À la veille du salon de l'éducation Éducatec-Éducatice 2011, l'April et Framasoft déplorent la manoeuvre de Microsoft. Le géant des logiciels accueille en effet ce mardi les inspecteurs de l'éducation nationale, sur convocation du ministère.

Très présent sur les ordinateurs des particuliers grâce à la constitution d’une offre logicielle variée, Microsoft n’entend évidemment pas laisser le logiciel libre prendre de l’importance. Craignant de céder le moindre centimètre à ses concurrents, le géant américain des logiciels s’efforce donc d’apparaître comme un acteur incontournable dans certains segments très spécifiques, comme l’éducation.

Afin de conserver sa place de leader, Microsoft ne lésine pas sur les moyens. Dans l’enseignement supérieur, l’entreprise américaine a ainsi mis en place le MSDN Academic Alliance qui permet aux professeurs et aux étudiants (universités, écoles d’enseignement supérieur, BTS) de bénéficier gratuitement, c’es-à-dire sans payer les licences des produits, des logiciels de Microsoft pour la pédagogie.

Les bons rapports qu’entretient Microsoft avec l’éducation nationale ne se sont pas le fruit du hasard. À côté des licences d’exploitation généreusement offertes par le géant américain des logiciels, celui-ci peut orienter sa communication vers les acteurs de l’enseignement. Or, c’est justement sur ce dernier point que l’April et Framasoft ont écrit un courrier pour se plaindre de la surreprésentation des logiciels propriétaires

L’April et Framasoft regrettent en effet que les inspecteurs soient convoqués au siège de Microsoft France, à Issy-les-Moulineaux, la veille d’un salon de l’éducation Éducatec-Éducatice 2011. Alors que celui-ci ouvre ses portes demain et se termine vendredi, Microsoft organise ce mardi un évènement en présence des inspecteurs (IEN-TICE) qui ont été convoqués par l’éducation nationale.

« Nous pensons […] que le fait que les IEN-TICE soient convoqués chez Microsoft constitue une véritable entorse à l’indispensable neutralité scolaire. Cela nous semble incompatible avec les missions et les valeurs du système éducatif et des enseignants, contraire à leur culture de diversité, de pluralisme, de diffusion et d’appropriation de la connaissance par tous » a déclaré l’April.

« En 2011, il est difficile d’ignorer les nombreux apports du libre pour l’éducation ou de les passer sous silence » a poursuivi Rémi Boulle, vice-président de l’April, en charge du groupe de travail éducation. « Dans l’intérêt des professeurs et des élèves, il aurait été indispensable que le programme des journées IEN-TICE prévoie au moins un espace dédié aux logiciels et ressources libres« .

Dans la même veine, l’April avait interpellé la Commission européenne sur ses négociations exclusives avec Microsoft sur le renouvellement de licences logicielles. Si la procédure employée est licite, l’April a souligné qu’elle va à l’encontre des propos tenus par la commissaire européenne en charge de la stratégie numérique, Neelie Kroes, appelant à se libérer des logiciels propriétaires.

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