La zone de turbulence que traverse Charlie Hebdo produit des effets inattendus. Alors que les locaux parisiens de l'hebdomadaire ont été ravagés par un incendie et que le site web du journal a été piraté, c'est au tour de la page Facebook d'être bloquée. En attendant une normalisation de la situation, Charlie Hebdo est revenu en ligne via WordPress.

À défaut de pouvoir compter sur son hébergeur, qui a choisi de laisser le site hors ligne en raison de menaces de mort suite à la parution du numéro spécial Charia Hebdo, Charlie Hebdo a trouvé refuge sur la plate-forme de blogs WordPress. Jeudi, le journal satirique a ouvert un nouvel espace en attendant de pouvoir trouver un nouvel hébergeur au cas où l'ancien souhaite mettre un terme à leur collaboration.

"Les locaux de Charlie ont brûlé. Le site de Charlie, harcelé par les hackers, est hors-service" a déploré l'hebdomadaire, dans son premier message. Mais la situation est en train de s'améliorer progressivement. "Charlie renaît de ses cendres grâce à Libération (qui nous héberge pour la version papier) et WordPress : sur ce blog et sur le compte Twitter de Charlie, suivez-nous, soutenez-nous, battons-nous !".

Si Charlie Hebdo a pu retrouver temporairement des locaux et un espace en ligne, le site a néanmoins perdu le contrôle de sa page Facebook. En effet, le réseau social a décidé de bloquer le compte de l'hebdomadaire. Motif ? "Charlie Hebdo n'est pas une vraie personne". Des négociations avec Facebook ont été engagées dans l'espoir de lever ce blocage. La page du journal sur le site communautaire est en revanche disponible.

Par ailleurs, l'hebdomadaire nous informe que la Une contreviendrait aux règles d'utilisation du réseau social qui interdisent les "publications avec de nature graphique, sexuellement explicites ou avec des corps trop dénudés". Ce décalage entre le message de Facebook et la Une du journal – qui ne représente aucunement des publications sexuellement explicites ou des corps trop dénudés – est sans doute la conséquence d'un signalement massif.

Le site communautaire a sans doute réagi aux nombreux messages et demandes de suppression du profil de Charlie Hebdo, sans pour autant vérifier effectivement quels sont les contenus qui posent problème ou sans avoir la possibilité de le savoir. Facebook a sans doute estimé que les signalements étaient de bonne foi et que leur nombre important accréditait l'hypothèse d'une page problématique.

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