Les parlementaires veulent en savoir plus sur les liens entre la Libye, la France et Amesys. Alors que dix questions écrites ont été adressées depuis septembre au gouvernement, qui reste silencieux, le député socialiste Christian Paul organise la semaine prochaine une table ronde intitulée "Alerte : internet sous surveillance !".

Les efforts des parlementaires pour savoir si l’État a donné son accord à la société Amesys, une filiale de Bull qui aurait fourni des outils permettant au régime de Mouammar Kadhafi de traquer et contrôler les opposants libyens sur Internet, se poursuivent. Dernière initiative en date, celle du député socialiste Christian Paul, qui organise le 14 décembre prochain, à 18h30, une table ronde sur le sujet.

Pour l’élu de la Nièvre, la situation est désormais critique. L’affaire d’Amesys en Libye « démontre l’urgence d’un contrôle strict de la production, de l’usage et de l’exportation de ces moyens de surveillance et de contrôle numériques« . Le parlementaire prévient que dans le cas contraire, ce sont les libertés numériques de chacun qui seront les premières victimes, et par conséquent la démocratie elle-même.

Lors de cette table ronde, le député, également vice-président du groupe d’étude sur Internet, sera accompagné de Jean-Marc Manach, journaliste à OWNI, et d’Olivier Laurelli, responsable du site Reflets. Rappelons que Christian Paul a été le premier des parlementaires à se saisir de ce problème, en adressant une question écrite début septembre au ministère des affaires étrangères.

Rappelons au passage que l’élu a également participé à l’élaboration d’une demande de commission d’enquête afin de connaître avec précision le rôle de l’État français dans ce processus et le niveau de collaboration entre Amesys et la dictature libyenne. Il est toutefois hautement improbable que cette demande soit adoptée, dans la mesure où l’UMP a la majorité à l’Assemblée nationale.

Dans ce cas, Christian Paul espère que le Sénat se fera le relais de la demande des députés socialistes. La commission d’enquête parlementaire aurait plus de chances de se faire adopter dans la mesure où la gauche est depuis peu majoritaire dau Sénat. Mais l’esprit de consensus qui règne dans la chambre haute ne permet pas d’affirmer qu’elle sera obligatoirement adoptée si la demande prend forme.

Les interrogations sur les liens entre la France, la Libye et Amesys se sont en tout cas multipliées au cours des derniers mois. Comme le rappelle Jean-Marc Manach sur Twitter, pas moins de dix députés ont déposé une question écrite au ministère des affaires étrangères. Aussi bien à gauche (Hervé Féron, Christian Paul, Jacqueline Fraysse, Jean-Claude Sandrier, Daniel Paul), qu’à droite (Rudy Salles, Philippe Vitel).

Aucune question n’a pour l’heure été adressée aux députés.

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