Alors que l'UMP contestait hier avoir constitué un tel fichier, le vice-président du groupe UMP à l'Assemblée Nationale a reconnu mercredi que les données personnelles de ses élus et dirigeants étaient bien issues d'une base de données interne. Il estime cependant que sa publication constitue une "incitation à la haine" de la part du pirate.

Virage à 180 degrés de la part de l’UMP. Mardi, le mouvement politique de la majorité parlementaire avait réagi à la publication de milliers de données personnelles de ses dirigeants en affirmant que « le fichier diffusé sur internet contenant un certain nombre d’informations au sujet de plusieurs personnalités de l’Union pour un Mouvement Populaire, n’est pas un fichier de l’UMP« .

« Certaines des informations qui y apparaissent ne sont pas des données que collecte l’UMP« , affirmait le communiqué du parti, laissant à peu près tout le monde sceptique, y compris dans les rangs de la majorité. Certains élus ont découvert avec ce piratage la possible existence d’un tel listing, qui a de quoi laisser pantois sur l’utilité de certaines informations qui y figurent : état civil, nombre d’enfants, numéro de téléphone et adresse privées, études suivies…. A quelques mois d’échéances électorales importantes, on imagine la tension qui peut être exacerbée par une telle découverte.

Or, moins de ving-quatre heures plus tard, voilà l’UMP qui fait volte face. Invité à réagir ce mercredi midi sur BFM TV, et à dire d’où pouvait provenir le fichier piraté, le vice-président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale Bernard Deflesselles a en effet reconnu sans détours qu’il s’agissait bien d’un fichier interne. « C’est un fichier du groupe UMP, tous les groupes parlementaires en ont un« , a-t-il confirmé. Peut-être une analyse juridique sur les risques d’une non-déclaration à la CNIL ont-ils été évalués depuis… ?

Reste que l’explication ne tient pas tout à fait, puisque comme nous l’indiquait hier la députée Laure de la Raudière, on trouve dans le fichier aussi bien des députés UMP que des sénateurs ou des collaborateurs de ministères. La source de la fuite ne peut donc pas être le seul fichier des parlementaires.

Questionné sur l’utilité de certaines des informations privées qui y figuraient, le député des Bouches-du-Rhône a par ailleurs estimé qu’il était « naturel » que ce type d’informations figurent sur un fichier qui permet l’animation du parti.

A l’instar de Muriel Marland-Militello, qui a dénoncé les « cyber-idéalistes », Bernard Deflesselles s’est ensuite employé à renvoyer les feux vers le hacker qui a publié le fichier. Moquant l’anonymat de la revendication du piratage, le député a estimé que le piratage a voulu faire « oeil pour oeil, dent pour dent » pour dénoncer des prises de position de l’UMP, laquelle serait victime d’un « délit d’opinion« .

Pour le député, la publication du fichier constitue une « incitation à la haine« . Rien que ça.

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