Pour la première fois depuis des années, Apple a manqué les prévisions en présentant des résultats en légère baisse. Si la firme continue d'enregistrer de très bons scores, elle a vendu ce dernier trimestre moins d'iPhone que d'ordinaire. Pour l'équipe dirigeante d'Apple, il est évident que les rumeurs sont en partie responsables de cette baisse de régime.

L’année 2011 ne laissera certainement pas le meilleur des souvenirs aux employés d’Apple. Déjà affectée par la disparition de son fondateur et par les nombreuses critiques émises à l’encontre de l’iPhone 4S, l’entreprise américaine a également fait un faux pas lors de la présentation de ses résultats pour son exercice clos au 30 septembre. Malgré d’excellents résultats, Apple a en effet manqué les prévisions des analystes financiers.

La nouvelle pourrait sans doute paraître insignifiante pour bon nombre d’entreprises, mais pas pour Apple. La firme de Cupertino a en effet régulièrement battu ses propres records au cours de la dernière décennie. Signe que la nouvelle est d’importance, le cours de l’action a immédiatement enregistré une chute de 5 % dans les transactions hors séance mercredi, rapporte Le Figaro.

Ce sont les ventes d’iPhone qui sont responsables de ce faux pas. Lors du dernier trimestre, Apple a vendu pas moins de 17,07 millions de smartphones. C’est un palier très important, que nombre d’entreprises concurrentes aimeraient atteindre, mais qui est nettement moins bon que le score enregistré au deuxième trimestre, c’est-à-dire lors des trois trimestres précédents : 20,34 millions. Une différence de près de 16 %.

Or, comme le rappelle Le Figaro, les ventes d’iPhone prennent une place considérable, 40 %, dans le chiffre d’affaires de l’entreprise. Le moindre souci peut dès lors très vite affecter non seulement les résultats de l’entreprise mais également se répercuter en bourse. Une situation qui n’a pas échappé aux dirigeants d’Apple, qui ont directement désigné les rumeurs comme responsables de cette situation.

Internet remplit le vide de rumeurs

Pour le directeur financier d’Apple, Peter Oppenheimer, une partie de l’échec (tout relatif) d’Apple au niveau de ses résultats est à attribuer aux incessantes rumeurs qui entourent les futurs produits de la firme. « La culture du secret d’Apple génère une certaine quantité de vide, et comme nous le savons tous, Internet a horreur du vide […] qu’il remplit avec des rumeurs« . À l’image des discussions sur l’iPhone 5.

Ce n’est évidemment pas la seule raison des ventes en berne de l’iPhone. D’autres factures rentrent très certainement en ligne de compte, comme la sortie tardive de l’iPhone 4S en octobre (depuis l’iPhone 3G, Apple avait pris l’habitude de commercialiser ses nouveaux téléphones au cours de l’été), la percée des systèmes d’exploitation et des mobiles concurrents ou tout simplement l’effet de la crise économique.

En réalité, les rumeurs autour des produits d’Apple sont une arme à double tranchant. Certes, elles permettent à Apple d’être régulièrement en bonne place dans l’actualité informatique, sans jamais avoir besoin de dépenser des sommes folles pour générer du bruit médiatique. L’aura de la marque et l’enthousiasme de sa clientèle suffisent la plupart du temps à attirer l’attention des médias autour d’Apple.

Il arrive cependant un moment où les rumeurs deviennent trop extravagantes, même pour Apple. Les rumeurs s’auto-alimentant et Apple ayant pour habitude de ne jamais communiquer pour confirmer ou infirmer les informations circulant sur ses futurs produits, la firme de Cupertino se retrouve finalement dans une situation où elle ne pourra de toute façon pas complètement satisfaire.

C’est sans doute ce qu’il s’est produit avec l’iPhone 4S. Nombre d’observateurs s’attendaient à l’arrivée d’un iPhone 5 avec des fonctionnalités novatrices qui auraient permis à Apple de prendre à revers la concurrence. Au final, la firme de Cupertino a dévoilé un téléphone certes bien plus puissant que l’iPhone 4 mais dont les caractéristiques sont bien en dessous des suppositions qui ont circulé ces derniers mois.

Et puis, Apple est sans doute aussi un peu coupable. À force de promettre monts et merveilles à ses clients, à force de parler de produits « incroyables » et « révolutionnaires« , il arrive forcément le moment de la déception. Reste qu’au final, les ventes de l’iPhone 4S sont loin d’être décevantes.

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