Les internautes américains opposés au projet de loi SOPA sont parvenus à persuader Go Daddy, un important bureau d'enregistrement et hébergeur, de retirer son soutien au texte. Plusieurs entrepreneurs, dont Jimmy Wales de Wikipédia, avaient averti qu'ils partiraient chez la concurrence si Go Daddy ne revenait pas sur sa position.

Qui a dit que la mobilisation en ligne n’aboutissait jamais à rien ? Certainement pas les nombreux internautes américains qui s’opposent actuellement au projet de loi SOPA (Stop Online Piracy Act), un dispositif soutenu par les industries culturelles et les autorités outre-Atlantique. En effet, les opposants au texte sont parvenus à contraindre la société américaine Go Daddy à annuler son soutien.

Principal bureau d’enregistrement de noms de domaine au monde, avec plus de 40 millions de domaines gérés en 2010, hébergeur de premier plan aux États-Unis, le soutien de Go Daddy envers le projet de loi SOPA avait mécaniquement une portée symbolique. Il était donc attendu et logique que les opposants au texte concentrent leurs efforts sur Go Daddy, dans l’espoir de le faire reculer.

Une mobilisation qui a payé. L’entreprise a fait machine arrière et revu sa position sur le texte. Il faut dire que des clients importants de Go Daddy ont mis en garde l’entreprise. C’est le cas notamment de Ben Huh, à la tête d’un millier de domaines (dont I Can Has Cheezburger ?, FAIL Blog, The Daily What, Memebase, Know Your Meme), ou de Jimmy Wales, le créateur et grand patron de Wikimedia et Wikia.

Les internautes décidés à faire plier Go Daddy s’étaient notamment organisés sur Reddit, un site communautaire, et une page web, Boycott Go Daddy, avait été mise en place pour l’occasion. L’auteur du billet sur Reddit proposait de procéder à un départ massif chez la concurrence le 29 décembre, afin que l’ultimatum soit suffisamment fort pour être pris en compte par l’entreprise américaine.

Face à la perspective de perdre des clients, dont certains sont très importants, Go Daddy s’est fendu vendredi d’un communiqué dans lequel le PDG, Warren Adelman, écrit que « si la lutte contre le piratage en ligne est d’une importance capitale […], nous pouvons faire clairement mieux« . Autrement dit, la fin ne justifie pas les moyens. Si combattre le piratage est une chose, la manière de le faire en est une autre.

« C’est très important que tous les acteurs du net travaillent ensemble sur ces questions. […] Go Daddy supportera toute nouvelle initiative lorsque et si la communauté Internet la validera » a-t-il ajouté. Go Daddy n’avait guère le choix, car la menace était sérieuse et ses concurrents directs, comme HostGator, Name.com ou Name Cheap, s’étaient déjà positionnés contre la loi SOPA.

Le succès de l’opération contre Go Daddy ne doit cependant masquer la détermination des ayants droit et des autorités à intégrer SOPA dans la législation américaine. Les débats parlementaires devraient démarrer dès le début du mois de janvier. La liste des soutiens au texte reste par ailleurs conséquente, même si en parallèle celle des opposants continue de croître.

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