La taxation du Cloud au bénéfice des artistes se met en marche

Guillaume Champeau - publié le Jeudi 24 Novembre 2011 à 17h31 - posté dans Musique Numérique

Haro sur le cloud ! Alors que les députés vont adopter dans un esprit d'union sacrée le projet de loi copie privée, qui doit neutraliser les effets de sa remise en cause judiciaire, la prochaine étape est déjà clairement affichée : taxer le cloud computing, dont les recettes juteuses font saliver l'industrie culturelle.

Taxes sur le Cloud Computing

Pour créer une nouvelle source de revenus pour les auteurs, et compenser les pertes réelles ou supposées liées à la copie des cassettes audio et l'enregistrement des bandes FM, la loi Lang de 1985 a créé la fameuse "rémunération pour copie privée". Née avec un vote à l'unanimité, la "taxe copie privée" est aujourd'hui constamment décriée, attaquée sur le plan judiciaire, et peine à conserver sa légitimité. Chacun voit bien avec l'évolution des usages qu'elle n'a plus rien à voir avec l'acte de copie privée, qui ne servait que de prétexte. Le but est uniquement d'apporter une rémunération.

Preuve en est la volonté de taxer le Cloud Computing, affichée de tous les bords lors du débat sur la nouvelle loi Copie privée. Il ne s'agit plus de rémunérer la copie, puisqu'il n'y en a par définition qu'une seule dans le cloud computing, mais bien l'interopérabilité qui permet d'écouter ou regarder une même oeuvre sur différents supports sans avoir à la racheter. En Commission des affaires culturelles, c'est notamment l'incontournable Muriel Marland-Militello qui a sonné la charge. "Comment peut-on intégrer le cloud computing, qui connaît aujourd’hui un essor considérable, dans le périmètre de la copie privée afin que les œuvres ainsi gérées contribuent également au financement des ayants droit et de la création artistique, à l’instar des architectures informatiques traditionnelles ?", a demandé la députée UMP. "Il ne faudra pas rester inactifs pendant deux ans".

Mercredi soir, lors de l'examen du texte par l'Assemblée Nationale, le sujet s'est fait plus pressant encore, même s'il a été remis à une hypothétique "loi Lang 2" promise pour la prochaine législature. En témoignes ces extraits tirés de la retranscription du débat au Journal Officiel :

Frédéric Miterrand : 

"Mon ministère poursuit parallèlement une réflexion plus globale, plus ambitieuse, sur l’incidence des évolutions technologiques sur le mécanisme de la copie privée. Cette réflexion nous permettra d’aborder l’ensemble des questions, souvent légitimes, que suscite l’avenir de ce mode de rémunération de la création. Cette réflexion est conduite dans le cadre d’une commission spécialisée du Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique, présidé par Sylvie Hubac, qui a été notamment chargée d’étudier l’incidence du cloud computing sur la rémunération pour copie privée."

Marie-Hélène Thoraval (rapporteure du texte) :

Ces défis sont d’abord d’ordre technologique, avec le développement du numérique et du cloud computing qui consiste à déporter sur des serveurs distants des traitements informatiques, traditionnellement localisés sur des serveurs locaux ou sur le poste client de l’utilisateur. Le cloud computing remet en cause les fondements de la rémunération pour copie privée sur deux points essentiels. Il prive la rémunération pour copie privée de son assiette puisque les fichiers copiés ne sont plus stockés sur des supports physiques, mais à distance par le biais de services comme iMusic, iCIoud ou Google Music. Le cloud computing rend en outre inopérante la notion d’usage à des fins privées puisque les contenus – livres, musique, vidéos, logiciels – sont accessibles sur tous les écrans connectés qui entourent l’utilisateur, où qu’il soit dans le monde.

Christian Kert (UMP) : 

La question essentielle, évoquée par tous en commission, est de savoir comment intégrer dans le périmètre de la rémunération pour copie privée ce qu’on appelle aujourd’hui le cloud computing et le changement de comportement des consommateurs qui versent de plus en plus vers le streaming ou le stockage à distance des données. (...) Nous devons trouver une nouvelle manière d’obtenir de la part de ces prestataires de services nouveaux, une rémunération des ayants droit. Le compte à rebours est déjà lancé et des préconisations doivent être rapidement présentées

La seule voix dissonnante n'est pas venue de la gauche, traditionnellement favorable à la sauvegarde de la rémunération copie privée qu'elle a créée et qu'elle entend bien perpétuer, mais de la droite. C'est en effet la députée UMP Laure de la Raudière, proche des industries numériques, qui a mis en garde contre cette tentation :

Imagine-t-on sérieusement pouvoir appliquer le système de la copie privée au cloud computing ? (...) Serait-il pensable d’infliger à ce secteur à peine émergent une redevance franco-française, alors que les services de cloud computing peuvent aisément – vous le savez – être installés à l’étranger ? C’est un sujet majeur, qui nous obligera à revoir le système de la copie privée

Toute la difficulté sera de savoir quoi taxer, et comment. Sur quelle base juridique rémunérer ce qui n'est plus une reproduction, mais une simple transmission de flux ? Comment distinguer parmi les nombreux services de cloud computing ceux qui doivent faire l'objet d'une rémunération au bénéfice des artistes, et ceux qui sont exclus de l'assiette ? Et comment s'assurer du versement effectif de la rémunéraiton, lorsque les services susceptibles d'être "taxés" sont situés aux Etats-Unis, en Irlande, ou en Grande-Bretagne ?

Le sujet est d'une complexité infinie, mais la volonté politique d'y parvenir est bien affichée. Et l'on a bien compris avec Hadopi que l'essentiel n'était pas de parvenir à une loi bien ficelée, mais de parvenir à une loi.

Publié par Guillaume Champeau, le 24 Novembre 2011 à 17h31
 
 
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Commentaires à propos de «La taxation du Cloud au bénéfice des artistes se met en marche»
 

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nan mais n'immmmmmmmmmporte quoi...
Bientôt la taxe pour copie privée EDF parce que pour alimenter les PC il faut du courant
"""Et l'on a bien (compris) avec Hadopi que l'essentiel n'était pas de parvenir à une loi bien ficelée, mais de parvenir à une loi."""

imbatable pour trouver le mot manquant moi ;)
Ca serait normale de taxer les abonnements edf.


Plein de personne connectent leur home-cinema a leur box multimedia par courant porteur !?!!!
Je propose un donc une taxe (aprés tout, le droit à proposer une taxe devrait etre une droit fondamentale à chaque citoyen)
je propose de taxer
- les souris et les tapis de souris
- et pour ceux qui utilisent des ecrans tactiles, on taxe les doigts
Il va falloir rendre le Coud obligatoire, si je comprends bien.

Tout comme la Carte Musique Jeune !

A moins d'appliquer systématiquement cette taxe de la même façon, que celle qu'ils appliquent lors de l'achat des supports numériques vierges enregistrables en France.


:)
mif92, le 24/11/2011 - 17:46
je propose de taxer
- les souris et les tapis de souris
- et pour ceux qui utilisent des ecrans tactiles, on taxe les doigts
les PADS!! Un peu de sérieux dans vos trolls que diable!
speed, le 24/11/2011 - 17:43
imbatable pour trouver le mot manquant moi ;)

Bien ouej ! ;)
Vais sortir un bouquin sur les lois les plus foireuses, les plus horribles et les plus catastrophiquement incompétentes que mon cerveau débile pourrait imaginer. Comme ça la prochaine fois qu'ils ouvrent la bouche, je leur attente un procès pour plagiat.
Faudrais taxer la ram aussi non mais , c'est de la mémoire , apres tout .

ah ya pas ,ce sont les spécialistes des lois ,usines à gaz
et moi je vous dit, qu'à force de vouloir inventer des taxes par ci et par là, copie privée, cloud comp, etc., tous des trucs tirés par les cheveux, remis en cause, non gérés à l'étranger, ils vont finir par arriver à la bonne vieille redevance sur le numérique, pour ne pas avoir à la nommer Licence Globale, cet affreux concept socialo-communiste.
Moi ce qui me sidère c'est la rapidité avec laquelle ils sont capabls de trouver des taxes pour "rémunérer" ces voleurs.
Et la lenteur avec laquelle ces derniers s'adaptent en ce qui concerne la distribution des "oeuvres" dans notre ère numérique.
Non mais c'est pas possible.

Dans une vie parallèle, je me vois en train d'occire tous ces gros porcs, et y'a pas à dire, ça fait du bien.

Peut-on imaginer qu'un jour, ces foutus ayants droits se feront rabattre le caquet par un président, ou par le peuple tout entier ? Tant qu'ils le pourront, ils continueront à vouloir s'engraisser sur le dos des autres.
Amusant que personne ne trouve abusif la taxation du cloud (et en blanchiment de piratage) par d'Apple, Google, Amazon, etc. à leur strict profit et à celui des majors. L'industrie compte bien engranger sur la copie sans rémunérer les auteurs.
La rengaine de la droite, il y a quelques années, c'était "la gauche c'est des vilains, ils augmentent les impôts et les taxes". Alors quoi, l'UMP est de gauche ?
Ma musique est sur mon serveur, sur un disque dur acheté à l'étranger, alors je vous emmerde messieurs les taxeurs :)
speed, le 24/11/2011 - 17:56
Faudrais taxer la ram aussi non mais , c'est de la mémoire , apres tout .

ah ya pas ,ce sont les spécialistes des lois ,usines à gaz

chutt malheureux, ils sont bien capable de le faire en vampire assoiffés d'argent qu'ils sont.
Ils n'ont pas supporté l'echec des DRM. Alors plutôt que de contraindre techniquement l'utilisateur à re-payer pour chaque type d'écoute, ces enfoirés taxent tout ce qui se trouve dans la chaine des nouvelles façon d'écouter la musique.

Les DRMs étaient aberrant (encore une idée de commerciaux) mais ce n'était qu'un échec commercial.
Là, l'industrie écrit SA loi.
M4khno, le 24/11/2011 - 18:22
Amusant que personne ne trouve abusif la taxation du cloud (et en blanchiment de piratage) par d'Apple, Google, Amazon, etc. à leur strict profit et à celui des majors. L'industrie compte bien engranger sur la copie sans rémunérer les auteurs.
Les sociétés en question sont des intermédiaires, il ne s'agit pas de taxation. Si je ne veux pas donner d'argent à apple, je n'achète pas chez apple. Par contre si je veux acheter un support de stockage en france, je suis obligé de payer cette taxe de merde, reversée à des voleurs.
Marrant, car ils taxent le cloud mais oublient que le périphérique qui lit est déjà taxé, lui aussi, ainsi que la carte mémoire qui y est intégrée.
Ces défis sont d'abord d'ordre technologique, avec le développement du numérique et du cloud computing qui consiste à déporter sur des serveurs distants des traitements informatiques, traditionnellement localisés sur des serveurs locaux ou sur le poste client de l'utilisateur
Les serveurs locaux... Je ne suis pas sur que beaucoup de gens aient leur serveurs chez eux... Un serveur a toujours été distant (en grosse majorité!).

Bref, sinon il serait temps de mettre fin à cette "exception culturelle française" ! Vivre de son art c'est entreprendre et entreprendre (quand on est libéral comme tous nos élus) ça se fait sans aide de l'état !!!
Cette taxe à la copie privée est comme guillaume le dit si bien une taxe à l'interopérabilité ! Il y en a même qui ont dit que les entreprises qui ne pourraient pas vendre plusieurs fois le même contenue auraient un manque à gagner... On marche vraiment sur la tête !!! Depuis quand est-on censé acheter plusieurs fois la même chose ??? Stop à cette taxe illégitime !
Si demain je déploie un service de cloud, je vais devoir acheter des supports de stockage pour les utilisateurs et donc j'aurais déjà payé leur PUTAIN de taxe... Là ils veulent me la faire payer une deuxième fois ????
Pour la cas de Google, Apple, Amazon et compagnie.... Ce ne sont pas des entreprises française et donc elles n'ont pas à payer cette taxe !

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