blocage pourrait contrer sans problème l’apparition d’un nom de domaine alternatif, d’un nouveau site miroir ou d’une adresse IP supplémentaire.

Une société privée comme Trident Media Guard (TMG), qui s’occupe déjà de collecter pour le compte des ayants droit les adresses IP des internautes accusés d’enfreindre le droit d’auteur sur les réseaux P2P, pourrait ainsi traquer les sites illicites et leurs clones et transmettre aux intermédiaires techniques une « liste noire » actualisée, dans le cadre d’un suivi judiciaire.

Pour mémoire, les intermédiaires techniques assignés par l’industrie du cinéma sont Orange (France Télécom), SFR, Bouygues Télécom, Free, Numericable, Darty Télécom, Auchan Télécom, ainsi que les trois principaux moteurs de recherche utilisés en France, à savoir Google, Bing (Microsoft) et Yahoo.

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