2012, l'année où Arsène Lupin rejoint le domaine public
Guillaume Champeau -
publié le Lundi 02 Janvier 2012 à 11h14 -
posté dans Société 2.0
![]() Depuis dimanche, il est tout à fait légal de copier et partager les oeuvres de Maurice Leblanc, l'auteur de la célèbre série des Arsène Lupin. Comme d'autres auteurs décédés en 1941, l'écrivain français a rejoint cette année 2012 le domaine public. Chaque année, au 1er janvier, de nouvelles oeuvres entrent dans le domaine public. Ou plutôt elles y retournent, car comme l'expliquions récemment, la construction théorique du droit d'auteur se fonde sur l'idée que les oeuvres appartiennent d'abord à la société tout entière, et que l'auteur ne bénéficie que d'un monopole temporaire accordé par cette société. Depuis la loi du 27 mars 1997, qui a modifié l'article L121-1 du code de la propriété littéraire et artistique, la durée de protection des droits d'auteur est de 70 ans post-mortem. "Au décès de l'auteur, ce droit persiste au bénéfice de ses ayants droit pendant l'année civile en cours et les soixante-dix années qui suivent", indique le code de la propriété intellectuelle. Aussi, toutes les oeuvres des auteurs décédés en 1941 sont passées dans le domaine public le 1er janvier 2012, à l'exception notables des oeuvres des auteurs dits "morts pour la France", qui ne seront dans le domaine public qu'en 2035. Parmi ces auteurs qui retombent dans le domaine public figure Maurice Leblanc, l'écrivain mort le 6 novembre 1941 à Perpignan, créateur du célèbre Arsène Lupin. 27 romans et recueils de la série du gentleman cambrioleur, publiés entre 1907 et 1937, peuvent désormais être reproduits et partagés en toute liberté, gratuitement : D'autres auteurs français sont également décédés cette année 1941. C'est le cas du peintre Robert Delaunay, dont les tableaux peuvent également être reproduits librement :
Citons parmi d'autres entrants français dans le domaine public le philosophe Henri Bergson, mort le 4 janvier 1941, dont on trouve notamment en ligne son essai sur la signification du comique (.pdf), ou encore le peintre Emile Bernard :
Au niveau international, plusieurs auteurs voient également leurs oeuvres rejoindre le domaine public :
Une liste évidemment non exhaustive. à lire aussi
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Commentaires à propos de «2012, l'année où Arsène Lupin rejoint le domaine public»
nan mais je pense que par vieillit il entend, alcène rupin n'est pas indémodable.
contrairement à un hugo ou musset ou gautier etcetc qui sont eux, indémodables. bref c'était pour donner du corps à son anti-libertarisme de base. Ouaouh, en deux lignes, enter a réussi à décrédibiliser numerama aux yeux du monde entier.
Merci. Mais je n'ai pas cette prétention. Ca ne te semble pas marrant que le même sujet soit traité quasiment à l'identique par deux rédacteurs de Numerama. En général, ils usent du MAJ pour faire des ajouts. Mais mon commentaire n'avait pour autre but que de montrer que les lendemains de fête sont parfois difficiles. Ou alors que les rédacteurs de Numerama ne réveillonnent pas ensemble... il ne digère pas que des oeuvres tombent dans le domaine public,
Mes intestins vont très bien, merci (j'ai été très raisonnable pendant ces fêtes). C'est dingue : dès que l'on touche à Numerama, les applefans (pardon les numeramafans) réagissent avec leurs tripes et plus du tout avec leur cerveau. Copyleft a une signification bien précise : celui d'un auteur qui a décidé (dé-ci-dé) de produire son oeuvre de manière globalement libre. Cela n'a strictement rien à voir ni au niveau statut, ni au niveau démarche avec un auteur qui a décidé de se placer sous le régime du copyright et qui 70 ans après sa mort tombe dans le domaine public. En signalant que le c inversé n'a rien à voir avec le copyright qui tombe dans le domaine public, je défends le copyleft. Car il y a quelque chose que je déclare haut et fort depuis tout le temps que je suis sur ce forum : c'est celui du droit imprescriptible de l'auteur à décider par lui-mêmeil veut distribuer son oeuvre sous quelle forme. Que ce soit complètement libre, que ce soit en copyleft, en copyright, en gratuit, en payant, en direct ou par un intermédiaire, je déclare que l'auteur doit demeurer le seul décideur de la distribution de son oeuvre. C'est donc pour cela que je trouve choquant d'associer le logo copyleft à des auteurs qui ont choisi le copyright. zig, le 03/01/2012 - 11:50
C'est donc pour cela que je trouve choquant d'associer le logo copyleft à des auteurs qui ont choisi le copyright. Il est vrai que les 70 ans plus la vie de l'auteur constituent un foutage de gueule pur et simple, mais dire que l'écriture a vieilli, c'est aussi une ânerie sans nom (dans ce cas précis un troll d'un enter qui commence l'année en petite forme). Poussons le bouchon plus loin, prenons un exemple un peu plus marqué : Horace de Corneille.
Comparer Corneille et Maurice Leblanc, il fallait l'oser. Bravo ! Tu pourras accuser de troll tant que tu veux, il n'empêche qu'il y a des auteurs intemporels et d'autres dont le style d'écriture ou les sujets dénotent d'une période. Désolé, mais Maurice Leblanc, c'est daté : ce sont les mêmes styles d'écriture que Souvestre et Allain (Fantomas) ou que Gaston Leroux (Rouletabille). Tu peux y faire ce que tu veux, mais c'est chiant à lire. Pour passer au niveau au-dessus, on peut les comparer avec Emile Zola, Alexandre Dumas ou Jules Verne. Bien qu'ils utilisent des figures stylistiques du 19e siècle, leurs histoires et la manière de les traiter font qu'elles deviennent des chefs d'?uvres intemporels. Et je ne te parle pas de Dostoïevski, Gogol ou Tolstoï. Ce n'est pas parce que l'écriture aurait "vachement vieilli" (sic) que je vais me priver de l'opportunité de télécharger gratuitement en moins de deux des grands classiques.
Gratuite ou payante, la merde reste de la merde. Je ne dis pas qu'Arsène Lupin c'est de la merde. Loin de là. Mais je refuse d'associer la notion de qualité d'une oeuvre artistique à celle du prix. Jusqu'au 31/12/2010, Arène Lupin était payant. A partir du 01/01/12, il est dans le domaine public. Cela ne change strictement rien à sa valeur artistique (c'était chiant avant, cela l'est après). zig, le 03/01/2012 - 12:02 Mais je refuse d'associer la notion de qualité d'une oeuvre artistique à celle du prix.ceux qui téléchargent également. zig, le 03/01/2012 - 12:02 Ce n'est pas parce que l'écriture aurait "vachement vieilli" (sic) que je vais me priver de l'opportunité de télécharger gratuitement en moins de deux des grands classiques.
Gratuite ou payante, la merde reste de la merde. Je ne dis pas qu'Arsène Lupin c'est de la merde. Loin de là. Mais je refuse d'associer la notion de qualité d'une oeuvre artistique à celle du prix. Pour dire les choses autrement, le seul intérêt de discuter de la qualité des oeuvres est peut-être d'essayer d'étaler sa culture (suis mon regard...) ou de polémiquer entre passionnés, échange qui peut les aider à découvrir des nouvelles choses. Mais je refuse d'associer la notion de qualité d'une oeuvre artistique à celle du prix.
Oui, il est absurde d'associer une qualité subjective à un prix, ce que personne n'a d'ailleurs fait sur ce fil (on dirait que tu as sauté sur un mot sans trop cogiter). Maintenant, dire qu'un style d'écriture est daté et en faire le point central d'une critique me paraît quand-même curieux. Ca ne m'a jamais gêné le moins du monde, donc peut-être que je suis un peu hermétique à la chose quand on la considère uniquement sous l'angle du divertissement. Quoiqu'il en soit, le "Tu peux y faire ce que tu veux, mais c'est chiant à lire" est aussi subjectif (par ex. totalement faux pour moi), donc sans grande importance. Ce qui compte, c'est l'accessibilité d'un corpus important dans le domaine public pour les raisons que j'ai essayé d'expliquer dans mon message précédent. PS: Comme quoi, même quand tu fais le troll, dans ce cas précis en te focalisant sur des détails insignifiants comme un logo ou une interprétation poilue de ton cru du mot "gratuit" dans un passage, il en sort parfois des choses intéressantes. zig, le 02/01/2012 - 12:25 Question : quel est le rapport entre le logo copyleft qui illustre l'article et les oeuvres qui tombent dans le domaine public ?Bon, ça me rassure, il n'y a pas que moi que ça gonfle de lire les commentaires d'umpistes mono-neurone. 2012 est, pour les Lupiniens, un grand cru : non seulement l'?uvre de Maurice Leblanc appartient au domaine public depuis le 1er janvier dernier, mais c'est aussi le cas du " meilleur Lupin ", le repaire de Maurice et de sa créature, à savoir Le Clos Lupin lui-même.
Avec ses Amis du Clos-Lupin, avec sa dynamique Présidente, Florence Boespflug-Leblanc,et avec le soutien de la Municipalité et de l'Office de Tourisme, L'Association des Amis d'Arsène Lupin - la mythique AAAL - se donne l'occasion de faire d'Etretat, les 11, 12 et 13 mai 2012, la véritable " Capitale du Roman Policier Populaire ". Et l'occasion était trop belle pour ne pas faire profiter de ce moment exceptionnel les Amis du Roman Populaire (Le Rocambole), 813 et la Société Sherlock Holmes de France : leurs représentants seront donc présents à ces journées et partageront avec l'AAAL nourritures intellectuelles et matérielles à la gloire d'Arsène. Ces Journées lupiniennes 2012 se termineront le dimanche matin par la découverte toujoursrenouvelée de l'Aiguille creuse, de la Chambre des Demoiselles et des falaisesdu Pays de Caux : de bonnes chaussures, un pull-over et un coupe-vent sont conseillés. Pour toute information complémentaire,aaal.lupin@gmail.com
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ben justement, c'est bien là qu'est le problème. C'est bien normal que ça ait vieilli....ça fait 70ans que l'auteur est mort (donc ça doit faire dans les 80 à 100ans que ça a été écrit). Quand quelque chose (chanson, musique, peinture, film.....) arrive dans le domaine public, le truc est tellement vieux que de toute façon, c'est totalement dépassé. C'est du foutage de gueule pur et simple ces 70ans!
En d'autres termes, on ne parle pas d'un effet de mode, ni d'effets spéciaux ; il y a des choses qui ne s'usent pas. Ce n'est pas parce que l'écriture aurait "vachement vieilli" (sic) que je vais me priver de l'opportunité de télécharger gratuitement en moins de deux des grands classiques.
Le domaine où l'argument d'enter est pertinent est celui des articles scientifiques qui sont effectivement un tantinet dépassés au bout quelques années (PLoS essaye d'ailleurs d'y remédier avec la licence Creative Commons Paternité). Plus généralement, là ou le bat blesse à cause des délais de restrictions délirants, c'est pour des livres moins connus qui ne sont pas réédités, que plus personne ne peut retrouver ou presque. Pour des peintures qui auraient pu être reproduites et qu'on aurait pu découvrir au hasard de nos pérégrinations sur le net ou ailleurs, mais dont on n'entendra jamais pas parler. De morceaux qui auraient pu servir de base à d'autres, mais qui vont prendre la poussière quelque part parce que certains ont acheté des lois (Museopen essaye d'y pallier pour la musique classique). Des films comme La classe américaine qu'on ne peut trouver que sur P2P et nulle part ailleurs. Résultat : le droit d'auteur actuel *bride* la création au lieu de l'encourager. C'est pour ça que le délai de restriction actuelle est vraiment du grand n'imp.
Il faut d'ailleurs noter qu'au début, le droit d'auteur était limité à 28 ans (28 ans au maximum, pas en plus de la vie de l'auteur). Aujourd'hui, avec les progrès technologiques qui permettent une diffusion infiniment plus rapide qu'en 1710, 5 ans seraient amplement suffisants (le plus gros de ventes se fait dans l'année pour l'énorme majorité des oeuvres). Donc étendre encore et toujours ces délais, c'est vraiment prendre les choses à l'envers. C'est ce que dit le Parti Pirate à peu de choses près.